Accident Vasculaire Cérébral: Au Cameroun, il survient un AVC toutes les 5 heures avec un taux de mortalité de 25 % à un mois et de 60 % à 5 ans

Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), tous les ans, près de 15 millions de personnes dans le monde sont victimes d’un AVC et près de 5 millions en meurent. D’après les spécialistes, les tranches d’âge jeunes ne sont pas à l’abri d’un AVC. En cause : Le tabac, le manque d’exercice physique, la mauvaise alimentation, l’alcool, le stress, etc. De mauvaises habitudes à éviter.

Bernadette Ipoua âgée de 70 ans, a été victime trois fois d’une crise cardiaque. Sa présence ce vendredi 05 novembre 2021 au Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile Léger (CNRPH), ne relève pas du hasard. Elle s’y rend pour sa rééducation mensuelle. « J’ai échappé à la paralysie. Après un diagnostic rapide, les médecins m’ont très vite pris en charge. Je fais mes contrôles aux dates indiquées et je ne manque aucun rendez-vous pour mes séances de rééducation », confie le professeur de Français à la retraite. Même si cela fait dix ans que cette pédagogue a fait sa crise, quelques séquelles sont perceptibles. « J’ai encore du mal à bouger mon pied droite. Je me déplace aujourd’hui à l’aide d’une « bâton ». Et je suis toujours accompagné par ma fille. Je reste dans la prière », poursuit-il. 

D’après le Dr. Eric Bila Lamou, neurologue, un Accident Vasculaire Cérébral (AVC), est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire causé par un infarctus ou une hémorragie au niveau du cerveau. Le terme « accident » souligne l’aspect soudain ou brutal des symptômes, mais dans la plupart des cas les causes de cette affection sont internes (liées à l’âge, l’alimentation ou l’hygiène de vie, notamment). Les symptômes varient beaucoup d’un cas à l’autre selon la nature de l’AVC (ischémique ou hémorragique), l’endroit et la taille de la lésion cérébrale. D’après les spécialistes, les tranches d’âge jeunes ne sont pas à l’abri d’un AVC. En cause : « Le tabac, le manque d’exercice physique, la mauvaise alimentation, l’alcool, le stress, etc », liste le médecin généraliste Philippe Michel Jacques Ohandja.

De mauvaises habitudes à éviter. Néanmoins, un accompagnement psychologique est prévu. « Nous leur apportons une psychothérapie de soutien. La paralysie ou l’hémiplégie à la suite d’un AVC affecte sur les plans psychologique, affectif et relationnel. Quelqu’un qui fait un AVC voit sa profession mise en péril, puisqu’il ne peut plus travailler normalement. Sa vie affective bascule ; puisqu’il ne peut plus faire certaines choses normalement. Ce n’est pas facile d’assumer une paralysie à 30-40 ans », explique Jacques Lagrâce Bessala, psychologue. Il y a moins de 20 ans, les AVC étaient quasiment inconnus du grand public au Cameroun.

Le problème de prise en charge des complications post-Avc est accru

Aujourd’hui, les AVC sont devenus un véritable problème de Santé Publique car tuent plus que les Accidents de la circulation routière et représentent désormais au Cameroun la 2ème cause de mortalité après les pathologies infectieuses et la principale cause d’ handicap neurologique à long terme. Les cardiologues recommandent donc une hygiène de vie. Faute d’une prise en charge très rapide, les lésions peuvent devenir irréversibles. L’ancienne ministre de la santé français, Madame Roselyne Bachelot, avait en son temps rappelé la nécessité de se mobiliser pour réduire la fréquence et la gravité des séquelles fonctionnelles des AVC.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), tous les ans, près de 15 millions de personnes dans le monde sont victimes d’un AVC et près de 5 millions en meurent. 10% de la mortalité mondiale, toute cause confondue, est attribuée aux AVC. Au Cameroun, il survient un AVC toutes les 5 heures avec un taux de mortalité de 25 % à un mois et de 60 % à 5 ans. Pour une meilleure prise en charge des patients, l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala (Hgoped) a renforcé les capacités, de son personnel médical et paramédical. Au total, 30 professionnels issus de cette formation sanitaire. Auxquels il faut ajouter des médecins d’autres hôpitaux. Pour le Dr Eric Bila Lamou, neurologue à l’Hgoped, il s’agissait de former sur la prévention des complications neurologiques post-AVC.

Selon le praticien, l’AVC est la deuxième cause de mortalité dans le monde, et la première cause de handicaps moteurs acquis, et de troubles neurologiques importants. « Nous nous sommes rendu compte que dans nos formations sanitaires, nous n’avons pas encore de filières de prise en charge. Le problème de prise en charge des complications post-AVC est accru. Il est donc question de former les personnels aux formes aiguës. En prenant en charge de façon efficace, on peut améliorer les conditions du patient », explique le médecin.

Elvis Serge NSAA

 

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