À l’horizon 2030, GAVI, l’Alliance du Vaccin, mettra fin à son soutien au Cameroun. Avec seulement 19% des 7,8 milliards FCFA d’engagements mobilisés, la question du financement domestique de la vaccination inquiète de plus en plus.
L’alerte est venue du Parlement. Le 29 juin 2026, le Réseau des Parlementaires pour la Promotion du Système de Santé et le Soutien à la Vaccination, conduit par l’Honorable Lawson Tabot, a tenu une session à l’Assemblée Nationale réunissant des responsables du Ministère de la Santé Publique, des acteurs de la société civile et des organisations non gouvernementales. Ordre du jour : l’avenir du financement de la vaccination au Cameroun.
Un engagement financier en souffrance
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Cameroun doit honorer des engagements financiers estimés à 7,8 milliards de FCFA d’ici octobre 2026. À ce jour, seuls 19% de cette somme ont été mobilisés. Un gap qui soulève des interrogations sur la capacité du pays à tenir ce délai, dans un contexte budgétaire déjà contraint.
GAVI se retire, le Cameroun doit prendre le relais
Au cœur des échanges : le désengagement progressif de GAVI, l’Alliance du Vaccin, partenaire historique du programme élargi de vaccination au Cameroun. L’institution apporte un soutien financier et technique qui a permis, depuis des années, l’accès aux vaccins essentiels, le renforcement du système de santé et l’élargissement de la couverture vaccinale, notamment chez les enfants. Mais ce soutien est appelé à s’éteindre à l’horizon 2030, dans le cadre d’un processus de transition progressif. Le Cameroun devra alors assumer seul l’intégralité du financement de ses programmes de vaccination : achat des vaccins, logistique, infrastructures.
Des pistes sur la table
Face à des ressources internes limitées et des priorités nationales concurrentes, les participants ont identifié plusieurs leviers. Parmi les pistes évoquées : le recours à des mécanismes de financement innovants, dont des taxes spécifiques dédiées à la santé, une augmentation des allocations budgétaires au secteur, la priorisation de la santé de l’enfant ainsi que le renforcement du capital humain et des infrastructures sanitaires. Des recommandations qui interviennent précisément alors que le Débat d’orientation budgétaire 2027-2029 est en cours à l’Assemblée Nationale.
Les participants ont été unanimes sur un point : sans mécanismes de financement durables, le risque de rupture dans les programmes de vaccination est réel, avec pour conséquence une baisse de la couverture vaccinale et une exposition accrue aux maladies évitables.










































































































































































































































































