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Droits des consommateurs et inclusion : les malvoyants, ces « oubliés » du marché camerounais

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Une conférence-débat organisée par la coalition des consommateurs camerounais(CCC) s’est tenue vendredi 13 mars 2026, au siège du Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun(CJARC) ; objectif : mettre en lumière la vulnérabilité extrême de ces citoyens face aux produits périmés et aux abus commerciaux dans un système qui les ignore.

Le Club des Jeunes aveugles Réhabilités du Cameroun était en effervescence vendredi 13 mars 2026. À l’occasion de la 41e Journée mondiale des droits des consommateurs, la CCC a tenu une conférence-débat, réunissant experts et personnes handicapées visuelles. Au cours de cette conférence, les échanges ont mis en lumière la vulnérabilité extrême des malvoyants face aux produits périmés et aux abus commerciaux.

Sur le terrain, le constat est alarmant. Pour une personne malvoyante, faire ses courses s’apparente à un parcours d’obstacles. L’absence d’étiquetage en braille ou de guides sonores rend la détection des dates de péremption impossible. «Nous reconnaissons les produits par le toucher, car nos mains sont nos yeux. Mais comment savoir si un aliment est périmé sans guide ni braille», rappelle un participant, soulignant l’insécurité sanitaire majeure à laquelle ils sont exposés. Entre la circulation de produits douteux et l’usage de produits chimiques sur les vivres frais comme l’avocat ou la banane- plantain, le consommateur handicapé est la première victime de ce marché opaque.

Un arsenal juridique

Pour répondre à cette détresse, la conférence a martelé une solution centrale : la sortie de l’isolement. La résolution du problème passe par l’appropriation de la loi-cadre du 6 mai2011, véritable « Bible » de protection au Cameroun. L’objectif est donc de transformer ces « rois sans pouvoir » en acteurs avertis, capables d’exiger des comptes aux prestataires de services et aux commerçants véreux.

 Vers un marché équitable

Les résultats escomptés de ces travaux sont clairs et pressants : Un étiquetage inclusif à travers la mise en place d’une signalétique adaptée pour que la sécurité sanitaire ne dépende plus de l’acuité visuelle. La réparation systématique afin de pouvoir obtenir le remboursement des préjudices subis (crédits téléphoniques volatilisés, factures d’énergie opaques). Et, la protection du pouvoir d’achat pour une vigilance accrue sur la justesse des prix dans un contexte d’inflation galopante.

Un ras-le-bol généralisé

Au-delà du handicap visuel, le débat a révélé d’autres dérives affectant l’ensemble des ménages : la facturation abusive des emballages dans les supermarchés (allant jusqu’à 100 FCFA), les soustractions de crédits mobiles et les coupures d’électricité injustifiées. Face à ces abus, le sentiment d’impuissance domine chez le citoyen lambda.

Pour reprendre le contrôle, la CCC propose trois leviers d’action immédiats à savoir premièrement, le réflexe administratif qui consiste à conserver systématiquement son ticket de caisse ou sa facture, unique preuve juridique en cas de litige. Deuxièmement la force du collectif, il faut adhérer à une association de défense des consommateurs pour peser face aux multinationales. Troisièmement l’’alerte institutionnelle, il faut saisir les brigades du Ministère du Commerce présentes dans chaque arrondissement pour dénoncer les fraudes constatées.

« Protéger les plus fragiles, c’est garantir la sécurité de tous », a conclu Prince Mpondo. La souveraineté du consommateur ne sera effective que si celui-ci est informé, documenté et, surtout, regroupé.

En somme, à travers cette conférence-débat, le CCC poursuit le périple de ses activités en prélude à la 41e édition de la journée mondiale du consommateur. En rappel, une table ronde sur la sensibilisation au tabagisme passif s’est tenue en février et cette série d’activités se poursuivra jusqu’au jour de la célébration de la journée. Le consommateur qu’il soit malvoyant ou voyant est théoriquement “roi”. La protection des droits n’est donc pas seulement une affaire d’État, mais une responsabilité citoyenne qui passe par la lecture des textes de loi et la fin de l’inaction individuelle face aux abus commerciaux.

Réactions

« Les consommateurs veulent que tout ce qui est mis sur le marché puisse leur permettre d’être en santé »

Jacqueline KOA, Président du Conseil national des Consommateurs (CONACO).

Le consommateur Camerounais estime qu’il bénéficie d’une protection, mais qui n’est pas entière. Donc l’idéal pour lui, c’est que tout ce qui est mis sur le marché puisse leur permettre d’être en santé, que ce soit des produits de qualité qui soient mis sur le marché. Ça, c’est sa principale revendication. Et que ces produits-là également soient des produits qui soient accessibles à son pouvoir d’achat, à son porte-monnaie.

« Un consommateur ne peut acheter que lorsqu’il est sûr que le produit est de qualité »

Prince Mpondo, Président du CCC.

 Produits sûr, consommateur confiant ont doit retenir qu’il y a une étroite relation entre la sécurité des produits et la confiance des consommateurs parce que un consommateur ne peut acheter que lorsqu’il est sûr que le produit est de qualité, lorsque le produit lui donne satisfaction, qu’il ne va pas endommager sa santé, ou menacer sa vie donc il y a un lien étroit. Un produit lorsqu’il a déjà une certaine odeur anormale que celle qu’on connait d’habitude c’est un signe d’alerte, il y a la couleur du produit qui change, il peut également y avoir des réactions quand vous consommez, tout cela doit vous interpeller, les conserves une boîte gonflé est signe de mauvaise qualité. un produit doit avoir son étiquette qui vous donne certaines informations importantes. C’est une réglementation.

«  Le Premier ministre a pris un arrêté qui a mis en place un comité de réflexion sur comment utiliser le braille dans les services publics »

COCO Bertin, directeur du CJARC.

Il faut savoir qu’il y a un projet actuellement dans le service du premier ministre qui vise l’utilisation du braille dans les services publics j’ai été personnellement impliqué depuis 2024. le Premier ministre a pris un arrêté qui a mis en place un comité de réflexion sur comment utiliser le braille dans les services publics. Et ce comité a réfléchi jusqu’au niveau de l’étiquetage des produits. Il y a effectivement une réflexion en cours pour que les produits que nous achetons soient étiquetés. Cela peut prendre du temps, mais il y a quand même une réflexion en cours. Je veux aussi saisir l’occasion pour dire que si certaines entreprises souhaitent étiqueter leurs produits, ont besoin d’accompagnement, le CJARC dispose, des équipements qui peuvent aider à étiqueter certains produits. Donc, il ne faut pas hésiter de solliciter notre collaboration pour que, pour exemple, la fin de mesure, les produits peuvent être accessibles aux personnes handicapées.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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