En seulement neuf ans d’existence, le Magrabi ICO Cameroon Eye Institute (MICEI) d’Obak dirigé par Dr Henry Nkumbe est passé du statut de projet visionnaire à celui de leader incontesté de l’ophtalmologie en Afrique centrale ;
Couronné du prix de la “Meilleure Polyclinique nationale” lors de la deuxième édition du Prix africain du leadership en santé (PALSA 2025), l’institut affiche un bilan hors norme : un demi-million de consultations réalisées en neuf ans et une capacité d’accueil atteignant désormais près de 5 000 patients par mois ;
Retour sur une success story sanitaire qui allie excellence technologique, accessibilité sociale et rayonnement continental.

Neuf années seulement après sa mise en service, le Magrabi ICO Cameroon Eye Institute (MICEI) s’est imposé comme le pivot central de la santé oculaire en Afrique noire, une ascension fulgurante qui témoigne d’une vision managériale audacieuse. Le bilan comptable est sans appel : 500 000 consultations ont été réalisées depuis l’ouverture, traduisant une confiance massive des populations envers cette institution. Sous l’impulsion de son top management, l’hôpital a su industrialiser ses processus sans sacrifier la qualité clinique, accueillant aujourd’hui environ 250 patients par jour, soit une cadence mensuelle oscillant entre 4 500 et 4 900 dossiers. Cette performance n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une planification stratégique rigoureuse qui a permis de transformer un projet ambitieux en une référence continentale incontournable, capable de drainer des flux de patients sur l’ensemble de la sous-région grâce à un plateau technique de classe mondiale.

Une infrastructure monumentale au service de la sous-région
L’assise physique de l’institut reflète ses ambitions de grandeur. Déployé sur une superficie totale de 10 hectares, le site voit actuellement 5 hectares pleinement exploités à travers quatre bâtiments modernes qui abritent un écosystème médical complet. Le management a structuré l’offre de soins pour couvrir l’intégralité du spectre ophtalmologique : de la pharmacie à l’atelier optique, en passant par des services de pointe comme la rétine, le glaucome, l’ophtalmologie pédiatrique, la basse vision et même la pose de prothèses oculaires. Pour soutenir cette hyper-spécialisation, quatre salles d’imagerie de dernière génération et un laboratoire d’analyses biomédicales ont été intégrés au parcours de soins. Cette architecture fonctionnelle permet une prise en charge globale où chaque pathologie trouve un couloir d’expertise dédié, notamment pour le service glaucome dont les consultations sont optimisées sur quatre jours clés de la semaine, garantissant ainsi une gestion de flux fluide et efficace.

La stratégie de la « Flexibilité inclusive »
Le génie de la gouvernance de cet institut réside dans sa capacité à concilier excellence technologique et accessibilité sociale. Le top management a instauré une ingénierie tarifaire segmentée qui permet de répondre aux besoins de toutes les couches sociales sans distinction. Ainsi, le service standard est maintenu à 5 000 FCFA pour garantir un accès universel, tandis que des options plus spécifiques comme les consultations pour assurés à 15 000 FCFA, le service Express à 20 000 FCFA ou le service VIP à 50 000 FCFA permettent de générer les ressources nécessaires au maintien de la qualité infrastructurelle. Cette approche “multi-services”, qui inclut une orientation optimisée dès l’accueil avec quatre bureaux de consultation générale et une salle d’examen de réfraction, assure une expérience patient personnalisée. Le service “Express patient vide” est l’illustration parfaite de cette volonté de moderniser l’administration hospitalière en éliminant les temps d’attente superflus pour ceux dont le temps est une contrainte majeure.

Un capital humain au cœur de la performance
Au-delà des équipements de pointe, c’est une armée de 120 personnels dévoués qui anime quotidiennement ce géant de la santé. Le top management a su fédérer ces compétences autour d’une culture du résultat et de l’empathie, éléments essentiels pour gérer la charge de travail colossale imposée par les milliers de patients mensuels. Chaque département, des archives au service d’investigation, fonctionne en synergie pour maintenir les standards de qualité qui ont fait la renommée du MICEI en moins d’une décennie. Avec encore 5 hectares de réserve foncière prête à accueillir de nouvelles extensions, l’équipe dirigeante ne cache pas ses ambitions d’expansion.

