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Hôpital Central de Yaoundé : une formation pour saisir avec exactitude les causes de la mort

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Sous la supervision du Pr Pierre Ongolo Zogo, une session de travail a réuni, le 30 janvier dernier, encadreurs et résidents autour d’un outil essentiel mais souvent méconnu : la fiche de certification des décès selon la nouvelle classification mondiale CIM-11.

C’est entre les murs de l’Hôpital Central de Yaoundé que se joue, en partie, le destin sanitaire de la nation. Non seulement au bloc opératoire ou dans les services de soins intensifs, mais aussi dans la précision administrative qui donne un sens aux statistiques de mortalité. Le 30 janvier 2026, une réunion inhabituelle a rassemblé la Direction, les médecins seniors et les jeunes résidents. L’enjeu ? Maîtriser collectivement le remplissage rigoureux de la fiche de certification des causes de décès, selon le nouveau standard international, la CIM-11. Une démarche qui, loin d’être une simple formalité bureaucratique, constitue le fondement de toute politique de santé publique éclairée.

L’objectif premier de cette session, impulsée par le directeur général le Pr Pierre Ongolo Zogo, était clair : harmoniser les pratiques et consolider la qualité des données. En effet, la certification d’un décès requiert une rigueur scientifique absolue. Elle doit retracer avec exactitude la séquence pathologique, de la cause initiale à la cause terminale. « Chaque case remplie sur ce document engage notre crédibilité collective et détermine la justesse de notre cartographie épidémiologique », a rappelé le Pr Ongolo Zogo en ouvrant les travaux. Cette harmonisation est donc impérative pour transformer des informations éparses en statistiques robustes et comparables, aussi bien au niveau national qu’international.

La CIM-11 : une mise à jour nécessaire face à la complexité médicale

La transition vers la CIM-11 (Classification Internationale des Maladies, 11ᵉ révision) constitue le cœur technique de cette mise à jour. Cette nouvelle version, bien plus détaillée que la précédente, permet de coder avec une finesse inédite les maladies contemporaines, les interactions pathologiques et les séquelles à long terme. Par exemple, elle offre des catégories spécifiques pour les conséquences de la drépanocytose ou de certaines infections chroniques, réalités fréquentes dans le contexte camerounais. Cependant, sa complexité nécessite un apprentissage soutenu. La réunion a ainsi été l’occasion d’un partage d’expérience crucial, où les encadreurs ont pu disséquer des cas concrets avec les résidents, clarifiant les pièges à éviter et les bonnes pratiques à adopter.

De la formation à l’impact sur la santé publique

L’impact d’une telle initiative dépasse largement le cadre de l’hôpital. Des certificats de décès précis sont la base d’une surveillance sanitaire efficace. Ils permettent d’identifier les principales causes de mortalité, de détecter des flambées épidémiques ou d’évaluer l’efficacité des programmes de santé. « Avec près de 120 décès enregistrés chaque jour dans nos hôpitaux, la justesse de chaque fiche est une donnée stratégique pour le Ministère de la Santé Publique », a souligné un chef de service présent. In fine, cette démarche de formation vise à faire de chaque médecin, du plus ancien au plus junior, un maillon conscient et compétent dans la chaîne de production de l’information sanitaire.

Vers une généralisation des bonnes pratiques

Au-delà de la transmission d’un savoir-faire technique, cette rencontre a instauré un dialogue précieux entre les différentes générations de soignants. Elle a permis de rappeler que remplir un certificat de décès est un acte médical à part entière, engageant l’éthique et l’expertise du praticien. Fort de cette session, l’Hôpital Central de Yaoundé, en tant qu’institution de référence, entend maintenant jouer un rôle d’entraînement. L’objectif est de diffuser ce standard de qualité à l’ensemble du réseau hospitalier, afin que chaque décès, où qu’il soit constaté, compte et soit compté avec la même rigueur. C’est à ce prix que le système de santé pourra s’appuyer sur des données solides pour mieux prévenir, guérir et protéger les populations.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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