Faux médicaments : Le sirop « Naturcold » interdit

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Dans un communiqué rendu public le 09 mars 2023, le Délégué régional de la santé publique de la région du Sud-Ouest, Dr Filbert Eko Eko, met les populations en garde sur la dangerosité de ce produit qui aurait causé la mort de 03 enfants.

Ces décès ont été enregistrés dans le district sanitaire de Tombel. D’après le communiqué du Délégué régional, le sirop   « Naturcold » contient deux agents actifs qui présentent des risques pour la santé et qui seraient à l’origine de ces trois morts. «De plus, selon la Direction de la pharmacie, du médicament et des laboratoires (DPML), le sirop na pas dautorisation de mise sur le marché au Cameroun, ce qui implique que la commercialisation du produit concerné est considérée comme illégale», fait savoir  Dr Eko Eko.  Le gouvernement mène depuis plusieurs années un combat acharné contre les faux médicaments et les médicaments de la rue.  A cet effet, un Comité national multisectoriel de lutte contre les faux médicaments et le trafic illicite des produits pharmaceutiques a déjà été créé. En plus, le ministère de la Santé publique à l’occasion de la journée africaine de lutte contre le faux médicament, a présenté en 2021, une stratégie en sept points visant à lutter contre le faux médicament.

Il s’agissait entre autres de : l’élaboration d’un plan national multisectoriel de lutte contre le faux médicament et le trafic illicite des produit pharmaceutiques ; l’amélioration de façon continue la disponibilité et l’accessibilité du médicament de qualité pour répondre aux besoins des usagers ; le renforcement du Système national d’approvisionnement en médicaments (Syname) à travers l’extension du réseau de distribution des  médicaments et la promotion du médicament essentiel générique aux coûts plus accessibles et la poursuite de la sensibilisation et de l’information des populations sur les méfaits de la consommation des médicaments d’origine et de qualité non contrôlées et sur l’illusion “moins cher“ entretenue autour du médicament de la rue. Par ailleurs, il fallait également une réglementation et un cadrage de la distribution des produits pharmaceutiques par la définition claire du médicament et des exigences qu’il impose ; le développement d’un système d’assurance qualité pour garantir les médicaments du circuit licite de distribution à travers l’obligation de l’homologation des médicaments avant leur mise sur le marché et les opérations de saisie et de destruction des médicaments de la rue suivies de poursuites judiciaires contre les acteurs de ce trafic ou la fermeture des établissements clandestins.

Pour bilan, en 2021,  les actions entreprises sur le terrain par le Minsanté ont permis de faire 206 saisies et destructions, avec une valeur estimée environ 4 milliards de FCFA contre une valeur de stock de médicaments détruits en 2020 qui était évaluée à 688 millions. Selon le Minsanté, 150 poursuites judiciaires ont été faites la même année avec une dizaine de personnes ayant eu des condamnations de 30 jours à 2 ans de prison avec sursis ainsi que  les amendes allant de 96 000 FCFA à 20 029 340 FCFA contre 500 à date.

 

Perspectives

En novembre 2022, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie avait annoncé que son département ministériel planchait sur la création d’une Agence nationale du médicament.  Une solution pour  régulariser le marché des médicaments et renforcer la lutte contre le médicament de la rue.  À la rencontre de novembre 2022, avec les professionnels des médias,  le ministre de la santé publique, avait indiqué que l’Etat du Cameroun, à travers son ministère  va  organiser, à court terme, des vastes campagne de sensibilisation ; de concertation avec les acteurs impliqués dans la lutte contre les faux médicament pour une meilleure contribution ; la signature d’une convention de collaboration avec l’Association des communes de ville unies du Cameroun pour  la fermeture systématique des boutiques de vente de médicaments ;  l’inscription dans le cahier de charge des agents responsables de lutte contre l’occupation anarchique de la voie publique  et même de poursuite de tous ces vendeurs de faux médicaments et autres produits pharmaceutiques conformément à la réglementation en vigueur et puis la relance du processus de signature et de la ratification de la convention médicale qui met en relief les  aspects de crime pharmaceutique et les risques pour la santé s’agissant de la contrefaçon des médicaments. À moyen terme,  la mise en place de l’Agence nationale du médicament au Cameroun est envisagée.  Le gouvernement a également entrepris de réformer tout le secteur pharmaceutique et de procéder aux investissements nécessaires en vue de garantir la qualité des produits entrant sur son territoire.

Divine KANANYET

 

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