En misant sur une modernisation constante et une gestion administrative rigoureuse, Magrabi ICO Cameroon Eye Institute ne se contente pas de soigner des yeux ; il redéfinit les standards de l’administration hospitalière en Afrique, prouvant que la rigueur de gestion est le meilleur remède contre le déficit de soins sur le continent.
Junior NTEPPE KASSI
Interview
« Ayons l’habitude de nous faire consulter les yeux régulièrement »

Monsieur le Directeur Général, après neuf ans d’existence, quelle est la situation actuelle du Magrabi ICO Cameroon Eye Institute ?
Je pense qu’en neuf ans, l’hôpital a beaucoup évolué. Si je peux vous donner quelques chiffres sur ce que nous avons pu accomplir en neuf ans. Je tiens à souligner que cette cérémonie de remise du prix arrive deux jours après la célébration du neuvième anniversaire de Magrabi ICO Cameroon Eye Institute. Et en neuf ans, c’est 500 000 consultations des yeux que nous avons pu offrir, principalement aux Camerounais, mais aussi aux citoyens des pays voisins. Nous avons pu faire près de 100 000 consultations dans les communautés les plus défavorisées au Cameroun, notamment dans les régions du Centre et du Sud à travers les stratégies avancées.
Mais c’est aussi plus de 35 000 opérations des yeux, interventions chirurgicales, dont la majorité sont des interventions assez délicates, assez compliquées, que nous avons eu à faire. Et une grande partie de nos patients ne sont même pas camerounais Nous avons des patients qui viennent des pays voisins, tels que : le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, la République centrafricaine.
Hier, par exemple, j’étais au bloc opératoire avec trois patients venant d’un pays voisin. Donc ça montre à quel point l’hôpital est sollicité par la zone CEMAC. Et de ce fait, l’hôpital contribue à faire du Cameroun une destination de tourisme médical avec tout ce que cela comporte, du point de vue économique.
Parce que nous sommes un centre sous-spécialité en ophtalmologie, dans le domaine de la rétine, du glaucome, de l’ophtalmologie pédiatrique, le nombre d’évacuations sanitaires vers l’étranger pour les problèmes oculaires a baissé d’une manière importante. Et ça, c’est aussi très important du point de vue économique. Je tiens à remercier vraiment notre gouvernement pour l’appui multiforme que nous avons reçu pour pouvoir mener à bien nos activités, en commençant par la tutelle du ministère de la Santé publique.
C’est le ministre, Son Excellence Dr Manaouda Malachie, qui nous avait encouragés à étendre nos activités dans d’autres zones, dans d’autres régions du Cameroun. Et c’est ce que nous sommes en train de faire, dans un premier temps à travers la stratégie avancée, mais d’une autre part à travers d’autres projets qui sont en cours et que nous allons informer le public au moment opportun. Nous remercions également le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Finances, le ministère des Affaires sociales, pour tout l’appui que nous obtenons de ces entités.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
La principale difficulté que nous rencontrons, c’est l’accès. La route qui mène à cet hôpital est en chantier, ce qui est une très bonne chose, mais nous souhaitons qu’on puisse un peu accélérer ce chantier pour que les patients puissent, surtout les patients du troisième âge, les patients à mobilité réduite, que les tracasseries auxquelles ils font face à Mokolo, que ça puisse diminuer et qu’ils puissent se retrouver facilement ici.
Nous avons également un problème de télécommunication avec les réseaux de téléphonie mobile. Là également, je pense qu’il y a des mesures qui sont en cours pour améliorer cela. Je tiens à remercier les deux opérateurs qui sont présents ici, à Obak, pour les efforts qui ont été menés et nous souhaitons que dans les prochains jours ça va s’améliorer. Nous avons un problème d’électricité, de la stabilité du courant électrique.
C’est vrai, l’hôpital a un système de panneaux solaires. Mais par moments, surtout en saison de pluie, quand il y a trop de nuages, c’est un peu difficile. Donc nous avons toujours besoin d’énergie électrique de bonne qualité, fiable, pour que les charges fonctionnent, qu’on n’ait pas besoin d’utiliser le groupe électrogène à tout moment avec tout ce qu’on porte en ce qui concerne l’environnement.
