Médicament de la rue: la population s’y attache davantage

Malgré les opérations de répression que le ministre de la Santé publique a lancée en 2019, les points de vente des médicaments de la rue sont toujours aussi prospères.

Il est 19h lorsqu’une dame à la joue enflée, au foulard noué se pointe devant le vendeur de médicamentS du Carrefour Nsam à Yaoundé « bonsoir Doc. J’ai du mal à manger et à parler à cause de mon mal de dents », explique-t-elle entre des petits gémissements. Le vendeur de médicaments lui a demandé ce qu’elle a pris depuis le matin comme remède, elle lui a fait comprendre qu’elle a pris les antidouleurs qui n’ont fait aucun effet. C’est alors que ‘’Doc ‘’ lui a prescrit des médicaments en lui donnant la posologie. Quelques minutes après, une dame est arrivée avec une blessure à la jambe disant avoir fait un accident de Moto, c’est alors que ‘’doc’’ lui a fait les premiers soins et des injections.

La vente des médicaments dans la ue persiste à Yaoundé. Du carrefour Nsam au Rond-point Damas, passant par Emombo 1er, Terminus Mimboman et d’autres quartiers de la capitale, les comptoirs des médicaments sont bien installés et de plus en plus fréquentés. Installé à l’aile droite du carrefour Nsam, Bansoa a disposé ses produits dans un Kiosque de la place. Pourtant dans son cursus scolaire, il n’a pas de diplôme en pharmacologie. Bien qu’il ne sache pas déchiffrer certaines ordonnances, il semble être réputé dans le coin. « Ils sont de véritables médecins. Ils font des consultations sans base et prescrivent des médicaments sans l’accord médical » explique de façon ironique, une infirmière qui a voulu garder l’anonymat.

Selon l’ordre national des pharmaciens du Cameroun (Onpc), de nombreux personnels relevant du domaine de la santé, aussi bien des pharmaciens, des délégués médicaux, des médecins prescripteurs, des laboratoires et des sociétés chargées de la distribution des médicaments ont une responsabilité dans ce commerce illicite. Une situation qui amène plusieurs pharmacies à faire faillite dans le secteur névralgique qui englouti chaque année, au moins 100 milliards de Fcfa d’importation en médicaments. Cette attitude montre bien que les vendeurs ne semblent pas prendre au sérieux l’avertissement donné par le ministre de la Santé, Manaouda Malachie. La vie continue comme si de rien n’était.

 Albert BOMBA

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