La ville de Garoua abrite un atelier de formation consacré aux algorithmes de décision thérapeutique pour les enfants présentant une présomption de tuberculose. C’est à l’initiative du projet INTEGRES-TB porté par Dr Manaouda Malachie ministre de la santé publique que cet atelier s’est ouvert ce mercredi et prendra fin vendredi prochain.
Cet atelier cible spécifiquement quatre districts de santé parmi les quinze que compte la région du Nord. Il s’agit des districts de santé de Garoua 1, Figuil, Guider, Lagdo et Gashiga. Des acteurs de santé issus de ces districts se réunissent durant 3 jours pour bénéficier d’un renforcement de capacités, en vue d’une meilleure prise en charge des enfants âgés de 0 à 10 ans, particulièrement exposés à cette maladie infectieuse. Les participants sont essentiellement des cliniciens exerçant dans les centres de santé primaires ainsi que dans les centres de diagnostic et de traitement de la tuberculose.
Les travaux ont été ouverts par le Dr El Hadji Zakari Yaou, délégué régional de la Santé publique pour le Nord. Dans son intervention, le responsable régional de la santé a salué la pertinence et l’importance de cette formation pour la santé publique. Il a souligné la plus-value qu’apporte le projet INTEGRES-TB dans la lutte contre la tuberculose, notamment chez les enfants, une catégorie souvent sous-diagnostiquée. Il a également exhorté les participants à s’approprier les connaissances transmises afin de les appliquer efficacement sur le terrain. Le projet INTEGRES-TB, porté par le Ministère de la Santé publique, est conduit par le Dr Esdras, chef dudit projet.
Le programme de la formation, jugé riche et varié, a permis dès le premier jour de poser les bases conceptuelles de l’atelier tout en abordant plusieurs thématiques importantes. Les participants ont notamment suivi une présentation sur la situation épidémiologique de la tuberculose au Cameroun, mettant en lumière les défis persistants dans la détection et la prise en charge des cas pédiatriques. À cela s’est ajoutée la présentation du projet INTEGRES-TB, suivie d’un exposé détaillé sur les algorithmes de décision thérapeutique, en mettant un accent particulier sur l’étape de triage, l’évaluation et la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ou sévère (MAM/MAS). L’intégration de la prise en charge intégrée de l’enfant présomptif de tuberculose a également été au cœur des échanges.
Au final, les modules de formation visent à soutenir les personnels soignants dans l’utilisation adéquate et systématique des algorithmes de décision thérapeutique pour améliorer le diagnostic de la tuberculose chez les enfants de 0 à 10 ans. Cette formation se justifie par le contexte sanitaire préoccupant marqué par la recrudescence de la tuberculose au Cameroun. Dans la région du Nord, le seuil de contrôle de la maladie chez l’enfant présente une notification faible 3,9 %, compare à la norme 12% attendu, un indicateur jugé inquiétant par les autorités sanitaires et qui appelle à des actions urgentes.
Marcus DARE
Réactions
« 3,94% de toutes les tuberculoses dans la région du Nord sont notifiées comme tuberculose de l’enfant »

Dr, sur quoi repose la formation INTEGRES-TB qui réunit les acteurs de la santé de la région du Nord ?
La formation d’aujourd’hui porte sur le renforcement des personnels de santé sur le diagnostic de la tuberculose chez l’enfant. Donc, il faudra qu’à la sortie de cette formation, qui va durer trois jours, du 14 au 16 janvier que les participants soient capables de pouvoir dépister la tuberculose chez l’enfant. Ils doivent être capables de rechercher les signes cliniques de la tuberculose en examinant l’enfant et pouvoir savoir également prélever un échantillon (selle ou crachat) pour un examen microbiologique afin de rechercher une confirmation du diagnostic. Mais il y a une innovation, qui consiste à utiliser des algorithmes de décision de traitement qui sont basés sur les scores afin de faciliter le diagnostic et la mise sous traitement à l’étape clinique plus ou moins avec la radiologie ceci en raison des résultats de la microbiologie qui sont très souvent négatifs chez l’enfant.
Que dire du prétexte qui justifie cette formation ?
Le prétexte, c’est la sous-notification de la tuberculose au niveau national. 7% au lieu de 12% comme demandé par l’OMS. Pourquoi le choix de cette région ? c’est l’une des régions où la notification est très faible. 3,94% de toutes les tuberculoses dans la région du Nord sont notifiées comme tuberculose de l’enfant alors qu’on attend absolument 12%.
Quelle est la cible de ce projet dans la région ?
Le projet a été déployé pour un départ après la phase pilote qui a consisté à faire sur deux districts une intégration du dépistage de la tuberculose au cours de la chimioprophylaxie saisonnière du paludisme (CPS), nous sommes partis maintenant pour former quatre autres districts qui vont être renforcés dans leur capacité pour pouvoir faire cette activité en plus du dépistage, diagnostic et traitement dans leurs formations sanitaires. Il s’agit des districts de Gashiga, de Guider, de Lagdo et de Garoua 1.
Quels sont les objectifs poursuivis par l’organisation ?
Les objectifs qui sont recherchés, en premier, nous devons pouvoir capaciter le personnel des différentes formations sanitaires à pouvoir conduire un dépistage de la tuberculose chez l’enfant. Et puis, également, on devra leur apprendre à examiner ces enfants et pouvoir lire une radiographie du thorax et avec tous les éléments qu’ils auront eu, aller du dépistage, de l’examen clinique, voire de la radio, pouvoir utiliser les algorithmes de décision de traitement.
A quoi s’attendre en termes de contenu de la formation ?
Alors, nous, on leur enseigne absolument les signes cliniques, comment procéder pour pouvoir les poser des questions et rechercher les signes et symptômes cliniques et rendre compréhensibles. Nous leur apprenons comment examiner et puis, exactement, leur montrer comment utiliser ces algorithmes de décision de traitement qui seront déployés. Il y a l’algorithme A et l’algorithme B. Je pense qu’ils devront absolument se familiariser. Et pour les districts qui auront à disposition des radiographies du thorax, ils doivent savoir lire des radios pour pouvoir compléter leur algorithme de décision diagnostique. Et surtout, nous devrons leur apprendre aussi à prélever les selles et crachats pour pouvoir examiner au labo ou aussi commenti référer les enfants des formations sanitaires primaires vers les formations sanitaires de référence.
Propos recueillis par Marcus DARE












































































































































































































































































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