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Lutte contre le VIH : le projet EpiC débarque dans le Nord

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Cette stratégie proactive permet d’identifier précocement les personnes vivant avec le VIH, souvent ignorées des statistiques officielles, et de les orienter rapidement vers une prise en charge adaptée.

Le projet EpiC vient combler ce gap en apportant des stratégies spécifiques pour le diagnostic précoce chez les tout-petits, la prévention de la transmission mère-enfant et l’accès aux antirétroviraux. Une réponse ciblée pour sauver la génération future.

La cérémonie de lancement, présidée par le Dr Elhadj Zakari Yaou, Délégué Régional de la Santé publique pour le Nord, a réuni les chefs de districts de santé, les responsables d’organisations à base communautaire et les membres du groupement technique régional de lutte contre la tuberculose.

La lutte contre le VIH/Sida dans la région du Nord a pris une nouvelle dimension ce mardi 3 mars 2026 avec le lancement officiel du projet EpiC (Epidemic Control). Porté par l’ONG internationale FHI 360, déjà active dans plusieurs régions du Cameroun, ce programme entend insuffler une nouvelle dynamique à la riposte régionale. La cérémonie s’est tenue en présence du Délégué Régional de la Santé publique pour le Nord, le Dr Elhadj Zakari Yaou, entouré des chefs de districts de santé, des responsables d’organisations à base communautaire et des membres du groupement technique régional de lutte contre la tuberculose. Tous ont répondu présents à ce rendez-vous stratégique pour la santé publique. Le projet EpiC vise prioritairement le dépistage du VIH au sein des communautés, en ciblant les personnes à risque qui ne fréquentent pas habituellement les formations sanitaires. Cette approche communautaire se veut proactive. Il ne s’agit plus seulement d’attendre les patients dans les hôpitaux, mais d’aller vers eux, dans leurs milieux de vie. Pour FHI 360, l’objectif est clair : identifier précocement les personnes vivant avec le VIH, les orienter vers une prise en charge adaptée et ainsi réduire les nouvelles infections. Les responsables de l’ONG ont longuement expliqué les axes d’intervention du projet, insistant sur la collaboration étroite avec les districts de santé et les acteurs communautaires.

Les chefs de districts, en première ligne dans la mise en œuvre des politiques sanitaires, ont suivi avec attention la présentation des activités prévues. Dépistage ciblé, sensibilisation, renforcement des capacités des relais communautaires et amélioration du référencement vers les structures de soins figurent parmi les priorités.

Après le mot de lancement du patron régional de la santé, les participants ont pris connaissance de la situation épidémiologique du VIH dans la région. Présentée par le Dr Malama Toussaint, coordonnateur du GTR Sida, la riposte globale affiche des indicateurs relativement encourageants. Le taux de prévalence du VIH dans la région du Nord se situe autour de 1,5 %. Un chiffre jugé globalement satisfaisant comparé à d’autres régions du pays. Toutefois, derrière cette moyenne se cachent des disparités et des défis majeurs. Le point noir demeure la riposte au VIH pédiatrique. La courbe n’évolue pas au rythme souhaité chez les enfants de moins de 15 ans. Le diagnostic précoce, la prévention de la transmission mère-enfant et l’accès aux traitements antirétroviraux constituent encore des enjeux. Le projet EpiC devrait ainsi contribuer à combler certaines insuffisances, en soutenant les actions déjà engagées par les services de santé.

Durant l’atelier, les rôles et responsabilités des districts de santé ont été clairement déclinés. Ces entités représentent les acteurs opérationnels de la lutte contre les maladies de santé publique. De la planification des activités à la supervision des équipes sur le terrain, leur implication est déterminante. Les organisations à base communautaire, partenaires essentiels dans l’identification des cas et la sensibilisation, ont également été appelées à jouer pleinement leur partition. L’approche multisectorielle prônée par le projet repose sur une synergie entre autorités sanitaires, ONG et communautés. À l’issue de la cérémonie, un message d’espoir et de responsabilité collective se dégage. Les dés étant désormais jetés pour la région, reste à traduire cette impulsion en résultats concrets sur le terrain, afin que la trajectoire heureuse amorcée se confirme dans les mois à venir.

Réactions

« Cela va booster notre intervention sur le terrain »

Dr Elhadj Zakari Yaou, Délégué Régional de la Santé publique pour le Nord.

Je voudrais dire ici que le projet EpiC vient à point nommé dans la région du Nord, parce que ce projet va nous apporter des solutions à certains goulots d’étranglement que nous rencontrons dans le cadre de la prise en charge et de la lutte contre le VIH/Sida, notamment surtout dans le cadre du dépistage et du diagnostic des populations que nous n’arrivons pas à couvrir avec satisfaction. Ce projet viendra nous accompagner avec des stratégies bien huilées, et surtout dans la prise en charge du diagnostic pédiatrique des enfants, et cela va booster notre intervention sur le terrain. Nous saluons ces initiatives, l’arrivée du projet EpiC, et nous disons aux partenaires techniques et financiers, à notre tutelle : merci beaucoup d’avoir pensé à la région du Nord, qui en avait tant besoin pour pouvoir faire face aux difficultés rencontrées.

Je pense que le projet EpiC est venu, et les solutions seront bientôt déployées au niveau de nos différents districts de santé. La raison de notre rencontre, c’est de présenter le projet aux différents acteurs du terrain, aux chefs de districts, à l’autorité administrative, aux autorités religieuses, aux organisations de la société civile, afin que tout le monde comprenne la nécessité et qu’ensemble nous allons nous unir pour mettre en œuvre ce projet EpiC, qui peut sans doute nous apporter des solutions idoines et efficaces en ce qui concerne la lutte contre le VIH/Sida dans la région du Nord.

« Il faut dire que les derniers résultats de recherche, ceux de CAMPHIA 2024 publiés récemment, montrent un grand gap dans l’identification des cas »

Dr Xavier Tchetnya, Associate Director à l’ONG FHI 360.

EpiC est un projet qui signifie “contrôle de l’épidémie” dans le cadre du VIH. Donc FHI 360 est aujourd’hui au Cameroun et est un partenaire du MINSANTE qui accompagne le ministère dans la riposte au VIH/Sida, mais sur le volet communautaire. Il faut dire que les derniers résultats de recherche, je veux dire ceux de CAMPHIA 2024 publiés récemment, montrent un grand gap dans l’identification des cas. Donc le projet EpiC est là pour accompagner le gouvernement. Et actuellement, EpiC s’est implémenté dans toutes les dix régions du Cameroun. Aujourd’hui, grâce à la disponibilité du Délégué Régional de la Santé, le projet a été officiellement lancé à travers une réunion de consultation des parties prenantes. EpiC va utiliser des stratégies qui sont fondées sur des preuves, qui ont été essayées dans différents pays. On va essayer de contextualiser ces stratégies avec la formation qu’on a déjà eu à faire pour les testeurs. Ces testeurs vont descendre sur le terrain avec l’accompagnement des chefs de districts. Ensemble, ils vont identifier les zones à haut risque, ils vont identifier les personnes éligibles à toucher. Ces testeurs vont essayer de tester ces personnes en respectant toutes les normes d’un bon testeur. Ceux qui vont réagir positivement à leur premier test seront accompagnés activement dans les différentes formations sanitaires. On attend une collaboration avec les différentes FOSA, une collaboration avec les partenaires cliniques, une collaboration avec les chefs de districts, une collaboration même avec les autorités traditionnelles dans ces différentes localités.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, je mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du domaine médical afin d'éclairer le public sur l'éducation à la santé.

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