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PANORAMA

Région de l’Ouest : le Chèque Santé au cœur de la stratégie de réduction de la mortalité maternelle.

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La région de l’Ouest tient sa réunion semestrielle de coordination des activités des structures sanitaires, du 25 au 27 février 2026 dans la salle des fêtes de la mairie de Penka-Michel, département de la Menoua, sous la conduite du Délégué régional de la Santé publique, Dr Tchatchoua Kamleu, en présence du représentant du Ministre de la Santé publique, Dr Mintop Anicet Désiré et du représentant du Gouverneur, Epente Tazeu Adray. Placé au cœur des débats, le mécanisme du Chèque Santé intégré à la Couverture Santé Universelle, comme levier stratégique de réduction de la mortalité maternelle.

Ouvrant les travaux prévus pour 3 jours, le Délégué régional de la Santé publique, Dr Tchatchoua Kamleu Patrick, a rappelé l’enjeu central des travaux : « Chèque Santé : principes, fonctionnement et enjeux dans la réduction de la mortalité maternelle dans la région de l’Ouest ».  Revenant sur le lancement du Chèque Santé par le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, il a souligné que « ce mécanisme vise à améliorer l’accessibilité financière aux soins maternels ». Selon lui, « des améliorations notables des indicateurs de santé maternelle sont observées depuis son déploiement », tout en appelant à « consolider, normaliser et renforcer le dispositif dans tous les districts ».

Dans sa prise de parole, le représentant du ministre de la Santé, Dr MINTOP Anicet Désiré, Coordonnateur technique national de la CSU, a replacé l’initiative dans l’« Agenda de transformation du système de santé » articulé autour de sept piliers. « Le capital humain demeure la principale richesse de toute nation ; sans une population en bonne santé, aucun développement durable n’est possible », a-t-il déclaré. Il a insisté sur « l’amélioration de l’accueil et de la qualité des soins, le renforcement du financement domestique et la gouvernance responsable, dans un contexte de réduction des appuis extérieurs ». Sur le plan technique, le Coordonnateur technique national de la CSU a rappelé l’évolution de la mortalité maternelle au Cameroun, passée de 1 211 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1998 à 406 en 2018, « une baisse significative mais encore insuffisante ».

Il a détaillé les trois retards classiques — décision tardive, accès difficile, qualité insuffisante — auxquels le Chèque Santé apporte « une réponse de protection financière, de mutualisation du risque et d’achat stratégique des prestations ». Le package couvre consultations prénatales, accouchements et complications, pour un coût normatif de 60 000 FCFA, dont 6 500 FCFA à la charge de la bénéficiaire. « En 2025, plus de 7 milliards FCFA ont été versés aux formations sanitaires dans le cadre de la couverture santé universelle, justifiant un contrôle renforcé des factures et des approvisionnements pharmaceutiques. Seules les factures accompagnées d’une preuve d’achat auprès de circuits formels seront remboursées », a-t-il précisé. Dans la région de l’Ouest, 13 536 chèques ont été vendus. Au niveau national, 7 346 379 personnes sont pré-enrôlées et 5 525 329 enrôlées. La digitalisation du mécanisme, avec traçabilité électronique et validation en ligne ou hors ligne, vise à « garantir transparence, efficacité et équité ».

Dans sa présentation, le Délégué Régional de la Santé Publique pour l’Ouest a toutefois dressé un état des lieux des services de maternité de la région, très préoccupant : « la région ne compte qu’environ 10 médecins spécialistes et 32 sages-femmes qualifiées pour plus de 66 formations sanitaires publiques ». Près de 70 % des structures ne respecteraient pas les normes minimales en équipements. « Un environnement difficile ne doit pas conduire au relâchement des standards », a-t-il averti.

Le représentant du Gouverneur, EPENTE TAZEU Adray, a pour sa part mis l’accent sur la discipline : « Dans le secteur de la santé, le respect des horaires et des procédures peut être une question de vie ou de mort ». Saluant la digitalisation progressive des services, il a estimé qu’elle constitue une opportunité majeure pour améliorer la performance et la traçabilité ».

Dans sa présentation portant sur le processus d’accréditation des FOSA au chèque santé, la responsable de ce département, DJAPA Ruth-Aimée précise que « L’accréditation des formations sanitaires est la condition d’accès au financement et elle repose sur « une évaluation externe fondée sur des critères prédéfinis qui peut conduire à une accréditation, une mise sous amélioration ou un rejet. »

Au terme des échanges, les autorités ont convergé sur un impératif : discipline, traçabilité et qualité des soins. « L’objectif demeure clair : qu’aucune femme ne meure en donnant la vie », a résumé le Délégué Régional de la Santé Publique pour l’Ouest, appelant à une mobilisation continue de tous les acteurs.

INTERVIEW

Une évaluation des stratégies et des performances dans le domaine de la santé est en cours. Sur quoi portent principalement les travaux et Quel en est l’objectif ?

Les réunions semestrielles régionales de la santé sont des moments clés d’évaluation. Nous analysons les stratégies mises en œuvre, nous examinons les performances enregistrées et nous définissons de nouvelles orientations pour améliorer l’offre de soins. L’objectif principal est de renforcer la qualité des services et de progresser vers la couverture santé universelle.

Nous avons entamé les travaux autour de notre thème central : la couverture santé universelle, notamment à travers le Chèque Santé. Cette intervention, portée par le ministère de la Santé publique sous l’impulsion du Dr Manaouda Malachie permet, moyennant une contribution de 6 000 FCFA, de prendre en charge la femme enceinte et son nouveau-né pendant les quarante et deux premiers jours suivant l’accouchement.  Cependant, cette initiative exige des soins de qualité. C’est pourquoi elle repose sur un processus d’accréditation des formations sanitaires.

Justement, où en est le processus d’accréditation ?

Les formations sanitaires visitées dans le cadre de l’accréditation ont fait l’objet d’une évaluation approfondie. Nous avons identifié un certain nombre d’insuffisances à corriger avant validation définitive. L’accréditation, validée par le ministère de la Santé publique, s’accompagne d’un plan d’amélioration qui mobilise l’ensemble des acteurs : autorités sanitaires, partenaires techniques et financiers, communautés et responsables d’établissements. Un compte rendu a été présenté, et l’engagement des partenaires est réel pour corriger les points faibles identifiés.

Que contient concrètement ce plan d’amélioration ?

Le plan agit à plusieurs niveaux, notamment sur les Ressources humaines : renforcement des compétences et des effectifs, Plateau technique : amélioration des équipements et du matériel médical, Environnement des structures : salubrité et conditions d’accueil, Qualité de la prise en charge des femmes enceintes : respect des protocoles et amélioration continue des soins, enfin, Interventions communautaires : actions de prévention et sensibilisation pour promouvoir de meilleures pratiques de santé.

Un mot de fin ?

Nous constatons déjà des efforts, tant au niveau des communautés que du gouvernement. L’enjeu est désormais de consolider ces acquis afin de garantir des soins accessibles et de qualité dans le cadre de la couverture santé universelle.

Propos recueillis par Adèle BITGA

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