Les attaques armées à Darak et Bargaram provoquent un exode interne et accentuent la vulnérabilité sanitaire. Abris, vivres et accès aux soins figurent parmi les priorités. L’OIM alerte sur une crise humanitaire en cours.
Les violences armées continuent de provoquer des déplacements massifs de populations dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Dans le département du Logone-et-Chari, 1 962 personnes issues de 366 ménages ont été contraintes de fuir leurs villages à la suite de nouvelles attaques de groupes armés non étatiques (GANE) survenues entre le 20 et le 30 janvier 2026.
Ces chiffres sont issus du Tableau de bord n°132 du Suivi des urgences (Emergency Tracking Tool – ETT) publié le 03 février 2026 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), à l’issue d’une collecte de données réalisée du 01 au 02 février 2026 .
Des attaques violentes à l’origine de la fuite
Selon les informations recueillies par la Matrice de suivi des déplacements (DTM), deux incidents sécuritaires majeurs ont précipité ces mouvements de populations.
Dans la nuit du 20 janvier 2026, la localité de Darak, située en zone frontalière avec le Nigeria, a été la cible d’une incursion armée. Le camp militaire y a été incendié, trois militaires blessés, et le centre médical d’arrondissement pillé, privant la population d’un accès essentiel aux soins.
Quelques jours plus tard, dans la nuit du 30 janvier 2026, la localité de Bargaram, dans l’arrondissement de Hilé-Alifa, a à son tour été attaquée. Deux civils ont été enlevés, tandis que des vivres et effets vestimentaires ont été emportés par les assaillants.
Face à cette montée de l’insécurité, les habitants de Doro Liman, Doungounnera, Darak (arrondissement de Darak) et Bargaram (arrondissement de Hilé-Alifa) ont fui progressivement leurs villages pour se mettre à l’abri.
Blangoua et Hilé-Alifa, zones de refuge sous pression
Les déplacés ont trouvé refuge principalement dans les localités de Blangoua-Bâche, le site spontané de Daboulda (arrondissement de Blangoua) et Hilé-Alifa centre, perçues comme relativement plus calmes.
D’après l’OIM, les personnes déplacées vivent soit chez des familles d’accueil, soit dans des sites spontanés, souvent dans des conditions précaires. Les données indiquent une population composée de 55 % de femmes et 45 % d’hommes, soulignant une forte vulnérabilité, notamment pour les femmes et les enfants .
Des besoins humanitaires urgents
L’évaluation rapide menée par les équipes de la DTM met en évidence des besoins humanitaires prioritaires, notamment : les abris, pour des familles ayant fui sans biens essentiels ; l’accès à la nourriture, dans un contexte de forte insécurité alimentaire ; les moyens de subsistance, pour des populations ayant tout laissé derrière elles.
Bien que les localités d’accueil soient accessibles par voie routière, l’OIM précise que le respect strict des mesures sécuritaires reste indispensable, compte tenu de la volatilité de la situation sécuritaire dans cette zone frontalière.
Une crise de déplacement qui s’inscrit dans la durée
Le département du Logone-et-Chari est l’un des épicentres des violences liées aux groupes armés dans le bassin du lac Tchad. Depuis plusieurs années, attaques, enlèvements et pillages rythment le quotidien des populations civiles, provoquant des déplacements internes répétés.
L’OIM rappelle que les chiffres communiqués restent des estimations et qu’une évaluation rapide plus approfondie est nécessaire pour déterminer avec précision l’ampleur des besoins et planifier une réponse humanitaire adaptée.
Encadré : Déplacements dans le logone-et-chari (janvier–février 2026)
Zones concernées :
Arrondissements de Darak, Blangoua et H Hilé-Alifa
Personnes déplacées :
- 1 962 individus
- 366 ménages
Villages de provenance :
- Doro Liman
- Doungounnera
- Darak
- Bargaram
Localités d’accueil :
- Blangoua-Bâche
- Site de Daboulda
- Hilé-Alifa centre
Causes du déplacement :
- Incendie du camp militaire de Darak
- Blessures de militaires
- Pillage d’un centre de santé
- Enlèvement de civils à Bargaram
Besoins prioritaires :
- Abris
- Vivres
- Moyens de subsistance













































































































































































































































































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