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Santé mentale : le CJARC mobilise l’État au chevet des parents

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Le 4ᵉséminaire des familles d’enfants à besoins spécifiques s’est ouvert ce jeudi 7 mai 2026 au siège du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC). Pendant trois jours, parents, experts et pouvoirs publics se penchent sur un enjeu trop souvent occulté : l’équilibre psychologique de ceux qui accompagnent le handicap au quotidien.

Parents d’enfants et organisateurs en harmonie lors du lancement du séminaire au CJARC.

À Yaoundé au Cameroun, le quartier Ekié vibre depuis  le jeudi 7 mai 2026 au rythme de la solidarité. Sous le thème « Santé mentale et bien-être psychologique des parents d’enfants à besoins spécifiques : une responsabilité collective », le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC), fidèle à sa mission d’accompagnement, a réuni une assemblée nombreuse et émue. L’objectif est clair : rappeler que pour bien prendre soin de l’enfant, il faut d’abord prendre soin du parent.

Un fardeau invisible mais pesant

Si l’inclusion scolaire et sociale des enfants handicapés progresse, la détresse des géniteurs reste un angle mort des politiques publiques. Olive Nancy Eyango, représentante du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), a souligné avec acuité les réalités complexes de ces familles : « Les parents sont confrontés à des angoisses permanentes, à la stigmatisation sociale, à l’isolement, ainsi qu’à des charges émotionnelles et financières importantes. » Ces facteurs, loin d’être anodins, menacent directement l’équilibre familial. Pour le gouvernement, représenté également par le ministère de l’Éducation de base, la santé mentale des parents est désormais une « exigence majeure » qui conditionne la réussite de la politique nationale d’éducation inclusive 2024-2028.

La résilience au cœur des échanges

Durant la cérémonie d’ouverture, les témoignages ont mis en lumière le courage de ces « parents combattants ». Françoise Atangana, déléguée de l’Éducation de base, a exhorté les participants à ne plus rester seuls : « Ce rôle demande beaucoup de patience et d’énergie. Il s’agira de renforcer vos capacités et de vous rappeler que vous n’êtes pas seuls ». Le programme du séminaire, détaillé par la directrice de l’école inclusive Louis Braille, s’articule autour de sessions pratiques : gestion du stress, lutte contre l’épuisement (burn-out parental) et recherche de ressources spirituelles et sociales. L’idée n’est plus seulement de subir le handicap, mais de cultiver la résilience.

Le cri du cœur des familles

Dans l’assistance, les paroles d’Elisabeth Modjoto, mère d’un enfant autiste de 10 ans, ont ému l’auditoire. Elle a raconté son parcours de combattante, du désespoir à l’autonomie de son fils grâce au CJARC, tout en dénonçant le regard de la société : « Nos entourages ne voient pas nos enfants comme tout le monde. On a besoin de se sentir aimés et soutenus ». Pour elle, ce séminaire est une bouffée d’oxygène, un lieu pour apprendre afin de « continuer le programme à la maison » sans s’effondrer.

Vers une responsabilité collective

Le cofondateur du CJARC, Martin Luther Amahata Adibita, et ses équipes l’ont réaffirmé : l’accompagnement ne s’arrête pas aux murs de l’école. En offrant des consultations gratuites en psychologie, psychomotricité et ORL durant ces trois jours, le CJARC pose des actes concrets. Ce 4ᵉ séminaire, qui s’achèvera le 9 mai, se veut le point de départ d’une prise de conscience nationale. Car, si l’enfant est au centre des préoccupations, le parent en est le pilier. Et comme l’a conclu la directrice de l’école Louis Braille : « Sa santé mentale est l’affaire de tous les acteurs de la société ».

Interview

« Pendant ce séminaire, beaucoup de choses vont se faire découvrir »

Dans un entretien accordé à notre rédaction, le cofondateur du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC), Martin Luther Amahata Adibita, parle des enjeux autour de ce 4 séminaire.

Martin Luther Amahata Adibita

Monsieur le co-fondateur Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de ce 4ᵉséminaire du CJARC ?

Vous savez que le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) est une organisation non gouvernementale qui lutte pour la promotion et la protection des personnes handicapées en général et des personnes aveugles en particulier. Pour cela, nous ne cessons jamais de mettre sur notre programme la sensibilisation, la formation et l’éducation des enfants à besoins spéciaux.

C’est pour cela que nous avons bien voulu que cette année nous puissions une fois de plus inviter les familles qui ont des enfants à besoins spéciaux pour qu’ensemble nous puissions partager ce que la nature a bien voulu que ces enfants puissent endurer et qu’ils ne se sentent pas seuls, qu’ils se sentent aussi accompagnés et, pendant ce séminaire, beaucoup de choses vont se faire découvrir. Nous allons apprendre de ces familles et ces familles aussi vont apprendre avec les techniciens que nous avons. Donc nous partons gagnant-gagnant. Personne ne rentrera sans toutefois avoir quelque chose de nouveau dans ses connaissances, dans l’encadrement de ces personnes handicapées que nous avons dans nos familles.

Et pourquoi avoir choisi la santé mentale pour cette édition ?

Oui, la santé mentale, vous savez que les familles et puis la société ne comprennent pas déjà le problème. C’est pour cela que les techniciens, les psychologues et puis les techniciens d’encadrement des personnes à besoins spéciaux, des spécialistes vont nous enseigner que ce n’est pas une fatalité, c’est une situation qui est arrivée au cours de la vie. Et pour cela, on doit comprendre que c’est déjà quelque chose avec lequel il faut vivre et on peut trouver son compte.

Je prends l’exemple, mon ami Coco Bertin est déficient visuel comme moi. Nos parents n’avaient aucune connaissance de l’encadrement des personnes à besoins spéciaux, des enfants handicapés que nous étions. Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles et ça a permis qu’actuellement nous soyons les piliers de nos familles. Nos familles comptent sur nous. C’est pour cela que chaque famille qui est là maintenant avec son enfant, elle doit compter sur son enfant que, un jour, c’est cet enfant qui va faire décoller la famille et il ne doit pas être mis de côté. C’est pour cela que nous encourageons vraiment les familles à être ensemble.

Alors, quel message pour ces parents qui gardent encore les enfants à la maison, souvent dans l’ignorance et aussi par crainte du coût financier élevé de la prise en charge des enfants à besoins spécifiques ?

Voilà, pour les familles qui ne sont pas encore au courant ou bien qui ont honte de leur handicapé, alors je voudrais les appeler une fois de plus et dire que vraiment, ils ne doivent pas se soucier de la charge que Dieu donne à chacun. Quand Dieu te donne une charge, il te donne aussi les moyens pour pouvoir supporter cette charge et pour cela, il ne faut jamais se décourager parce qu’il y a un obstacle dans la vie. Il faut sortir et chercher les autres, être ensemble.

C’est ensemble que nous nous encourageons et pour cela, que les familles fassent sortir les enfants et ils ne doivent pas les laisser de côté, ils ne doivent pas les laisser dans la maison. Ils doivent sortir et vivre comme tout le monde car le Cameroun, l’Afrique et le monde entier ont besoin de tout le monde. Chacun apporte sa contribution pour le développement de ce monde. C’est pour cela qu’il ne faut jamais rester derrière.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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