Je pense que ce sont les principaux problèmes auxquels nous faisons face pour le moment. Je suis persuadé que si la route est bitumée et accessible, si les réseaux de téléphonie mobile et d’Internet sont améliorés, si le courant électrique est plus stable, je pense que ça va nous aider énormément.
Monsieur le Directeur général Nous sommes en 2026, vous avez certainement des défis pour cette année et pour les années à venir ?
Oui, oui, je pense que je veux vous donner quelques chiffres qui sont pour moi alarmants, je ne sais pas si c’est la même chose avec vous. Est-ce que vous savez qu’actuellement la population de Yaoundé, c’est 5 millions d’habitants ? Ça, c’est la population de Yaoundé. Yaoundé est la ville la plus peuplée du Cameroun, plus peuplée que Douala, vous pouvez vérifier.
Ça, c’est la réalité. Si on se fie aux données épidémiologiques, 1 million de Yaoundéens doivent se faire consulter par an, parce que 20 % de la population a des problèmes oculaires. Et donc, il est important que ces gens-là puissent être vus par un spécialiste des yeux.
Pas forcément à Obak, mais par un spécialiste dans la ville de Yaoundé. Ça peut être un ophtalmologiste, ça peut être un technicien supérieur en ophtalmologie, mais nous sommes à maximum 100 000 consultations de personnes qui peuvent se consulter par an.
Ça, c’est environ 10 %. Donc, malgré tous les efforts que Magrabi fait, et ce que nos collègues qui sont en ville font, nous ne touchons que 10 % de la population. Pour moi, ça c’est le plus grand défi. Qu’est-ce qu’on peut faire, non seulement en tant que Magrabi, mais en tant que professionnels de santé oculaire, afin que nous puissions atteindre même un tiers de cette population ? Par an, à Yaoundé, nous sommes à 5 000 maximum d’opérations de la cataracte. Il y a 30 ans, l’OMS avait recommandé pour une ville comme Yaoundé qu’on puisse pratiquer minimum 10 000 opérations de la cataracte. Mais ça, c’est quand les critères étaient encore approximatifs.
Quand la technologie pour opérer la cataracte n’était pas aussi développée que c’est le cas aujourd’hui. Mais aujourd’hui nous avons la même technologie que ce qu’on trouve aux États-Unis, en France, etc. Ou alors, aux États-Unis, une ville comme Yaoundé, par an, vous savez combien d’opérations ils font ? 50 000 opérations de la cataracte.
Nous sommes à maximum 5 000. Ça, c’est le prochain défi. Comment faire en sorte qu’on augmente le nombre de personnes qui ont besoin de la chirurgie de la cataracte et qui en profitent ? Ça, c’est le deuxième défi.
Parce que la cataracte est la première cause de cécité évitable dans le monde. Les gens qui ont la cataracte, ou bien qui sont malvoyants, ont beaucoup de. Impactées. Le risque de démence est plus élevé. La mort précoce est plus… Ils meurent plus vite que d’autres personnes qui sont… Donc il y a beaucoup de problèmes. La performance économique baisse. Je vais vous montrer quelques images à l’hôpital.
C’est ce qu’une opération de la cataracte a pu faire. Comment ça a pu changer la vie de certaines personnes au Cameroun. Moins de 1 % des gens qui ont le diabète reçoivent le traitement pour la rétinopathie diabétique. Moins de 1 %. Ça, c’est un autre défi. Parce que les personnes qui deviennent aveugles à cause de la rétinopathie diabétique sont âgées de 20 à 60 ans.
Et cette tranche d’âge, c’est la tranche d’âge qui est économiquement productive. Alors si ces gens-là doivent sortir du marché de l’emploi parce qu’ils sont aveugles, c’est une grande perte pour l’économie. Donc voilà le défi pour moi.
Ce n’est pas seulement pour l’hôpital. Premièrement, comment améliorer l’accès aux soins oculaires à tout le monde en collaboration avec tous nos partenaires, avec tous les autres spécialistes de santé oculaire ?
Comment augmenter le taux de chirurgie de la cataracte ? Comment éviter la cécité par le diabète ? Comment éviter la cécité par le glaucome ? Seuls, on ne peut pas faire ça. Nous devons travailler ensemble. Avec le ministère de la Santé publique, avec les professionnels de santé oculaire qui sont avec les communautés.
