Le Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC) a réuni la presse nationale et internationale le 9 février 2026 à Yaoundé pour un exercice de redevabilité et de plaidoyer stratégique.
Une stratégie articulée autour de quatre piliers majeurs
Le Project Manager, Dr Mathieu Foka, a exposé avec clarté la structure opérationnelle du PCAC, qui repose sur une architecture de quatre piliers interdépendants. Le premier pilier concerne la mobilisation des connaissances, une véritable entreprise de documentation qui consiste à collecter, vérifier et archiver les savoirs ancestraux et les procédés de production traditionnels non documentés. Ce travail de validation scientifique permet d’alimenter une plateforme numérique robuste où chaque « produit de connaissance » est certifié avant sa mise à disposition. Actuellement, cette bibliothèque numérique compte plus de 500 ressources pour l’Afrique, dont une centaine spécifiquement dédiées au contexte camerounais. Le deuxième pilier, axé sur la diffusion, s’appuie sur une stratégie hybride. Au-delà du numérique, le PCAC déploie sur le terrain des « maîtres formateurs » et des « multiplicateurs » capables de transmettre physiquement ces compétences techniques aux paysans. L’usage des médias et des réseaux sociaux vient compléter ce dispositif pour assurer une pénétration maximale de l’information agroécologique dans les zones rurales et urbaines.
Le troisième pilier, la mise en réseau, vise à briser l’isolement des acteurs de la chaîne de valeur. Par l’organisation de foires et d’événements professionnels, le PCAC facilite les rencontres entre producteurs et distributeurs. Un accent particulier est mis sur le Système Participatif de Garantie (SPG), un mécanisme d’auto-certification qui permet aux agriculteurs d’obtenir des labels reconnus, facilitant ainsi leur accès aux grandes surfaces de distribution et aux marchés internationaux. Enfin, le quatrième pilier est celui du plaidoyer institutionnel. Le PCAC travaille de concert avec les ministères techniques (Minader, Minepded, Minepia, etc.) pour que la loi de 2025 ne soit pas un texte répressif, mais un levier incitatif. L’objectif ultime est la mise en œuvre d’une Stratégie nationale de promotion de l’agroécologie, englobant la mécanisation, l’accès aux intrants biologiques et la transformation locale, afin de sécuriser durablement l’investissement des opérateurs économiques dans ce secteur.

Un enjeu de souveraineté et d’environnement
L’intervention de Zacharie Ngoumbe, Secrétaire Général du Conseil Économique et Social, a souligné la dimension politique et sociale de cette transition. En inscrivant l’agriculture biologique dans les quatre piliers d’action du CES, les pouvoirs publics reconnaissent que le “bio” est une niche d’opportunités économiques majeures capables de générer des richesses tout en garantissant la sécurité nutritionnelle des populations. Au-delà de l’aspect financier, le CES voit dans l’agroécologie un levier culturel, valorisant les techniques ancestrales des peuples, mais surtout un rempart contre le dérèglement climatique. Face aux inondations et à la sécheresse causées par les mauvaises pratiques agricoles et l’usage abusif des pesticides chimiques, l’agriculture biologique s’impose comme la solution pour restaurer l’équilibre environnemental et appauvrissement des sols. Le plaidoyer se poursuit donc pour une implication massive des opérateurs économiques dans tous les maillons de la chaîne, de la production d’intrants à la communication sur les méfaits des produits chimiques, faisant de la santé publique et de l’écologie les piliers du développement de demain.













































































































































































































































































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