Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Don du sang : l’ambassade des États-Unis et le CNTS ouvrent leurs portes
ACTUALITE

Don du sang : l’ambassade des États-Unis et le CNTS ouvrent leurs portes

Email : 1

À quatre jours de la Journée mondiale du donneur de sang, le Centre National de Transfusion Sanguine et l’ambassade des États-Unis ont organisé le 10 juin 2026 une campagne de collecte à l’esplanade de l’ambassade, Quartier Golf, à Yaoundé. Objectif : recruter de nouveaux donneurs et réduire la pénurie chronique de sang dans les hôpitaux camerounais.

Ce n’est pas un hasard si la campagne se tient dix jours après le lancement officiel des festivités du 14 juin. « C’est depuis le 1er juin qu’on a lancé cette année et il y a des collectes qu’on essaie de faire pour combler un peu la pénurie du sang qui existe dans notre pays », explique le Pr Dora Mbanya, Directrice Générale du CNTS. Une pénurie qui tue en silence. Dans les services des urgences, les blocs opératoires et les maternités du Cameroun, des patients décèdent faute de sang disponible dans les banques : une réalité que les donneurs présents ce matin connaissent souvent de façon douloureusement personnelle.
Bandolo Joseph, 24 ans, en sait quelque chose. Ce jeune homme arrivé tôt ce matin, sensibilisé dans la rue il y a une semaine à peine, porte en lui une histoire qui explique sa présence. « J’ai perdu un membre de ma famille qui manquait de sang à l’hôpital central de Yaoundé, ça fait deux ans. Je me suis dit que je vais aider, peu importe, avec financement ou sans financement. Sauver une vie, c’est une bonne chose pour la nation et pour la nature. » Ce 10 juin est sa deuxième collecte, la première remontant à 2024 à l’hôpital central. Il est venu seul, convaincu. Et il repart avec la conscience tranquille.
À quelques mètres de lui, Toka Sani Reine, enseignante, alumni d’un programme de formation de l’ambassade des États-Unis, a fait le déplacement depuis Ebolowa, au sud du Cameroun. Elle a été informée par mail et n’a pas hésité une seconde. « Je sais que beaucoup de personnes meurent dans les hôpitaux à cause du manque de sang. Dès que j’ai vu l’annonce, je n’ai pas hésité à venir. » Aux Camerounais encore réticents, elle adresse un message : « Donner son sang, c’est d’abord bon pour sa propre santé. Il y a un renouvellement régulier. Et ensuite, sauver une vie, c’est quelque chose qui n’a pas de prix. Beaucoup de personnes en meurent, même parce qu’il n’y a pas de sang dans les banques. Vivement que les Camerounais se mobilisent. »

Un circuit balisé, du premier pas à la collation

Sur le site, rien n’est laissé au hasard. Dès l’arrivée, les donneurs sont accueillis, enregistrés et invités à remplir un questionnaire d’éligibilité détaillé. Première étape : la prise des paramètres. Tension artérielle, poids : le minimum requis est de 50 kilogrammes, sans exception. Ceux qui passent ce premier filtre se dirigent vers le laboratoire pour un test du taux d’hémoglobine. Car un donneur anémié ne peut pas, et ne doit pas, donner son sang.
Vient ensuite l’examen médical, conduit dans des boxes individualisés et fermés, pour garantir la confidentialité de chaque échange entre le médecin et le donneur. Le questionnaire est relu, des questions complémentaires posées, l’état général évalué. Ce n’est qu’à l’issue de ce parcours que le donneur déclaré éligible rejoint la zone de phlébotomie, où le prélèvement est effectué directement par voie veineuse. Après la collecte, un espace de repos permet de récupérer avant la collation physiologique, pensée pour compenser ce que le corps vient de donner. La séance se clôt par un portrait-souvenir : le donneur repart avec son image, témoin d’un geste qui compte.
Pour coordonner ce circuit, les équipes du CNTS travaillent côte à côte avec les personnels de l’hôpital central, du CHU, des hématologues et des techniciens de laboratoire. Les associations de donneurs bénévoles sont également sur le terrain, assurant sensibilisation, accueil et logistique avec une énergie communicative.

