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SANTE ANIMALE

One Health : Le Cameroun présente dix ans d’action au sommet mondial de Lyon

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Invité au One Health Summit de Lyon (5-7 avril 2026), le Programme Zoonoses du Cameroun a exposé son bilan terrain, son système numérique COHIS et sa gouvernance intersectorielle.

Lyon, capitale mondiale éphémère de la santé du vivant. Du 5 au 7 avril 2026, dans l’écrin du prestigieux centre de congrès de la cité rhodanienne, alors que la planète célébrait la Journée mondiale de la santé, une voix s’est élevée depuis l’Afrique centrale. Celle du Cameroun. À l’invitation du One Health Summit, le Programme Zoonoses du pays a franchi les Alpes pour porter haut la bannière d’une conviction : la santé des humains, des animaux et des écosystèmes ne forme qu’un seul et même combat.

Pendant trois jours, les acteurs mondiaux de la santé publique, vétérinaire et environnementale ont investi le « Village des découvertes One Health ». C’est sur ce podium d’excellence que la délégation camerounaise, menée par les cadres du Programme Zoonoses, a déroulé son argumentaire le plus solide : une décennie d’implémentation de l’approche « Une Seule Santé » sur son territoire. Là où d’autres nations présentent encore des stratégies théoriques, Yaoundé a exposé un bilan terrain, fait de comités intersectoriels opérationnels, de formations conjointes entre médecins, vétérinaires et écologues, et de ripostes efficaces contre les fièvres hémorragiques.

Mais la véritable attraction du stand camerounais fut numérique. Les participants ont découvert COHIS – le Cameroon One Health Information System. Cette plateforme digitale, développée pour briser les silos administratifs, permet désormais de croiser en temps réel les données de surveillance épidémiologique humaine et animale. Un signalement de mortalité atypique chez des volailles dans un village de l’Adamaoua déclenche automatiquement une alerte pour les équipes sanitaires humaines dans un rayon de vingt kilomètres. Une prouesse technologique qui a suscité l’intérêt de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et de plusieurs délégations asiatiques venues s’inspirer du modèle camerounais.

Structuration d’un succès discret

Le sommet de Lyon, centré sur « l’action et les solutions », a permis au Programme Zoonoses de structurer sa communication autour de trois piliers : le bilan (2016-2026), l’innovation (COHIS) et la prospective. Dans un monde encore marqué par les traumatismes pandémiques récents, le Cameroun a plaidé pour une gouvernance décentralisée de la veille sanitaire. « La prochaine crise ne sera pas arrêtée par une déclaration solennelle, mais par un agent communautaire bien formé et un système d’information capable de relier un élevage de porcs à un dispensaire de brousse », a martelé un responsable de la délégation lors d’une table ronde. Les échanges ont également mis en lumière les défis : le financement pérenne de COHIS, l’extension de la plateforme aux régions anglophones en crise sécuritaire, et l’intégration des données climatiques. Pourtant, aucun des participants repartis du Village des découvertes n’a contesté l’évidence : le Cameroun figure désormais parmi les États-pilotes de l’approche One Health dans l’hémisphère Sud.

Alors que le sommet lyonnais s’achevait le 7 avril au soir, dans une lumière douce sur le confluent du Rhône et de la Saône, la délégation camerounaise n’a pas prononcé de grandes déclarations. Elle a simplement regagné ses pénates avec, dans ses bagages électroniques, plusieurs promesses de partenariat technique. Et une certitude : si la santé du vivant et de la planète passe par des plateformes comme COHIS et des retours d’expérience nationaux, alors l’arbre camerounais, patiemment planté depuis dix ans, commence à faire de l’ombre à quelques vieilles certitudes occidentales. La prochaine étape ? Faire de Yaoundé, d’ici 2028, le hub francophone de référence pour la formation One Health en Afrique. Le mot de la fin est revenu à un vétérinaire épidémiologiste de la délégation, sourire en coin : « Nous ne venons plus apprendre, nous venons partager. Et parfois, à Lyon, on nous écoute. »

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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