La deuxième phase de la vaccination contre la poliomyélite se déroulera du 12 au 15 février 2026 dans la région de l’Extrême-Nord. Elle a été officiellement annoncée ce lundi 09 février 2026 à Maroua à travers une séance de plaidoyer de haut niveau, présidée par l’inspecteur général des services du gouverneur, Maoundé. Objectif de renforcer l’adhésion communautaire et d’atteindre les enfants encore non vaccinés lors du premier tour.
Les autorités de la région de l’Extrême-Nord ont relancé la mobilisation contre la poliomyélite à Maroua, à l’occasion d’un plaidoyer réunissant administrations, leaders communautaires, partenaires techniques et personnels de santé, afin d’atteindre les enfants encore non vaccinés.
Présidée par l’inspecteur général des services du gouverneur, Maoundé, la rencontre a permis de fédérer les acteurs clés autour de la lutte contre cette maladie invalidante qui continue de menacer les enfants de moins de cinq ans. Autorités administratives, chefs traditionnels, leaders religieux et partenaires techniques ont été appelés à jouer pleinement leur rôle dans la sensibilisation et l’accompagnement des communautés.
Cette nouvelle phase de la campagne vise principalement à rattraper les enfants qui n’ont pas reçu de dose lors du premier passage des équipes de vaccination. Dans certaines localités, notamment à Kaélé dans le département du Mayo-Kani et à Maga dans le Mayo-Danay, des refus parentaux ont été signalés, freinant l’atteinte d’une couverture vaccinale optimale. Ces situations, souvent liées à la désinformation ou à des croyances persistantes, constituent un défi majeur pour les services de santé.
Dans la région de l’Extrême-Nord, considérée comme une zone à haut risque sanitaire, la vaccination demeure un enjeu de santé publique crucial. Selon les données sanitaires, la population cible âgée de 0 à 59 mois est estimée à 1 902 910 enfants, répartis dans 33 districts de santé. Pour assurer une couverture efficace, les besoins en vaccins sont évalués à 2 112 230 doses de vaccin polio oral bivalent (VPOb) et 263 985 doses de nVPO2, ainsi que 17 014 marqueurs destinés au suivi des enfants vaccinés.
Par ailleurs, la situation épidémiologique reste préoccupante dans certaines zones de la région. À Petté et Fotokol, des cas de rougeole ont été signalés, exposant davantage les enfants non immunisés. Les autorités sanitaires ont rassuré que les enfants concernés feront l’objet d’une prise en charge appropriée, parallèlement aux activités de vaccination en cours.
Au cours du plaidoyer, le délégué régional de la Santé publique pour l’Extrême-Nord, Dr Ahmadou Bava, a insisté sur l’importance de l’implication des autorités administratives, traditionnelles et religieuses pour garantir le succès de la campagne. Il a souligné que leur proximité avec les populations constitue un levier essentiel pour lever les réticences et favoriser l’adhésion des parents.
« La vaccination reste l’un des moyens les plus sûrs pour protéger les enfants contre des maladies graves et évitables comme la poliomyélite. Dans une région aussi exposée que l’Extrême-Nord, chaque enfant non vacciné représente un risque pour l’ensemble de la communauté », a-t-il rappelé.
À travers cette mobilisation renforcée, les autorités entendent consolider l’immunité collective et prévenir toute résurgence de la poliomyélite dans la région. L’objectif est clair : ne laisser aucun enfant en marge de la vaccination et garantir un avenir plus sain aux enfants de l’Extrême-Nord.
Réaction
“Pour cette seconde phase, plus de 200.000 enfants âgés de 0 à 59 mois devront être vaccines”

Ce deuxième tour de la riposte à l’épidémie de poliomyélite présente une particularité importante : il s’agit de maintenir et d’améliorer les performances enregistrées lors du premier tour. En effet, au cours du round 1, trois districts de santé n’avaient pas atteint les résultats attendus.
Le principal défi de ce deuxième tour est donc de permettre aux 33 districts de santé de la région d’atteindre les objectifs escomptés. Pour y parvenir, plus de 200 000 enfants âgés de 0 à 59 mois devront être vaccinés. Plusieurs stratégies ont été mises en place, notamment la vaccination porte-à-porte, les stratégies fixes dans les formations sanitaires, ainsi que des stratégies fixes temporaires et mobiles. Les équipes interviendront également dans les zones d’attroupement telles que les crèches, les écoles, les marchés et les gares routières.
Un autre défi majeur concerne les zones frontalières. La région compte 19 districts de santé frontaliers avec le Tchad et le Nigeria. Des activités de vaccination transfrontalière seront menées afin de vacciner les enfants lors des traversées.
Par ailleurs, l’un des objectifs essentiels est de sensibiliser au moins 95 % des personnes âgées de plus de 15 ans avant le début de la campagne. À cet effet, l’appui des médias est fortement sollicité pour relayer l’information auprès des populations difficilement accessibles. Les résultats globaux du premier tour ont été satisfaisants et les équipes entendent atteindre, voire dépasser ces performances lors de ce deuxième tour.
Il est important de rappeler que l’intervention consiste en l’administration de gouttes orales contre la poliomyélite. Dans trois districts de santé, notamment Kousséri, Maga et Vélé, une co-administration sera effectuée. Les enfants y recevront à la fois le vaccin monovalent et le vaccin bivalent, soit quatre gouttes au total, pour une protection contre deux types de poliovirus. Les parents sont donc invités à s’y préparer.
Enfin, cette campagne permettra également de procéder au rattrapage vaccinal des enfants ayant manqué les séances de vaccination de routine, ainsi que de ceux n’ayant jamais été vaccinés. Des équipes sillonneront l’ensemble des aires de santé afin d’identifier et de vacciner ces enfants.













































































































































































































































































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