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Hôpital Général de Douala : premier pacemaker sans sonde en Afrique Centrale

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Le 26 mars 2026, l’Hôpital Général de Douala (HGD) a franchi un palier historique sous l’impulsion de son Directeur Général, le Pr Henry Namme Luma.

En réussissant la pose d’un pacemaker sans sonde, une capsule miniaturisée implantée directement dans le cœur sans incision thoracique, l’établissement devient le pionnier de cette technologie de pointe dans la sous-région. Cette prouesse technique rend désormais obsolète le recours systématique à l’étranger pour les troubles du rythme cardiaque, offrant une solution locale d’excellence aux patients camerounais et d’Afrique Centrale.

Pour le patient camerounais, cette avancée garantit une réduction drastique des frais médicaux liés aux transferts internationaux, tout en offrant une récupération post-opératoire accélérée et une absence totale de cicatrices ou de complications liées aux sondes traditionnelles.

Le 26 mars 2026, l’Hôpital Général de Douala a marqué un tournant décisif dans l’histoire de la cardiologie au Cameroun. Une mission humanitaire a permis la pose des premiers pacemakers sans sonde, une technologie de pointe encore inédite en Afrique centrale. Retour sur cette avancée majeure qui place désormais le Cameroun sur la carte des pays pionniers. « Ce que nous avons réalisé, c’est la pose d’un pacemaker sans sonde, une technologie encore récente à l’échelle mondiale », annonce d’emblée le Pr Bertrand Hugo Mbatchou Ngahane, pneumologue, interniste et Directeur médical de l’Hôpital Général de Douala. L’établissement vient ainsi de franchir une étape historique dans la modernisation de son plateau technique, en mettant à disposition des Camerounais une innovation qui, jusqu’alors, nécessitait souvent une évacuation sanitaire vers l’étranger. Cette prouesse médicale s’inscrit dans une dynamique impulsée par le ministère de la Santé publique. « La cardiologie est l’un de nos grands pôles d’excellence, et nous travaillons à élever encore ce niveau », souligne le Pr Mbatchou Ngahane, saluant le soutien constant des autorités.

Qu’est-ce qu’un pacemaker ?

Pour comprendre l’importance de cette avancée, il faut d’abord rappeler la fonction de ce dispositif. « C’est un peu comme une batterie qu’on implante au niveau du cœur pour qu’il puisse battre normalement », explique le Directeur médical. Le Pr Anasthase Ndzudie, cardiologue rythmologue, précise : « Le pacemaker permet de surveiller le rythme cardiaque et de stimuler le cœur si les battements sont supérieurs ou inférieurs aux valeurs normales qui varient entre 60 et 100 battements par minute au repos, tout en évitant ainsi des complications comme l’arrêt cardiaque. »

Deux technologies, deux époques

Il existe deux grandes familles de stimulateurs cardiaques. Le modèle classique, dit « avec sonde » (lead), est utilisé au Cameroun depuis plusieurs décennies. Le boîtier est placé sous la peau au niveau de la poitrine et relié au cœur par un ou plusieurs fils. Ce dispositif est souvent palpable et parfois visible. La récente intervention à l’Hôpital Général de Douala a porté sur un pacemaker « sans sonde » (leadless). « C’est une technologie nouvelle dans le monde entier », rappelle le Pr Mbatchou Ngahane. Ce dispositif miniaturisé est introduit par voie vasculaire – souvent par la veine fémorale – et fixé directement à l’intérieur du cœur. Il n’est ni visible ni palpable, ce qui offre un confort inédit au patient. Nicolas Lesbros, ingénieur technique, décrit cette innovation : « Un pacemaker sans sonde, c’est une petite capsule qui fait la taille du petit doigt et qui va être implantée directement dans le cœur. On ne le met pas au niveau de la poitrine, il est invisible, il est dans le cœur. Du coup, ça fait exactement la même chose, mais sans les sondes. »

Quand faut-il poser un pacemaker ?

« Le cœur bat normalement entre 70 et 75 battements par minute au repos », rappelle le Directeur médical. Chez certains patients, la fréquence chute en dessous de 40, une condition appelée bradycardie, souvent liée à un bloc auriculo-ventriculaire. Les symptômes sont multiples : fatigue inexpliquée, essoufflement, vertiges, malaises (syncopes) et, dans les cas les plus graves, un risque de mort subite. « C’est pour ces patients qu’on pose un pacemaker : pour ramener le cœur à un rythme normal et permettre à l’organisme de fonctionner correctement », précise-t-il.

