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Médecine traditionnelle : Le « soukoudaï », solution miracle contre les maladies

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Cette potion concoctée par des ressortissants du septentrion et qui est réputée pour guérir les pathologies comme le rhume, la toux, et  la grippe, est très prisée par les populations.

La médecine traditionnelle au Cameroun prend de plus en plus de l’ampleur. Difficile de traverser un carrefour de la ville de Yaoundé, sans apercevoir un vendeur de produits traditionnels. La situation climatologique actuelle dans la ville, expose les populations à des maladies telles que la grippe, le rhume et la toux pour ne citer que celles-là. Nous sommes au carrefour Efoulan dans l’arrondissement de Yaoundé 3 et tout droit vers nous arrive un homme avec environ 1,63 mètre de taille.  Il transporte avec lui un panier contenant une dizaine de bouteilles transparentes pour certaines et avec une coloration maronne pour d’autres. Sur l’autre main, il tient une bouteille sur laquelle il tapote avec une bague enfilée sur son doigt pour alerter les clients. Les produits dénommés « Soukoudaï et sawara », qu’il traîne avec lui, sont des solutions miracles pour plusieurs maux. « Le Soukoudaï », un liquide, qui scintille dans la bouteille blanche, comme le diamant est la « potion magique » pour la grippe, la toux et le rhume. ‹‹ Le soukoudaï est un produit très fort qui est utilisé pour lutter contre la toux, la grippe et le mal de gorge ››, dit-il.

L’effet, selon le vendeur est immédiat, ce qui permet au malade de rapidement se remettre sur pied. ‹‹ Lorsque vous prenez le soukoudaï, 24h après, vous commencez à voir le changement. C’est un  produit moins coûteux et très efficace, fait savoir le jeune vendeur. À en croire les consommateurs, ce liquide semblable à de l’eau mais avec un arrière-goût alcoolisé fait des merveilles. Il est d’ailleurs très sollicité par les populations de la ville de Yaoundé.  ‹‹ Je consomme le soukoudaï depuis plusieurs années et je retrouve toujours la guérison. J’étais gravement grippée, au point où ma voix est même partie. J’ai croisé les vendeurs à la sauvette du soukoudaï. À peine j’ai pris que j’ai senti un détachement dans ma gorge. J’ai mis une partie  dans une petite bouteille comme il me l’a indiqué et trois jours après j’étais guérie ››, fait savoir Ariane Balla.

Une solution pour les pauvres

Contrairement aux produits qu’on retrouve dans les pharmacies pour lutter contre les petits « bobos » du quotidien comme celles sus-citées, ces produits sont beaucoup moins coûteux.   Pour cela, la démarche est simple : lorsqu’il est frappé par une maladie infectieuse, le patient moins nanti ou ignorant va d’abord voir chez un médecin traditionnel ou tradipraticien. C’est lorsqu’il n’obtient pas la guérison qu’il se dirige vers la médecine moderne. ‹‹ Lorsque le client m’approche, il doit juste débourser 50 FCFA pour avoir un verre de soukoudaï. Je propose ces produits à mes clients dans des bouteilles d’un litre et demi à 2000 FCFA. Ils prennent aussi selon leur moyens, 100, 200, 500 et plus », explique Hamadou. Une posologie nette n’est pas donnée mais le vendeur indique d’en prendre le matin et le soir dans le verre à thé. Pour la conservation, il conseille d’en garder dans des bouteilles cassables, à l’exemple des anciennes bouteilles de whisky ou toute autre bouteille en verre.  Au Cameroun, l’effet nocif de ces boissons n’a pas encore été prouvé. Mais à Lome au Togo, une enquête transversale à visée descriptive a été menée du 17 août 2019 au 31 août 2019 dans cinq (05) quartiers,  auprès des conducteurs de taxi, et a permis de faire le point sur les effets de santé attribués à l’ingestion de cette boisson à base de dichlorométhane.

Conséquences sanitaires

L’objectif de cette étude a été de déterminer l’ampleur de la consommation du  soukoudaï, les effets toxiques et récréatifs rapportés par les consommateurs.  Le recueil des données a été réalisé à l’aide d’un auto-questionnaire standardisé. Le dosage a été effectué par chromatographie liquide haute performance. Selon l’étude au total, 600 conducteurs de taxi ont participé à l’étude. La majorité des enquêtés (93 %) déclaraient avoir au moins une fois consommé le « soukoudaï ». Environ 81 % ont affirmé ne pas connaître sa composition et près de 73 % disaient être informés sur ses effets néfastes. Les sensations de brûlure thoraciques et digestives, et les céphalées ont été les principaux effets toxiques rapportés par les enquêtés (p > 0,05). La concentration moyenne de dichlorométhane dans les échantillons collectés a été de 10,87 à 17,58 g/L. Les résultats montrent  qu’il  est impossible de déterminer l’ampleur des conséquences sanitaires liées à cette consommation, car la population interrogée souffrait d’un « effet travailleur sain » évident, qui ne permet pas d’identifier des cas graves, ni de déterminer le caractère addictif de cette consommation.

Divine KANANYET

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