C’est un travail d’équipe. Donc je ne regarde pas seulement ce que Maghrabi peut faire. Mon défi va au-delà du Magrabi. Il y a eu la restitution solennelle du plan stratégique de santé oculaire en novembre 2026. Et je pense que c’est un document que nous devons suivre de près. Pour que, dans cinq ans, le problème de cécité au Cameroun puisse connaitre des avancées notoires. Même si on ne l’élimine pas, parce que c’est impossible, mais qu’on puisse faire des avancées très importantes dans ce domaine.
Monsieur le Directeur Général, pour sortir, avez-vous un message à adresser aux populations ?
Je pense que la santé oculaire, la vue… Il y a quelqu’un qui disait que la vue, c’est la vie. Et comme je disais tout à l’heure, prenons le cas de Yaoundé. Un million de personnes doivent se faire consulter par un spécialiste de santé oculaire.
Ça peut être un ophtalmologiste, ça peut être un TSO, ça peut être, ça peut être… Mais il faut savoir l’état de ses yeux. Il ne faut pas qu’on attende que la vue baisse. Ou bien qu’on ait des douleurs au niveau des yeux avant d’aller voir un spécialiste de santé oculaire.
Parce que, prenons le cas du diabète. Par moments, vous arrivez quand c’est trop tard. Vous attendez que la vue baisse et quand vous arrivez, le médecin vous dit que… Madame, je suis désolé, mais c’est trop tard.
Donc premièrement, il faut qu’on ait l’habitude de se faire consulter régulièrement. Surtout quand on a déjà la quarantaine. À partir de l’âge de 40 ans, il ne faut pas passer deux ans sans avoir fait un contrôle ophtalmologique, y compris un examen de la rétine pour dépister les problèmes de la rétine et le glaucome.
Pour les enfants, parce que ça c’est le futur, évitons de les laisser avec les appareils digitaux, comme le téléphone portable, les tablettes. Les enfants également, il faut qu’on ait l’habitude, pendant les grandes vacances, de nous assurer que l’état des yeux est normal et qu’ils fassent un contrôle avant la rentrée scolaire. Parce qu’il y a un nombre important d’enfants dont la performance scolaire est très faible, pas parce que l’enfant ne peut pas faire mieux, mais parce que l’enfant ne voit pas.
L’enfant ne voit pas le tableau noir. L’enfant ne peut même pas écrire. Or, avec une simple paire de lunettes, ces enfants-là peuvent bien voir. Donc, autre chose chez les enfants, il faut qu’on regarde très bien les yeux. Un œil qui louche chez un enfant n’est pas normal. Nous, les ophtalmologistes, c’est une urgence médicale.
Jusqu’à ce qu’on doive savoir pourquoi cet œil-là louche. Un œil qui a une tâche blanche, c’est une urgence médicale. On doit savoir pourquoi il y a cette tâche blanche-là.
Est-ce que c’est une cataracte ou bien autre chose ? Parce qu’un œil qui louche, un œil qui a une tâche blanche, ça peut être quelque chose de simple, mais ça peut aussi cacher un cancer de l’œil. Et le cancer de l’œil peut tuer l’enfant. Un enfant qui se plaint tout le temps de céphalées, ou bien qui doit fermer les yeux pour bien voir, qui doit se rapprocher de l’écran de télé pour voir les images, il faut qu’on voie, qu’on sache exactement ce qui se passe chez cet enfant-là.
Donc mon message aux Camerounais, à tous nos téléspectateurs et aux auditeurs, c’est de ne pas attendre que l’œil se manifeste, par un problème quelconque. Flou visuel, douleur, démangeaisons, rougeurs, non. Ayons l’habitude de nous faire consulter régulièrement.
À partir de l’âge de 40 ans par exemple, tous les deux ans, il faut qu’on se fasse consulter. Si on a le diabète, c’est une fois par an, allez voir votre spécialiste de santé oculaire et dites-lui que, monsieur, madame, je souffre du diabète et je souhaite que vous regardiez également le fond de la rétine pour voir s’il y a un décollement de la rétine. S’il y a le glaucome dans la famille, papa, maman, grand-mère, le frère a eu le glaucome, a été diagnostiqué du glaucome, il faut qu’on se fasse dépister du glaucome parce que parfois il y a une forme héréditaire du glaucome.













































































































































































































































































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