Une intervention peu invasive

Contrairement à la chirurgie cardiaque classique, la pose d’un pacemaker sans sonde ne nécessite pas l’ouverture du thorax. « On n’ouvre pas la poitrine. On passe par les vaisseaux, souvent par la veine fémorale, et on envoie le stimulateur directement dans le cœur », décrit le Pr Mbatchou Ngahane. L’intervention dure entre 45 minutes et une heure trente, selon les cas. Elle nécessite un plateau technique de pointe : « Il faut une salle d’angiographie, du personnel formé à cette technique, et bien sûr le matériel adapté », précise-t-il.

Les avantages de la nouvelle technologie

Le pacemaker sans sonde présente des atouts considérables par rapport au modèle traditionnel. Samuel Bourgeois, commercial, énumère : « Un pacemaker traditionnel, il y a des risques de thrombose, des risques d’infection. Et avec le pacemaker sans sonde, on retire ces risques-là. Un pacemaker traditionnel, on va être sur du 10 à 12 ans. Sur un pacemaker sans sonde, on sera plutôt sur du 15 à 20 ans et quelques fois même plus. Donc, on a moins besoin de le changer et ça, c’est un vrai avantage. »

Une opération rendue accessible

Le coût réel de ces dispositifs innovants est habituellement très élevé. « Grâce à une collaboration entre l’Hôpital Général de Douala et le fabricant, cette opération a pu être proposée à un tarif très modéré, autour d’un million de francs CFA », révèle le Directeur médical. Ce geste s’inscrit dans une dynamique humanitaire soutenue par les partenaires de l’établissement. Lors de cette première expérience, deux patients souffrant de troubles du rythme cardiaque ont même bénéficié d’une prise en charge gratuite, grâce à la générosité des laboratoires et de l’hôpital lui-même. Une démarche qui, selon le Top Management, répond à une philosophie claire : « Le rôle de l’hôpital général, c’est de soigner tous les Camerounais, y compris les nécessiteux. »

Après l’implantation, le patient doit être suivi régulièrement par son cardiologue. « On vérifie périodiquement le bon fonctionnement du stimulateur à l’aide d’appareils de contrôle. Le patient doit revenir à ses rendez-vous », insiste le Pr Mbatchou Ngahane. La durée de vie de la batterie est estimée entre six et dix ans pour les modèles classiques, mais les nouvelles générations de pacemakers sans sonde peuvent atteindre quinze à vingt ans, voire plus. Lorsqu’elle arrive à épuisement, le dispositif peut être remplacé.

« Les patients retrouvent une vie normale », assure le Directeur médical. Finis les essoufflements et les malaises qui limitaient leur quotidien. Ils peuvent marcher, vaquer à leurs occupations et reprendre une activité physique adaptée selon les recommandations de leur cardiologue. Giraud Idubwan, sexagénaire résidant à Mbanga et souffrant d’un malaise cardiaque, se réjouit : « C’est une très bonne chose pour nous. Je vais appeler mes enfants en France pour leur dire que l’Hôpital Général de Douala peut se pencher sur mon cas. Qu’on essaie d’abord là-bas avant d’envisager une évacuation sanitaire. Si je peux faire une opération réussie sur place, je ne vois pourquoi je vais encore dépenser beaucoup d’argent pour ce qu’on peut faire ici. Je vais me faire consulter à Douala. »

La fin des évacuations sanitaires pour les troubles du rythme ?

Facile donc de comprendre qu’à travers cette innovation, les évacuations sanitaires des patients victimes de troubles du rythme cardiaque vers l’étranger pourraient bientôt appartenir au passé. L’expertise de la pose du pacemaker sans sonde est désormais disponible sur place, à l’Hôpital Général de Douala. « C’est une très grande avancée pour notre système de santé, et pour l’Hôpital Général de Douala, dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires, qui constitue l’un des pôles d’excellence de notre institution », conclut le Pr Bertrand Hugo Mbatchou Ngahane. L’établissement devient ainsi la référence en la matière en Afrique centrale, offrant aux patients camerounais et de la sous-région une alternative fiable, moderne et accessible aux traitements cardiologiques de pointe.

Alphonse Jènè

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