Lors de la Journée nationale du bilinguisme, le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales a mis en garde contre les limites de l’intelligence artificielle dans la traduction de termes spécialisés.
À l’occasion de la 21e édition de la Journée nationale du bilinguisme, célébrée ce vendredi 6 février 2026 à Mvog-Betsi, le personnel du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) a placé ses réflexions sous le signe de l’urgence linguistique dans le domaine technique. Le thème, « L’intelligence artificielle au service du bilinguisme », a servi de catalyseur à un débat crucial : garantir l’exactitude des termes spécialisés, un impératif pour la santé animale, la sécurité sanitaire des aliments et la compétitivité des filières.
La cérémonie, ouverte par Mme TCHIENTCHEU épse MANGA, Chef de la Cellule de traduction, a rapidement dépassé le cadre symbolique pour aborder des questions pratiques. Au-delà des hymnes et des sketches illustrant la loi sur la promotion des langues officielles, le cœur des échanges a battu pour la terminologie propre au sous-secteur de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (EPIA). Comment traduire avec fidélité des concepts tels que les « maladies réputées légalement contagieuses », les « normes zootechniques » ou les « protocoles de prophylaxie » ? La démonstration faite par la Cellule de traduction a montré que l’intelligence artificielle, si elle est un outil de traduction puissant, ne peut se substituer à l’expertise humaine face à ces nuances qui ont un impact direct sur les décisions sanitaires et économiques. Prenant la parole au nom du ministre, le Conseiller technique n°2, SOMBE Simon, a insisté sur ce point dans une allocution délivrée alternativement en français et en anglais. Il a relevé que « le bilinguisme fonctionnel est mis à rude épreuve dans nos administrations » et que « l’apport de l’intelligence artificielle sera vain s’il n’y a pas de volontarisme de la part des personnels ». Son message était clair : dans un secteur où un faux-ami ou une imprécision terminologique peut engendrer des interprétations erronées des réglementations sanitaires internationales, la rigueur est non-negotiable. « Traduire, c’est trahir… la machine ne peut pas traduire fidèlement la pensée », a-t-il déclaré, enjoignant les traducteurs de toutes les directions à collaborer étroitement avec la Cellule spécialisée pour assurer la justesse des documents techniques.
Cette préoccupation pour la précision a été concrétisée par la distribution d’un questionnaire d’évaluation du bilinguisme, conçu pour tester la maîtrise des termes techniques du secteur. Cet exercice a souligné que le bilinguisme au MINEPIA n’est pas une formalité, mais une condition sine qua non pour la production de normes claires, la rédaction de rapports d’inspection sans équivoque et la communication efficace avec les partenaires internationaux en matière de santé animale. La célébration s’est achevée par une photo de famille et un moment convivial, laissant place à un engagement renouvelé : faire du langage un outil fiable au service de la protection du cheptel, de la pérennité des pêcheries et de la qualité des industries animales camerounaises.













































































































































































































































































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