À 46 ans, le Dr Marie Solange Ndom Ebongue devient la première femme à diriger l’Hôpital Laquintinie de Douala en 95 ans d’existence, s’inscrivant dans une dynamique nationale de féminisation des postes de direction.
L’histoire du système de santé camerounais vient de tourner une page emblématique. Par décret du Premier ministre en date du 31 décembre 2024, le Dr Marie Solange NDOM Epse EBONGUE MANGA a été nommée Directrice de l’Hôpital Laquintinie de Douala, devenant ainsi la première femme à accéder à ce poste de commande depuis la création de l’établissement en 1931. Installée officiellement ce lundi par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, cette cardiologue de 46 ans incarne à la fois l’excellence médicale, la rupture d’un plafond de verre et la promesse d’une gouvernance hospitalière renouvelée.
Née à Yaoundé en 1980, Marie Solange Ndom Ebongue a construit un parcours académique et professionnel sans faille. Docteure en médecine de l’Université de Yaoundé I, elle a obtenu un Diplôme d’Études Spécialisées (DES) en cardiologie à la prestigieuse Faculté de Médecine de Rabat, au Maroc. Depuis 2014, elle a servi avec dévouement au sein même de l’Hôpital Laquintinie, y gravissant les échelons : d’abord comme cardiologue, puis Chef du service de Cardiologie et enfin Conseillère médicale. Son engagement pendant la crise de la Covid-19, en tant que cheffe adjointe du Centre Spécialisé de Prise en Charge de Douala, a démontré sa capacité à gérer des situations de crise avec rigueur et humanité. Ancienne présidente de l’Association des Médecins du Cameroun (MEDCAMER), elle est reconnue pour son leadership et son militantisme en faveur de la profession médicale.
Un héritage prestigieux et des défis de taille
La nouvelle directrice hérite d’une institution phare du paysage sanitaire national, véritable pilier médical de la métropole économique. Avec ses 800 lits, son taux d’occupation de 80%, ses près de 1500 personnels et sa centaine de services spécialisés accueillant en moyenne 5000 patients par jour, Laquintinie est un géant aux pieds d’argile, nécessitant une gestion à la fois ferme et innovante. Elle succède au Pr Noël Emmanuel Essomba, qui a engagé une vaste modernisation de l’établissement, marquée par des avancées techniques notables comme la pose d’implants péniens, de pacemakers et l’ouverture d’un centre d’hémodialyse.
Une nomination symbolique et une feuille de route ambitieuse
Au-delà du symbole historique que représente sa nomination, le Dr Ndom Ebongue arrive avec une vision claire. Dans son discours, elle s’est engagée à faire de Laquintinie « un lieu d’accueil et d’excellence pour des soins de qualité ». Le ministre Manaouda Malachie lui a rappelé les priorités : maintenir et amplifier la transformation de l’hôpital, assurer une gestion humaine et transparente des ressources, notamment des primes du personnel, et ancrer davantage la culture de l’humanisation des soins. Mère de quatre enfants et enseignante à la Faculté de Médecine de Douala, elle incarne une génération de femmes cadres qui concilient avec brio haute responsabilité, expertise technique et vie familiale. Son installation s’inscrit dans une dynamique plus large de féminisation des postes de direction dans la santé au Cameroun, comme l’illustrent les nominations récentes à l’Hôpital Général et à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique de Douala.
À 46 ans, le Dr Marie Solange Ndom Ebongue ne dirige pas seulement un hôpital ; elle porte l’espoir d’un système de santé plus inclusif, plus performant et plus juste. Sous sa direction, l’Hôpital Laquintinie est appelé à écrire un nouveau chapitre, alliant tradition d’excellence et souffle d’innovation, au service des populations camerounaises.












































































































































































































































































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