Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Équité en santé au Cameroun : les femmes à l’assaut des sphères décisionnelles
ACTUALITE

Équité en santé au Cameroun : les femmes à l’assaut des sphères décisionnelles

Email : 138

 Les femmes constituent 80% de la force de travail opérationnelle et des leaders communautaires, constat fait sur le terrain par Women in Global Health(WGH) Cameroon en cinq années d’existence, pourtant elles demeurent les grandes absentes des cercles de décisions stratégiques. Le barrage linguistique, le poids socioculturel, le manque de confiance…, autant de barrière qui fragilisent leur insertion dans les postes de décisions. L’ONG à travers divers actions : plaidoyer, mentoring et autres mécanismes entend lutter pour une équité en santé au Cameroun et s’étendre sur toute l’Afrique centrale.

 « L’équité en santé n’est pas une intention, c’est une décision ! » C’est avec cette affirmation forte que s’est ouverte l’Assemblée générale de WGH Cameroon le 17 janvier 2026 à Yaoundé. L’objectif étant d’évaluer l’impact de l’organisation sur le terrain et au niveau stratégique. Le constat, bien que teinté d’espoir, reste marqué par divers défis. Le Dr Nicole Fouda Mbarga, présidente de WGH Cameroon affirme que : « les femmes représentent environ 80% de la majorité du système de santé à travers les leaders communautaires mais elles sont les moins représentées au niveau décisionnel. », ceci à cause des barrières institutionnelles et individuelles. Bien que des progrès législatifs soient notables et que la reconnaissance des violences basées sur le genre (féminicides) progresse, une stagnation persiste pour l’accès aux postes de haute responsabilité.

La résolution du problème : Une mutation stratégique (PAN 1 et PAN 2)

Pour répondre à ce déséquilibre, l’action s’est structurée autour des Plans d’Action Nationaux (PAN) inspirés de la résolution 1325 de l’ONU. Avec un passage du PAN de première génération à celui de seconde génération marqué par une volonté de modernisation et d’adaptation au contexte sécuritaire qui prévaut. Le PAN 1 (2018-2020)s’estarticulé autour de 4 piliers (Prévention, Protection, Participation, Secours et Relèvement). Il a permis de former des leaders, de sensibiliser les forces de l’ordre et d’apporter un soutien aux victimes des crises (Boko Haram, zone Anglophone). Le PAN 2 (2023-2027)en plus des 4 piliers, a introduit un 5ème pilier : la Promotion. Ce plan lui, vise à accroître la visibilité du rôle des femmes et à adapter les réponses aux réalités sécuritaires actuelles du pays.

Attentes, résultats des travaux et perspectives : Cap sur la CEMAC

Cette assemblée générale de 2026 était aussi l’occasion de fixer des attentes claires pour les années à venir avec une annonce phare, la création d’un hub régional CEMAC. Avec pour ambition majeure de faire du Cameroun un leader régional pour entraîner les pays comme le Gabon, la Guinée Équatoriale et la RDC « On va créer un hub régional où le Cameroun aura le lead. Afin que les femmes de ce côté, dans le domaine de la santé, puissent également éclore qu’elles soient plus visibles et qu’elles saisissent des opportunités au niveau stratégique » a déclaré le Dr. Nicole Fouda Mbarga. Ce mécanisme permettra donc de mutualiser les ressources et d’harmoniser les politiques de genre en Afrique Centrale. Les travaux visent également l’intégration de la parité dans le code électoral et l’adoption d’un projet de loi spécifique sur les violences basées sur le genre (VBG). De plus, le leadership est désormais perçu comme indissociable de l’autonomie économique, véritable rempart contre la vulnérabilité.

 Les freins invisibles pour l’équité en santé

Au-delà des structures, le Dr Nicole Fouda Mbarga a relevé quatre barrières majeures de l’ombre qui ralentissent l’équité. Premièrement le barrage linguistique. Dans certains pays bilingues, la majorité des opportunités internationales sont en anglais, marginalisant les professionnelles francophones. Deuxièmement le poids socioculturel, les normes traditionnelles qui relaient systématiquement la femme au second plan derrière l’homme ou les responsabilités familiales. Troisièmement les crises humanitaires, la féminisation de la migration, souvent irrégulière par manque d’opportunités égales, fragilise la résilience sanitaire des femmes. Quatrièmement nous avons le manque de confiance par des institutions qui ne promeuvent pas activement l’égalité.

