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Faux médicaments : 940 kg saisis à l’Est par les douanes

La cargaison clandestine démantelée à l’Est
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Dans une opération coup de poing menée le 12 janvier dernier, les éléments de la Zone II de l’Opération HALCOMI III ont intercepté 47 cartons de médicaments de contrebande au poste de contrôle de Ndokayo, dans la Région de l’Est.

Dissimulée au milieu de cartons de savon dans un camion, cette cargaison pesant 940 kilogrammes représente un nouveau succès dans la lutte contre le trafic illicite de produits pharmaceutiques au Cameroun.

 Selon les détails révélés par les autorités douanières, la saisie comprend 982 000 comprimés, 156 000 gélules, 25 000 injections et 250 pommades, tous dépourvus d’autorisations sanitaires et d’origine non contrôlée. Ces produits, potentiellement contrefaits ou falsifiés, posent un grave risque pour la santé publique, pouvant causer des effets secondaires graves, des résistances aux traitements ou même des décès. L’opération, effectuée en début d’après-midi, illustre l’efficacité accrue des contrôles routiers mis en place pour contrer les réseaux criminels qui exploitent les failles aux frontières et à l’intérieur du territoire.

L’Opération HALCOMI III, un bouclier contre le commerce illicite

Lancée en 2016 à l’initiative des Douanes camerounaises en réponse aux plaintes d’entreprises légalement établies, l’Opération HALCOMI (Halte au Commerce Illicite) en est à sa troisième phase. Divisé en trois zones couvrant l’ensemble du pays, ce dispositif a triplé ses effectifs depuis ses débuts et cible non seulement les produits pharmaceutiques, mais aussi d’autres formes de contrebande comme les biens de consommation ou les carburants. La Zone II, responsable de cette saisie, englobe les secteurs du Centre, du Sud 1, du Sud 2 et de l’Est, des régions souvent utilisées comme corridors pour les trafics en provenance des pays voisins comme le Nigeria ou la République centrafricaine.

 HALCOMI III s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la surveillance douanière, avec des postes de contrôle mobiles et une coopération accrue avec les forces de sécurité. Depuis son lancement, l’opération a permis de multiples interceptions, contribuant à sécuriser l’économie nationale et à protéger les consommateurs contre les produits substandard.

Une vague de saisies récentes amplifie la pression sur les trafiquants

Cette intervention n’est pas isolée. Quelques jours plus tôt, le 5 janvier 2026, les éléments de la Zone I de HALCOMI III ont saisi 31 colis de médicaments illicites à Akwa, dans la Région du Littoral, lors d’un chargement nocturne près du fleuve Wouri.cd95a6 Le butin incluait 946 960 comprimés, 145 400 gélules et 28 000 injections, tous sans autorisation sanitaire. Cette opération à Douala, hub économique du pays, souligne la prolifération du phénomène dans les zones urbaines.

Au niveau national, les saisies de faux médicaments s’intensifient. Depuis 2020, plus de 8,6 milliards de FCFA de produits contrefaits ont été interceptés, selon le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie.badb70 Le trafic pharmaceutique illicite draine annuellement 33 milliards de FCFA de l’économie camerounaise, fragilisant les chaînes d’approvisionnement légales et les pharmacies agréées.120b87 Sur le plan régional, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que les faux médicaments tuent des centaines de milliers de personnes en Afrique subsaharienne chaque année, aggravant les crises sanitaires comme les résistances aux antibiotiques.

 D’autres actions récentes incluent des saisies de tramadol et d’autres substances dans le Sud-Ouest, ainsi que des interceptions de produits en provenance du Nigeria, un foyer majeur de contrefaçon en Afrique de l’Ouest.e63a83 En octobre 2025, les douanes camerounaises ont par exemple confisqué 1,5 tonne de faux médicaments nigérians.

 Des enjeux sanitaires et économiques critiques

La criminalité pharmaceutique ne se limite pas à un simple délit économique : elle menace directement la vie des Camerounais. Selon l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), plus de 25 % des médicaments vendus dans le pays proviennent de circuits illicites, avec 40 % liés à la contrebande.7fd09b Ce marché parallèle, autrefois confiné aux villes, s’étend désormais aux zones rurales, où les “pharmacies par terre” prolifèrent au détriment des structures agréées.

Les autorités insistent sur la vigilance accrue aux frontières et à l’intérieur du pays. “La surveillance douanière demeure active”, rappellent les Douanes camerounaises dans leur communication officielle, appelant à une collaboration accrue avec les citoyens pour dénoncer les réseaux. Des initiatives comme le Comité national anti-faux médicaments renforcent cette riposte, avec des campagnes de sensibilisation et des partenariats internationaux.

 Alors que le Cameroun durcit le ton contre ce fléau, ces saisies successives envoient un message clair aux trafiquants : l’impunité recule face à une mobilisation nationale renforcée. Les enquêtes se poursuivent pour identifier les responsables de cette cargaison et démanteler les filières impliquées.

Mireille Siapje

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