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Aides-soignants: Une profession très peu visible

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La Journée mondiale des aides-soignants, célébrée le 26 novembre 2021, était une occasion pour le gouvernement de saluer les efforts de ces soldats de la santé. Plus concentrés à s’acquitter de leur besogne auprès des patients, tâche particulièrement ardue en cette période de pandémie, ces travailleurs de l’ombre n’avaient pas remarqué qu’une journée à leur intention était prévue.

Anastasie, âgée de 29 ans est une aide-soignante en service à l’Hôpital central de Yaoundé. Mariée et mère de trois enfants, cette travailleuse dévouée à peur d’être infectée par le coronavirus. Et pourtant, son service ne prend pas en charge les malades de la Covid-19. Mais elle reçoit comme ses collègues de nombreux malades venus en consultation pour une fièvre, des diarrhées, etc. Autant de signes liés au coronavirus. « Mes enfants me demandent de ne plus aller à l’hôpital. Ils me disent “Maman tu vas aller t’infecter là-bas” », avoue Anastasie. Tout comme elle, de nombreuses aides-soignantes, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, vivent dans l’angoisse depuis que les cas confirmés de Covid-19 augmentent au Cameroun. Beaucoup craignent d’être infectés.

D’après diverses sources, au moins cinq d’entre eux auraient été contaminés. La Journée mondiale des aides-soignants, célébrée le 26 novembre 2021, était une occasion pour le gouvernement de saluer les efforts de ces soldats de la santé. Si tant est que la profession manque de reconnaissance, même la Journée mondiale des aides-soignants passe inaperçue. Plus concentrés à s’acquitter de leur besogne auprès des patients, tâche particulièrement ardue en cette période de pandémie, ces travailleurs de l’ombre n’avaient pas remarqué qu’une journée à leur intention était prévue. « Nous ne sommes qu’aide-soignant, on ne nous écoute pas… », « Les gens nous traitent de laveuses, de toiletteuses ». Pourtant, l’aide-soignante est avant tout une professionnelle de santé, exerçant par délégation et sous l’autorité des infirmières, des tâches essentielles à la vie de l’hôpital. « Je ne suis pas d’accord avec le fait que les gens disent que nous sommes des “laveuses”. Les patients reconnaissent notre travail, ils nous disent souvent que nous sommes là pour les aider, ils le verbalisent clairement et ça nous fait énormément plaisir ! Ce dont nous souffrons, c’est plus d’un manque de reconnaissance de la profession de la part de certains membres de la hiérarchie », s’offusque une aide-soignante.

S’ils travaillent sous l’autorité des infirmiers et qu’ils crient souvent dans le vide leurs frustrations, peut-on se passer des Health Care Assistant (Hca), comme on les appelle à Maurice ? Avec l’arrivée du Covid-19, poursuit-il, le travail et la pression ont augmenté de même que le nombre de patients. « Le personnel hospitalier, lui, diminue, à tous les niveaux, ce qui rend le service plus difficile. » Et face à un manque d’infirmiers, c’est vers les HCA qu’on se tourne pour la suppléance.

Nous sommes hautement exposés aux risques du virus

 Il est d’avis qu’il « faut revaloriser le métier ». Narendranath Gopee, président de la Fcsou qui défend également la cause du personnel de santé, entre autres, trouve « chagrinant de voir qu’aujourd’hui, en 2021, alors que le pays est secoué par la Covid-19 et le variant Delta, le ministère de la Santé n’ait pas la considération qu’il faudrait pour les aides-soignants alors qu’ils abattent un travail très important et représentent un maillon clé dans la chaîne du système de la santé ». Pour avoir été témoin du travail des Hca dans les hôpitaux, il n’a d’autre qualificatif que « merveilleux » pour décrire leur travail.

Or, même s’il estime qu’il faut tout à fait reconnaître l’importante contribution des médecins en cette période, il regrette que ce soit surtout ces derniers qui sont reconnus pour leur travail alors que d’autres travaillent dans l’ombre. Sur la question du rappel du personnel de santé, s’il estime que le contexte le justifie, « là où ce n’est pas justifié, c’est qu’il n’y a pas eu un planning, surtout dans un secteur d’urgence ». Ravin Seetohul, Hca et président de la Ministry of Health Employees Union, s’attriste que « tout le travail abattu par les Hca soit éclipsé par les infirmiers » alors que « le Hca est bien plus près du patient ». Il soutient qu’alors que le Hca est appelé à exécuter des tâches d’infirmier, il n’est pas reconnu pour un grade d’infirmier. Par ailleurs, s’agissant de reconnaissance, il lance un appel aux autorités à ne pas utiliser le terme « héros national » si l’on ne peut le traduire dans la pratique ! « Nous sommes hautement exposés aux risques du virus. Au moins aurait-on pu leur accorder une “risk allowance”. » Le ministère a un rôle très important : assurer un encadrement aux soignants qui se donnent corps et âme pour accomplir leur travail pour le bien-être de la population. Faute d’encadrement et de motivation, se sentant délaissés par le système, ils ne sont pas en mesure de donner le meilleur d’eux-mêmes. Souvent, on blâme le petit travailleur mais c’est le système en haut qui ne fonctionne pas correctement.

Elvis Serge NSAA

 

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