Les outils utilisés pour les résoudre : Plaidoyer et Mentoring

Pour briser ces chaînes, WGH Cameroon et ses partenaires déploient une panoplie d’outils concrets à savoir : La recherche des données pour objectiver la sous-représentation féminine auprès des ministères (Santé, Promotion de la Femme) à travers la recherche et des statistiques. Le Mentoring  avec le Mouvement Makota une des initiatives du ministère de la promotion de la femme et de la famille  qui est un programme dédié aux jeunes filles dans les 10 régions pour les encourager et créer une relève de modèles identifiables. La Masculinité Positive avec le camp des ambassadeurs, pour impliquer les hommes et les garçons dans le changement des mentalités. En outre, Comme actions de terrain, il y a eu des formations sur l’hygiène menstruelle à la prison de Buea chez les déplacés internes et des appuis techniques pour l’installation de WGH en Centrafrique.

En somme, cette assemblée a été l’occasion pour l’ONG, ses partenaires et membres du gouvernement d’avoir des réflexions pour trouver des moyens concrets de lutte pour l’équité en santé ; comme l’a rappelé le Dr Nicole Fouda Mbarga en clôture, l’égalité n’est pas qu’une lutte féminine, mais un impératif pour l’ensemble du système de santé camerounais.

Audray NDENGUE

Réactions

« Il est fondamentalement important pour l’organisation d’accompagner l’ensemble des acteurs qui interviennent dans ce secteur »

Abdel Rahman Diop, représentant de l’Organisation Internationale pour la Migration au Cameroun.

L’Organisation Internationale pour la Migration accorde une place importante à la question du genre. Dans le cas particulier du Cameroun, il apparaît clairement que la migration se féminise de plus en plus. Les questions d’accès aux chances égales, qui vont justement des fois, lorsqu’elles ne sont pas résolues, pousser des femmes à la migration irrégulière, mais aussi, dans certains cas, des femmes à la migration régulière. Il est fondamentalement important pour l’organisation d’accompagner l’ensemble des acteurs qui interviennent dans ce secteur, à commencer par le gouvernement bien entendu, mais aussi le secteur de la société civile. Et c’est à ce niveau que nous retrouvons cette organisation, dont l’Assemblée Générale aujourd’hui nous mobilise afin d’apporter notre modeste contribution. Un, pour une meilleure compréhension du phénomène, et deux, pour aussi apprendre de ce qu’elles font en termes de pratiques pour justement informer nos solutions au niveau des organisations des Nations Unies. Au niveau de l’OIM, en tant qu’agence sur les questions humanitaires, développement et paix, nous intervenons sur ce secteur avec beaucoup d’attention sur les questions de femmes. Le projet que nous avons mis en œuvre, la paix à travers la santé, l’accompagnement des communautés, la formation des femmes leaders, l’accompagnement financier, accordé justement à ces associations de femmes pour leur donner l’occasion, l’opportunité d’exercer leur leadership, sont des actions concrètes que nous mettons en œuvre. Au plan stratégique, c’est d’accompagner le gouvernement pour la stratégie nationale d’engagement de la diaspora, dans laquelle nous allons justement chercher aussi à donner une place importante aux femmes, surtout dans le domaine de la santé.

Eteki Lucrèce, vice-présidente de Women in Global Health.

« Nous avons fait du plaidoyer sur l’inclusion des femmes et formé les déplacés internes, sur leur hygiène menstruelle »

 Au cours des cinq dernières années, Women in Global Health a mené plusieurs activités diverses, tant au niveau stratégique qu’au niveau opérationnel. Par exemple, comme activité phare au niveau stratégique, nous avons fait du plaidoyer, nous avons rencontré le ministère de la santé et le ministère de la promotion de la femme et de la famille,  pour faire du plaidoyer sur l’inclusion des femmes et la considération des femmes au niveau décisionnel. Parce que, comme on le dit toujours, les femmes sont très nombreuses au niveau de la workforce sur le terrain, mais dans des postes vraiment stratégiques, on n’en trouve pas beaucoup. Donc nous avons fait du plaidoyer pour la prise en compte des femmes à ce niveau-là. Au niveau opérationnel communautaire, c’est là que nous avons le plus d’activités. Nous avons formé les déplacés internes, par exemple, sur leur hygiène menstruelle. Nous sommes allés jusqu’à la prison de Buea, où nous avons formé des femmes sur la gestion de leur hygiène, où nous avons fait des donations. Et aussi, une activité que nous sommes en train de commencer, c’est que nous appuyons d’autres branches. Donc, Women in Global Health de la Centrafrique est en train de se mettre en œuvre et en place, et nous les appuyons techniquement pour aider à lancer le mouvement.

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1393 du vendredi 24 avril 2026

×