À Lagdo, dans la région du Nord, une fillette de 7 ans vit avec une malformation qui empêche son cou de soutenir sa tête. Faute de moyens financiers, ses parents assistent à la situation avec impuissance.
L’image de la petite Falmata Abouna Adam est saisissante. Son cou ne supporte pas sa tête, constamment penchée sur le côté. Chaque mouvement semble être un effort, chaque pas une épreuve. Âgée de seulement 7 ans, elle vit avec ses parents dans la ville de Lagdo, dans la région du Nord, à une cinquantaine de kilomètres de Garoua. Dans leur modeste domicile, la fillette mène une existence marquée par la douleur, la peur des chutes et l’impossibilité de vivre pleinement comme les enfants de son âge.
Selon le témoignage de son père Abouna Adam, Falmata est née avec ce handicap. Dès sa naissance, ses parents avaient remarqué une faiblesse inhabituelle de son cou, mais, faute de ressources financières, aucune consultation spécialisée n’a pu être envisagée. Les années ont passé sans véritable prise en charge, laissant la maladie évoluer dans l’indifférence contrainte d’un foyer déjà fragilisé par la précarité. Aujourd’hui, la situation s’est aggravée, le cou de l’enfant ne parvient presque plus à soutenir le poids de sa tête, rendant ses gestes incertains et son quotidien extrêmement difficile.
Cette affection, encore inconnue de l’entourage de la famille, prive Falmata de son droit le plus élémentaire, celui de vivre une enfance normale. Elle ne joue pas avec les autres enfants de son quartier, reste souvent isolée et passe de longues heures à l’intérieur, sous la surveillance constante de ses parents. Cette vigilance permanente s’explique par le risque élevé de chutes. À la moindre perte d’équilibre, la fillette tombe, souvent la tête la première. Ces chocs répétés ont déjà occasionné plusieurs lésions, exposant l’enfant à d’autres complications de santé qui peuvent lui être fatale.
Au-delà des douleurs physiques, la situation de Falmata entraîne aussi de lourdes conséquences sociales et psychologiques. À 7 ans, elle n’est pas scolarisée. Ses difficultés à se mouvoir et à maintenir sa tête droite rendent tout déplacement compliqué, voire dangereux. Ses camarades découvrent les joies de l’école, des jeux et de l’apprentissage, Falmata reste confinée à un quotidien monotone, fait de limitations et de frustrations.
« Nous souffrons de la voir ainsi », confie Abouna Adam, la voix chargée d’émotion. Mais nous n’avons pas les moyens pour lui offrir les soins dont elle a besoin. Ces mots traduisent l’impuissance d’un père face à une situation qui dépasse ses capacités financières et logistiques. Dans un contexte où l’accès aux soins spécialisés reste difficile, surtout pour les familles démunies vivant en zone rurale, le cas de Falmata illustre une réalité plus large, celle de nombreux enfants porteurs de handicaps non pris en charge, condamnés à vivre dans l’ombre.
Les parents de Falmata lancent aujourd’hui un cri d’alerte et un appel à la solidarité. Ils souhaitent que leur fille bénéficie d’une consultation spécialisée et, si possible, d’une prise en charge adaptée. Ils souhaitent simplement de voir leur enfant tenir sa tête droite, marcher sans crainte de tomber, fréquenter l’école et s’intégrer pleinement dans la société. Autant de droits fondamentaux qui, pour l’instant, lui sont refusés par la maladie et la pauvreté.
Marcus DARE












































































































































































































































































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