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Jeûne religieux : la foi à l’épreuve du corps

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À l’approche des périodes de jeûne chrétien et musulman, les spécialistes de santé alertent sur les contraintes physiques liées à l’abstinence prolongée de nourriture et d’eau, notamment dans les régions chaudes du Nord et de l’Extrême-Nord.

Les périodes de jeûne se profilent déjà à l’horizon. Deux grandes communautés religieuses s’apprêtent à vivre des moments intenses de privation et de recueillement. Du côté des chrétiens, le carême débute ce mercredi avec « le Mercredi des Cendres », point de départ de quarante jours de pénitence, de prière et de partage. Les fidèles musulmans, eux, se préparent à accueillir le Ramadan, un mois marqué par l’abstinence quotidienne de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil.

Durant ces périodes, les croyants passent de longues heures sans rien porter à la bouche. Même l’eau est proscrite pendant la journée chez les musulmans. Si ces pratiques sont profondément ancrées dans la foi, elles ne sont pas sans conséquences sur l’organisme.

Le jeûne entraîne une modification brutale des habitudes alimentaires. L’organisme, privé d’apports réguliers, puise dans ses réserves énergétiques. Cette adaptation physiologique peut provoquer fatigue, vertiges, maux de tête, baisse de concentration ou irritabilité, surtout durant les premiers jours. Chez les personnes en bonne santé, ces effets restent généralement transitoires. Mais pour d’autres, les risques sont bien plus importants.

Les malades chroniques figurent parmi les plus exposés. Les personnes vivant avec le diabète, l’hypertension artérielle ou l’hypotension doivent redoubler de vigilance. Une journée entière sans s’alimenter ni s’hydrater peut entraîner des déséquilibres glycémiques sévères, des malaises ou des chutes de tension. L’interruption ou le décalage des prises médicamenteuses complique davantage la situation.

Les médecins recommandent aux fidèles souffrant de pathologies chroniques de consulter avant d’entamer le jeûne. Un suivi médical régulier permet d’évaluer la capacité à supporter l’abstinence et d’ajuster, si nécessaire, les traitements. Dans certains cas, des aménagements ou des dispenses sont conseillés afin de préserver la santé, que les textes religieux placent également au rang des priorités.

Au-delà des maladies préexistantes, un autre facteur vient aggraver les contraintes du jeûne ; apparaît alors la chaleur. Dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, les températures peuvent dépasser les 40°C en cette période de l’année. Sous un soleil ardent, la déshydratation survient rapidement. La perte excessive d’eau et de sels minéraux peut entraîner faiblesse intense, crampes, étourdissements, voire coups de chaleur.

Pour les travailleurs exposés en plein air, la combinaison chaleur–jeûne représente un véritable défi. L’effort physique accentue la sudation et accélère la déperdition hydrique. Chez les sujets fragiles, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes ou les malades chroniques, les risques de complications augmentent.

Les professionnels de santé insistent ainsi sur l’importance d’une alimentation équilibrée et d’une hydratation suffisante pendant les heures autorisées. Les repas doivent être riches en nutriments, en fibres et en eau, tout en évitant les excès de sucre et de gras susceptibles de fatiguer davantage l’organisme. Le repos, la réduction des efforts intenses aux heures les plus chaudes et l’écoute des signaux d’alerte du corps sont également recommandés.

Réaction

« Il faut arrêter le jeûne en cas de malaise important »

Roukayatou Marafa, Nutritionniste.

Chez une personne en bonne santé, le corps s’adapte généralement, mais cela peut aussi avoir des effets sur la santé selon l’âge, l’état nutritionnel et les maladies existantes. Ici nous pouvons avoir des effets positifs et ou négatifs selon la personne et son état physiologique. Concernant les effets physiologiques normaux, il faut souligner la baisse de la glycémie, l’utilisation des graisses comme source d’énergie entraînant une perte de poids possible, la diminution de l’insuline et amélioration possible de la sensibilité à l’insuline, l’activation de mécanismes de “nettoyage cellulaire”, le repos digestif temporaire. Chez une personne en bonne santé, ces effets sont généralement bien tolérés si l’alimentation est équilibrée hors période de jeûne.

Les effets négatifs possibles concernent le jeûne prolongé, répété ou mal encadré sont la déshydratation qui entraînent la fatigue, les vertiges, les maux de tête, la constipation, une baisse de la concentration. L’hypoglycémie peut entraîner une faiblesse, des tremblements, des étourdissements, un malaise chez certaines personnes (surtout diabétiques). À côté de ces effets on peut également observer une baisse de la pression artérielle, l’irritabilité ou difficulté de concentration, un reflux gastrique ou brûlures d’estomac, une diminution temporaire des performances physiques, l’aggravation de certaines maladies chroniques.

Les personnes à risque particulier de ces troubles sont entre autres les personnes diabétiques, femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et adolescents en croissance, les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies chroniques (rein, cœur, foie), les personnes dénutries ou très maigres

Avant le jeûne, il est recommandé de privilégier les aliments riches en glucides complexes (mil, sorgho, riz complet, maïs, tubercules…), de consommer des protéines (œufs, poisson, haricots, viande, légumineuses), de manger des fruits et legumes, de boire suffisamment d’eau, d’éviter aliments très salés ou très sucrés

Après le jeûne, il faut rompre le jeûne progressivement, boire beaucoup d’eau, éviter les repas très gras ou très copieux, fractionner les repas si possible. Concernant l’hydratation, il faut boire abondamment entre les périodes de jeûne, limiter le café et les boissons très sucrées. Il faut consulter un professionnel de santé avant de jeûner en cas de maladie chronique, arrêter le jeûne en cas de malaise important, vertiges sévères ou faiblesse extreme, adapter les traitements médicaux avec avis medical.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, je mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du domaine médical afin d'éclairer le public sur l'éducation à la santé.

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