Cette situation anormale observée dans l’arrondissement de Yaoundé III, expose les populations aux maladies pulmonaires et infectieuses.
Déchets hospitaliers en plein cœur de la ville de Yaoundé au quartier Obobogo, l’image donne froid au dos. Ce lundi matin, 16 janvier 2023, à 100 mètres du lieu-dit entrée chefferie Obobogo, on peut apercevoir les déchets hospitaliers à même le sol. « J’étais surpris ce matin de voir les déchets hospitaliers à mon entrée. C’est trop grave, les gens ne peuvent pas mettre la vie de nos enfants en danger », s’offusque Marius Nti, habitant du quartier Obobogo. Pourtant, l’article 42 de la loi-cadre de 1996 stipule que « les déchets doivent être traités de manière écologiquement rationnelle, afin d’éliminer ou de réduire leurs effets nocifs sur la santé de l’homme, les ressources naturelles, la faune et la flore et sur la qualité de l’environnement en général ». Et l’article 43 ajoute que « toute personne qui produit ou détient des déchets doit en assurer elle-même l’élimination ou le recyclage, ou les faire éliminer ou recycler auprès des installations agrées par l’Administration chargée des établissements classés après avis obligatoire de l’Administration chargée de l’environnement ».
Dans le souci de rendre cette loi coercitive, l’article 82 (1, 2) prévoit des sanctions civiles et pénales : « est punie d’une amende de un million à cinq millions et d’une peine d’emprisonnement de six mois à un an ou de l’une de ses deux peines seulement, toute personne qui pollue, dégrade les sols et sous-sol, altère la qualité de l’air ou des eaux », et le montant des peines est doublé en cas de récidive. Quand on examine de près, on observe deux types de déchets : les déchets ménagers et hospitaliers. Celui qui les a jetés là, a d’abord mis les déchets hospitaliers dans son sac à poubelle, avant de mettre ensuite, les déchets ménagers pour camoufler son crime. Il n’a même pas pensé à la santé des enfants. « Mon fils de quatre ans chope tout ce qui traine au sol, j’ai déjà peur », s’inquiète Vanessa Sama. D’après l’Organisation mondiale de la santé, l’élimination inadéquate des déchets hospitaliers a causé 21 millions d’infections à virus de l’hépatite B, 2 millions pour l’hépatite C et au moins 260 000 infections à VIH dans le monde en 2000.
Maladies parasitaires
La même étude démontre que 18 à 64% des formations sanitaires au Sud du Sahara n’éliminent pas correctement leurs déchets, qui constituent pourtant « un réservoir de micro-organismes potentiellement dangereux et susceptibles d’infecter les malades hospitalisés, le personnel de santé et le grand public », explique Samuel-Béni Ella Ella, Maître de Conférences, Département de Sociologie, Falsh, UY1 . Selon le sociologue de la santé, une personne en contact avec les déchets hospitaliers s’exposent au VIH/SIDA et aux hépatites virales. Les maladies contractées à partir de l’inhalation des gaz toxiques sont entre autres, les maladies respiratoires (toux, bronchite, infections pulmonaires, crises d’asthme) ; les maladies parasitaires (fièvre typhoïde, vers intestinaux, choléra) sont issues des micro-organismes, qui se développent à partir des décharges non contrôlées ou des déchets emportés par les pluies et polluant ainsi l’eau des environs utilisée par la population. Les populations peuvent aussi être contaminées à partir des fouilleurs de décharges et des animaux errants, qui transporteront les germes à leurs domiciles respectifs, et la chaîne de contamination se poursuivra. Notons aussi les irritations diverses dues au développement des gaz toxiques (irritations cutanées et des voies respiratoires entraînant à la longue des cancers).
Elvis Serge NSAA












































































































































































































































































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