Au-delà de la performance physique et des trophées, la sécurité des athlètes sur les aires de jeu s’impose comme une priorité de santé publique. Dans un contexte où les compétitions s’intensifient, de Yaoundé à Douala en passant par Bertoua, la maîtrise des gestes de premiers secours par les sportifs eux-mêmes devient le premier rempart contre le drame.
Le sport de haut niveau au Cameroun connaît une vitalité sans précédent. Pourtant, qu’il s’agisse des tatamis du Palais des Sports ou des pelouses des championnats nationaux, le risque d’accident grave arrêt cardiaque, traumatisme crânien ou détresse respiratoire reste une réalité statistique. Face à l’urgence, le constat est sans appel : les premières minutes sont déterminantes pour la survie et la récupération fonctionnelle de l’athlète.
L’urgence au cœur de la performance
Lors d’un arrêt cardio-respiratoire, chaque minute écoulée sans intervention réduit les chances de survie de près de 10 %. Si le personnel médical est présent lors des grands événements, il est souvent absent des séances d’entraînement quotidiennes. Former les sportifs, les entraîneurs et les arbitres aux gestes élémentaires de survie (GES) permet de créer une chaîne de secours immédiate. La pratique du massage cardiaque et l’utilisation, de plus en plus nécessaire, des Défibrillateurs Automatisés Externes (DAE) dans nos infrastructures doivent devenir des compétences aussi basiques que le dribble ou l’endurance.
Une culture de prévention à bâtir
L’intégration du secourisme dans le milieu sportif camerounais ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un investissement. Le suivi du Profil Cardio-Métabolique des Athlètes (PCMA) est une avancée majeure, mais il doit être complété par une capacité de réaction sur le terrain. Savoir stabiliser un coéquipier victime d’un choc cervical lors d’un combat de judo ou reconnaître les signes d’un coup de chaleur sévère sous le climat équatorial est crucial pour éviter des séquelles irréversibles.
Vers une certification obligatoire ?
Pour insuffler cette dynamique, les fédérations nationales gagneraient à systématiser les sessions de recyclage en secourisme. Transformer chaque licencié en “citoyen-sauveur” renforcerait non seulement la sécurité, mais aussi la solidarité au sein de la communauté sportive. En dotant les clubs de kits de secours de base et en encourageant la certification PSC1 (Prévention et Secours Civiques), le Cameroun pourrait devenir un modèle africain en matière de médecine du sport préventive.
Le sport est une célébration de la vie. Pour que cette fête continue, il est temps que le “geste qui sauve” devienne le mouvement le plus travaillé par nos champions. Car sur le terrain, le plus beau des trophées reste, et restera toujours, une vie préservée.
Interview
« Les communautés doivent être éveillées et formées pour poser des gestes qui sauvent la vie »

Comment se porte l’Association camerounaise de secourisme et de sauvetage ?
L’Association camerounaise de secourisme et de sauvetage se porte plutôt bien. Nos objectifs sont restés les mêmes cette année, à savoir : améliorer l’accessibilité sur l’apprentissage des premiers secours des populations, continuer à sensibiliser les populations sur les gestes qui sauvent la vie, qui préservent et sauvent la vie, parce que nous pensons que la plupart des incidents, la plupart des problèmes de santé graves se déroulent en communauté et les communautés doivent être éveillées et formées pour poser des gestes qui sauvent la vie avant de les amener dans les structures sanitaires de notre pays. Pour cela, cette année, nous avons commencé par des sessions de formation avec des structures qui ont sollicité notre expertise.
En début d’année, nous avons formé les employés de la Caisse autonome d’amortissement. Nous avons ensuite travaillé avec les fonctionnaires des Mines de la délégation de l’Est. Le premier groupe est passé, nous allons continuer avec le deuxième groupe ce mardi. Nous avons également programmé une formation qui va passer à la fin de ce mois des personnels de la Commission nationale du droit de l’homme du Cameroun. Nous continuons à œuvrer pour que le maximum de personnes soient informées à travers ces formations pratiques et nos communications sur nos plateformes Facebook, TikTok et WhatsApp.
À ce jour, combien de membres compte votre association ?
Notre association compte environ une trentaine de membres. Et si nous considérons que ce soit les enfants que nous avons formés ou les adultes, ils font partie de la grande famille de l’Association camerounaise de secourisme et de sauvetage, parce que leur formation, quand on vous forme, le message que nous passons souvent, c’est de ne pas hésiter à former également autour de soi. Même si vous n’êtes pas un formateur agréé, le fait d’avoir vu faire et de faire vous permet déjà de transmettre à votre ménage ou à votre chauffeur, parce qu’on ne sait jamais où l’incident ou bien l’accident ou alors le malaise peut arriver. Il ne faut pas que vous soyez celui qui maîtrise ces gestes et c’est à vous que quelque chose arrive. Vous ne pouvez pas avoir quelqu’un autour de vous qui peut vous aider.
Quels sont les principaux modules enseignés aux apprenants ?
Nos modules d’enseignement sont, on va dire, standards. L’enseignement du secourisme, c’est déjà savoir se protéger, protéger la victime, protéger les autres personnes, dont la protection, l’alerte, savoir appeler à l’aide autour de soi, savoir alerter les structures dédiées, soit le SAMU, soit les pompiers, soit la police, la gendarmerie, quand nous sommes face à une situation. Après, pouvoir maintenant poser certains gestes, analyser pour orienter le problème et poser des gestes. Donc nous avons le cycle pas, protéger, alerter, secourir. Donc, au niveau du secourisme réel, donc des actes et bien des gestes, nous apprenons à désobstruer les voies aériennes, à prendre en charge une personne qui est blessée, avec un saignement abondant, à immobiliser une fracture, à prendre en charge quelqu’un qui est une victime inconsciente qui respire, ou à l’autre victime inconsciente qui ne respire pas.
Et donc une situation d’urgence qui peut arriver. Donc c’est ce travail que nous faisons avec choix pour permettre que les populations soient plus éveillées, plus aptes à poser les gestes qui préservent la vie.
Quel est le message que vous envoyez aux populations des différentes régions du pays afin de les sensibiliser à l’apprentissage et à la maitrise des gestes de secourisme et de sauvetage ?
Pour finir, le message que nous pouvons envoyer aux populations camerounaises, c’est de prendre très au sérieux tout ce qui va dans le sens de leur santé. Pour cela, nous les invitons à ne ménager aucun effort pour accéder à une formation, par exemple sur le secourisme, que ce soit en présentiel, ou dans des sessions de formation des organismes comme la Croix-Rouge, ou bien d’autres structures qui le font, que ce soit en ligne, en scrollant, en regardant des gestes des premiers secours en vidéo, en comprenant les situations qui sont décrites, et en pouvant imiter cela si la situation nous arrive. Donc nous exigent donc réellement nos compatriotes, nos frères, de tout faire pour accéder à une formation, qu’elle soit en présentiel ou en virtuel. Cela peut vous sauver la vie à tout moment, vous sauver la vie d’un de nos proches.













































































































































































































































































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