Depuis le 2 mars dernier, le Centre de Vaccinations Internationales de Yaoundé (CVIY) accueille les enfants de 9 à 14 ans. L’objectif spécifique est de protéger au moins 500 jeunes filles dans la ville de Yaoundé et ses environs contre le cancer du col de l’ultérus.
À quelques jours de la célébration de la 41ᵉ Journée internationale de la femme, le quartier Messa, au lieu-dit « Hygiène mobile » à Yaoundé, vibre au rythme d’une activité particulière depuis ce lundi 2 mars 2026. En effet, le Centre de Vaccinations Internationales (CVIY) de Yaoundé a ouvert ses portes pour une mission de santé publique capitale : une campagne de vaccination gratuite contre le cancer du col de l’utérus, de la période allant du 2 au 6 mars 2026. Cette initiative, qui s’inscrit dans la vision d’humanisation des soins prônée par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, cible en priorité les jeunes filles dont la tranche d’âge varie entre 9 et 14 ans.
Le constat dressé par les responsables du Centre est sans appel : avec environ 3100 nouveaux cas diagnostiqués chaque année au Cameroun, le cancer du col de l’utérus demeure un problème de santé publique majeur. Pourtant, ce mal n’est pas une fatalité. Causé dans la quasi-totalité des cas par une infection persistante au papillomavirus humain (HPV), notamment les souches 16 et 18, il peut être évité grâce à un geste simple : la vaccination.
Le choix de la tranche d’âge (9-14 ans) n’est pas fortuit. L’efficacité du vaccin est maximale lorsqu’il est administré avant le tout premier rapport sexuel, garantissant une immunité robuste avant toute exposition potentielle au virus. Bien que la campagne mette l’accent sur les jeunes filles en cette période dédiée à la femme, le centre précise que les garçons de la même tranche d’âge sont également les bienvenus.
Objectif : 500 ambassadeurs de la santé
La campagne s’est fixée des indicateurs de performance précis pour ces cinq jours d’activité. Il s’agit de vacciner au moins 500 jeunes filles, mais aussi et surtout de sensibiliser 500 parents. Ces derniers sont perçus comme le maillon essentiel de la chaîne de prévention.
« Plusieurs parents sont hésitants ou manquent d’information. Il est question pour nous de déconstruire les conceptions erronées, explique le chef du CVIY. En transformant chaque parent présent en « ambassadeur » auprès de sa communauté, le centre espère briser le cycle de la désinformation qui freine encore l’adhésion vaccinale.
Une expertise au service de la prévention
Si c’est une première pour le cancer du col de l’utérus sous cette forme gratuite et intensive, le centre de vaccinations internationales de Yaoundé n’en est pas à son coup d’essai. Fort du succès de sa précédente campagne contre la méningite pour les enfants drépanocytaires, l’établissement confirme sa mission régalienne : prévenir par la vaccination.
L’agenda du Centre reste d’ailleurs chargé pour les mois à venir. Après cette semaine cruciale, les équipes se mobiliseront en avril pour la Semaine africaine de la vaccination, avec un focus sur les hépatites virales B, avant une nouvelle offensive en juillet. Pour l’heure, l’appel est lancé à tous les parents de Yaoundé et de ses environs par le top management du Centre afin d’inviter les parents à faire vacciner leurs enfants.
En rappel, selon les spécialistes, le cancer du col de l’utérus est une tumeur maligne presque toujours (100 % des cas) causée par une infection persistante au papillomavirus humain (HPV), principalement les souches 16 et 18. Il touche le plus souvent des femmes entre 25 et 65 ans et peut être prévenu par la vaccination (dès 11-14 ans) et le dépistage régulier par frottis.
Interview
« Nous invitons les parents à faire vacciner leurs enfants »

Qu’est-ce qui vous a motivé à organiser cette campagne en cette période de célébration de la femme ?
Merci déjà pour l’intérêt que vous portez à cette activité de santé publique dont l’importance n’est plus à démontrer. Ce que nous devons savoir, c’est que nous avons environ 3100 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus par an. Le farfeau est énorme. Pourtant, une solution sûre et efficace existe pour pallier ce problème de santé publique, notamment la vaccination. Malheureusement, plusieurs parents sont hésitants, plusieurs parents n’ont même pas l’information. C’est pour ça qu’en cette semaine dédiée à la célébration de la femme, nous avons tenu à mettre l’emphase sur ce vaccin qui est une solution.
Quelle tranche d’âge est concernée par cette campagne de vaccination gratuite ?