Une solidarité qui dépasse les frontières

Ce qui frappe le Pr Mbanya en parcourant le site ce matin, c’est la diversité des visages. Des Indiens, des Européens, des Américains, des Africains, tous alignés dans la même file, pour le même geste. « Quand tu es humanitaire, tu ne regardes pas la race, tu ne regardes pas l’origine. Tu veux seulement sauver des vies. C’est ce que je vois ici aujourd’hui. »
À 10h passées, 28 candidats avaient déjà été enregistrés. L’objectif de la journée : atteindre 200 poches collectées. Un chiffre qui n’a rien d’anecdotique quand on sait que chaque poche de sang peut permettre de sauver jusqu’à trois vies.
Cette collaboration avec l’ambassade des États-Unis ne date pas d’aujourd’hui. Depuis deux à trois ans, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) venait collecter auprès des personnels de l’ambassade dans un cadre plus restreint. Cette année, en ouvrant l’esplanade au grand public, l’initiative change de dimension. « Ça ouvre les portes à beaucoup plus de personnes, et ils peuvent aussi inviter d’autres ambassades à nous joindre », se réjouit le Pr Mbanya, qui voit dans cette démarche le point de départ d’une mobilisation diplomatique plus large autour du don du sang au Cameroun.
Le thème de la Journée mondiale 2026 prend ici tout son sens, au milieu des blouses, des poches et des sourires : « Une goutte d’humanité. Donner le sang, sauver des vies. »

Réactions
« Le don de sang est une cause importante, non seulement pour le Cameroun, mais partout dans le monde »

John Robinson , Chargé d’Affaires a.i USA Embassy

« C’est un honneur d’être en partenariat avec le Centre National de Transfusion Sanguine ici au Cameroun. Nous sommes à l’ambassade des États-Unis pour accueillir des dons de sang, c’est une occasion concrète de sauver des vies.
Vous pouvez venir ici à l’ambassade, au Quartier Golf, à côté de Bastos. En une heure à peine, votre don peut sauver jusqu’à trois vies. Comme je l’ai appris depuis mon séjour au Cameroun, l’offre de sang ne couvre pas les besoins du pays. Tous les trois mois, il est possible de donner. Nous vous invitons à venir aujourd’hui.
Le don de sang est une cause importante, non seulement pour le Cameroun, mais partout dans le monde. N’importe qui peut donner. Si c’est là une contribution que l’ambassade des États-Unis peut apporter ici, c’est pour nous quelque chose d’essentiel. »

« Pour chaque poche de sang collectée, trois vies peuvent être sauvées »

Pr Dora Mbanya, Directrice Générale du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS)

« Nous sommes dans le mois où l’on célèbre les donneurs de sang. Le 14 juin, c’est la Journée mondiale du donneur de sang, une journée pour honorer ceux qui donnent, mais aussi pour recruter de nouveaux donneurs. Cette collaboration avec l’ambassade des États-Unis, à quatre jours exactement de cette célébration, est donc très stratégique. Depuis le 1er juin, des collectes sont organisées pour contribuer à résorber la pénurie de sang qui existe dans notre pays.
Ce partenariat avec l’ambassade des États-Unis n’est pas nouveau. Depuis deux à trois ans, nous venions collecter auprès de leurs personnels. Cette année, en ouvrant l’esplanade au grand public, nous élargissons la portée de l’événement : davantage de personnes peuvent participer, et d’autres ambassades peuvent nous rejoindre. Notre objectif est d’atteindre 200 poches collectées aujourd’hui.
Ce que je vois ici, c’est de la solidarité. Quand on est animé par l’humanitaire, on ne regarde pas la race, on ne regarde pas l’origine, on veut simplement sauver des vies. Des Indiens, des Européens, des Américains, des Africains : nous partageons tous la même mission. »

img

MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1421 du jeudi 11 juin 2026

×