Le préservatif féminin est une méthode efficace et relativement bien acceptée par les femmes, mais son utilité est limitée par son coût, les attitudes négatives des hommes, ses propriétés contraceptives et des considérations d’utilisation pratique.
Les femmes sont, pour des raisons biologiques, plus vulnérables à la transmission par un partenaire infecté que ne le sont les hommes. Elément plus important, pour des raisons d’exclusion économique, sociale et culturelle, les stratégies actuelles de prévention du VIH, à savoir l’abstinence, la monogamie, le recours au préservatif, la limitation des partenaires et le traitement des infections sexuellement transmissibles, ne sont pas réalistes pour un grand nombre de femmes puisqu’elles ne sont souvent pas en mesure de négocier avec leur partenaire des relations sexuelles sans risque. Il s’avère donc urgent de trouver des stratégies de prévention du VIH que les femmes puissent mieux contrôler.
Le préservatif féminin est une enveloppe de protection en polyuréthane comprenant un anneau flexible à chaque extrémité. L’un des anneaux couvre le col de l’utérus comme un diaphragme ; l’autre anneau reste à l’extérieur, couvrant partiellement les lèvres vaginales. Acclamée comme la première méthode de contraception féminine prévenant la transmission des infections sexuellement transmissibles (IST), l’utilisation de ce préservatif féminin a été soutenue dès le début malgré un taux de grossesse relativement élevé parmi les utilisatrices et des données limitées sur son efficacité véritable pour empêcher la transmission des IST. Cependant, les preuves de son efficacité ont depuis été étayées. En tant que contraceptif, le préservatif féminin est tout à fait comparable aux autres méthodes à adjuvant. Il semble que l’efficacité du préservatif féminin pour prévenir la transmission des IST dépende des niveaux existants d’utilisation du préservatif masculin dans le groupe de population considéré et de la volonté des individus composant ce groupe à avoir recours au préservatif féminin.
Protection contre les IST
D’après une étude réalisée aux États-Unis, le préservatif féminin protégeait efficacement les femmes contre l’infection vaginale récurrente par trichomonas. Dans le même temps, l’introduction du préservatif féminin chez les femmes travaillant dans des plantations au Kenya n’a pas réduit les taux de gonorrhée cervicale, de chlamydia et d’infection vaginale par trichomonas par rapport aux résultats obtenus avec la promotion uniquement du préservatif masculin. Dans ce groupe de population, le recours aux préservatifs masculin et féminin était entravé par les objections des partenaires masculins, leur méfiance à l’égard de l’étude et des moyens contraceptifs, ainsi que le préjugé des prestataires de services de santé à l’égard des préservatifs. Par contre, une réduction de 24 % a été observée dans les taux de nouvelles IST parmi les groupes de travailleuses du sexe thaïlandaises à qui il avait été donné le choix d’avoir recours soit au préservatif masculin soit au préservatif féminin, par rapport aux groupes qui avaient reçu uniquement le préservatif masculin. Un des principaux obstacles à l’utilisation générale du préservatif féminin est son coût.
Le préservatif féminin revient environ 20 fois plus cher à produire que le préservatif masculin. Il est toutefois possible de réutiliser un préservatif féminin s’il est correctement nettoyé et lubrifié à nouveau après chaque usage. Au Zimbabwe, on constate que les femmes, en particulier les travailleuses du sexe, agissent de la sorte par nécessité économique. Une part de la recherche systématique sur la réutilisation du préservatif provient de l’Afrique du Sud. D’après une étude réalisée auprès de 150 femmes de Johannesburg, 83 % d’entre elles étaient disposées à réutiliser le préservatif féminin. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tenu deux consultations d’experts sur la réutilisation du préservatif féminin compte tenu du fait que, dans les pays en développement, c’est une pratique déjà courante. Bien que l’OMS continue de recommander l’emploi d’un nouveau préservatif féminin pour chaque acte sexuel, elle a rédigé un projet de protocole pour la manipulation sans risque du préservatif féminin et les dispositions de réutilisation à prendre afin de minimiser les dangers.
Elvis Serge NSAA












































































































































































































































































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