La vaccination concerne les jeunes filles de 9 à 14 ans. C’est vrai que nous pouvons également vacciner les jeunes garçons. S’ils arrivent durant cette campagne, ils seront vaccinés. Mais vous comprenez qu’avec le contexte dans lequel la campagne survient, ce sont les femmes qui sont mises en exergue entre 9 et 14 ans. Une dose suffit pour les immuniser.
Pourquoi cette tranche d’âge ?
Cette tranche d’âge, tout simplement parce qu’il est important de recevoir ce vaccin avant le premier rapport sexuel. Entre 9 et 14 ans, on a quand même plus de chances que cela ne soit pas encore arrivé.
Quels sont les objectifs de cette campagne ?
Cette campagne a pour objectif spécifique de protéger au moins 500 jeunes filles dans la ville de Yaoundé et ses environs. C’est ce que nous avons fixé comme objectif pour ces cinq jours. Au-delà, nous avons également pour objectif de sensibiliser au moins 500 parents. Parce que vous comprenez avec moi que la tranche d’âge de ces enfants sera accompagnée des parents pour recevoir le vaccin. Il faudrait que ces parents soient sensibilisés et qu’ils s’engagent à être des ambassadeurs de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus auprès des autres parents qui sont encore hésitants. Vous savez, il y a beaucoup de désinformation autour de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus. Il est donc question pour nous de déconstruire ces conceptions erronées et d’encourager les parents à faire le pas décisif.
Est-ce que c’est la première fois que vous menez ce type de campagne ? Peut-on dire que l’adhésion populaire est effective ?
Depuis la matinée (lundi 2 mars 2026, Ndlr), nous avons déjà environ une dizaine de parents qui sont passés. Les chiffres sont encourageants. Concernant la prévention du cancer du col de l’utérus, il s’agit de la première campagne de vaccination gratuite. Mais, nous avons l’habitude d’organiser des campagnes. Nous sommes dans l’approche de l’humanisation des soins de la santé prônée par le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie. Dans cet élan, nous organisons régulièrement des campagnes. La dernière en date est celle que nous avons organisée contre la méningite en faveur des enfants drépanocytaires. Elle a connu un plein succès. Nous avons reçu beaucoup d’enfants drépanocytaires.
Nous avons reçu des lettres de remerciement de la part du président de l’association des parents des drépanocytaires. C’est pour dire que les campagnes sont courantes dans notre structure, mais cette fois-là, elle est spécifique par rapport au contexte.
Pourquoi le choix porté sur le cancer du col de l’utérus au détriment des autres maladies qui touchent les femmes ?
En fait, les missions de notre centre sont spécifiques. Nous sommes le centre de vaccination internationale de Yaoundé, une formation sanitaire de cinquième catégorie dont l’objectif principal est de prévenir les maladies par le truchement de la vaccination. Ça, c’est la mission principale assignée à notre structure. Donc, fidèle à nos missions régaliennes et compte tenu du contexte où nous célébrons la femme, c’est pour ça que nous avons choisi spécifiquement le cancer du col de l’utérus.
Au mois d’avril, probablement vous reviendrez parce que nous allons organiser une campagne de sensibilisation, de dépistage et de vaccination contre les hépatites virales B dans le cadre de la semaine africaine de la vaccination. Et cette activité va se répéter au mois de juillet où nous célébrons les hépatites virales B.
Monsieur le chef du Centre, peut-être un mot pour inviter le public, étant donné que la campagne est en plein lancement ?
Nous voulons tout simplement rassurer les parents de la ville de Yaoundé et ses environs que les vaccins sont disponibles. Ils sont sûrs et efficaces. Nous invitons les parents à venir faire vacciner leurs enfants. La menace est réelle et présente. Le cancer du col de l’utérus est un tueur silencieux. Il faut agir. Ensemble, nous devons protéger nos enfants. Ensemble, nous devons les vacciner.












































































































































































































































































