Le symposium scientifique de la campagne de santé gratuite APS 2026 s’est ouvert ce 19 août à l’Hôtel Shalom de Maroua et s’achève demain, en présence d’experts et chercheurs camerounais et de la diaspora, ainsi que du ministre de la Santé publique.
Le symposium scientifique de la campagne de santé gratuite APS 2026 s’est ouvert ce 19 août à l’Hôtel Shalom de Maroua et s’achève demain, 20 août 2026, dans le cadre des activités programmées à Maroua, Mokolo, Yagoua et Kousséri. Cette première journée a réuni experts, chercheurs et universitaires camerounais et de la diaspora, autour du thème : « De la promotion de la santé à la Couverture Santé Universelle : engager les communautés pour une santé résiliente ».

L’ouverture par le ministre de la Santé publique
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a accueilli les participants dans l’Extrême-Nord, région qu’il a qualifiée de « symbole de résilience », et les a remerciés pour leur engagement à travers les cinq éditions de la campagne gratuite de santé organisées ces cinq dernières années.
Il a résumé sa conviction en ces termes : « La santé commence d’abord dans notre propre famille, dans notre village. Ça commence au marché, à l’école, à l’église. La santé commence autour d’un point d’eau du village. La santé commence dans les comportements individuels. »

La leçon inaugurale du Pr Mpondo Mpondo
La leçon inaugurale a été prononcée par le Professeur Mpondo Mpondo Emmanuel Albert, président du comité scientifique de la campagne pour la promotion de la santé , édition 2026.
Accès à la santé : des inégalités à trois niveaux
Les supports présentés lors de cette leçon inaugurale ont détaillé le contexte mondial de l’ODD 3 et de la CSU : depuis 2015, 195 pays membres de l’OMS ont mis en place des mécanismes de Couverture Santé Universelle, avec une progression de la couverture des services sanitaires de 45 à 71 entre 2000 et 2023. Trois types de barrières limitent toutefois l’accès universel aux soins : financières, éducatives et géographiques.


Zoom sur la situation économique du Cameroun
Selon les données présentées (Annuaire MINSANTÉ 2025, MINESEC 2025), la population camerounaise reste majoritairement jeune, avec une espérance de vie de 56 ans, mais une grande partie ne dispose pas de revenus stables pour couvrir les dépenses de santé, en raison de la prédominance du secteur informel qui représente près de 87 % de l’emploi. Le ratio emploi/population chez les jeunes s’établit à 32,7 %, tandis que le taux de jeunes sans emploi, ni études, ni formation atteint 23,1 %, pour un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 41 875 FCFA.
Le taux d’alphabétisation 2024 s’élève à 65 % en zone rurale contre 88 % en zone urbaine. Sur le plan géographique, la distance moyenne pour accéder à un hôpital de district ou un centre médical d’arrondissement est de 6,8 km, et de 5,2 km pour atteindre une pharmacie ou une pro-pharmacie.
Le cas particulier de l’Extrême-Nord
Les données ont mis en lumière la vulnérabilité spécifique de la région : en 2014, le taux de pauvreté le plus élevé du pays y était observé (74,3 %). Les populations de l’Extrême-Nord feraient face à davantage de difficultés financières pour accéder aux soins que celles des autres régions. La densité de formations sanitaires y est également la plus faible du pays (0,01 FOSA par km²), une situation aggravée par les inondations, l’enclavement des routes et l’insécurité.













































































































































































































































































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