La Coalition des Consommateurs camerounais exige une loi nationale pour protéger les non-fumeurs dans les lieux publics. Le 15 mars 2026 marque la 41e journée mondiale des droits des consommateurs. Thème : « Espaces publics sans fumée, respirons la santé ».
La Coalition des Consommateurs camerounais (CCC) en collaboration avec l’Association des jeunes pour le développement durable et l’émancipation (AJDDEC), a tenu une conférence de presse ce 26 février 2026 à Yaoundé. L’évènement s’est tenu en prélude au lancement des activités de la 41e journée mondiale des droits des consommateurs qui aura lieu le 15 mars 2026. Cette conférence avait pour enjeu majeur la protection des citoyens face aux dangers de la fumée du tabac dans les lieux publics.
Sur le terrain, le constat dressé par les associations est sans appel. Que ce soit dans les transports en commun, les agences de voyages, les « snacks-bars » ou les administrations, la fumée est omniprésente. Les consommateurs dénoncent une injustice flagrante : « alors qu’un fumeur ne rejette que 20 % de la fumée qu’il tire, les 80 % restants sont inhalés par son entourage », souligne Prince Mpondo, Président de la coalition des consommateurs camerounais. « Est-il acceptable qu’un enfant dans un transport en commun respire une fumée toxique qu’il n’a pas choisie ? », s’est-il insurgé lors de la conférence de presse
Le tabagisme passif un danger réel
L’exposition involontaire communément appelée tabagisme passif est une réalité au Cameroun. L’enquête globale sur la consommation du tabac chez les adultes au Cameroun, menée en 2013 par le ministère de la Santé publique nous renseigne que, près de 7 millions de Camerounais sont involontairement exposés à la fumée du tabac dans les lieux publics. Un chiffre qui contraste malheureusement avec le nombre de fumeurs actifs, soit 1,100.000 millions de fumeurs actifs suivant le cadre 2013. La fumée du tabac et des produits dérivés du tabac n’est pas un simple gène, il faut le dire, elle est un danger. En effet, elle contient des milliers de substances chimiques dont plusieurs sont reconnus cancérigènes. D’où le cri d’alarme des citoyens à la CCC, qui souhaite porter leur voix, une voix claire et responsable, celle du droit des citoyens à un air sain à travers le thème choisi « Espaces publics sans fumée, respirons la santé » de ladite campagne.
Un plaidoyer pour une loi globale
Face à l’insuffisance des mesures actuelles à l’instar des affiches d’interdiction « NO SMOKING », souvent limitées à quelques administrations centrales, la coalition propose une résolution globale et réglementaire. Pour elle, la solution ne réside plus dans de simples initiatives volontaires de propriétaires de bars, mais dans l’adoption d’un cadre juridique national contraignant. Le mouvement appelle donc à l’application stricte de l’article 8 de la Convention-cadre de l’OMS (ratifiée par le Cameroun en 2006), qui impose aux États de protéger leurs citoyens dans les lieux publics et les espaces de travail intérieurs comme l’a relevé Judith Noël Chekumo, présidente de l’Association des jeunes pour le développement durable et l’émancipation (AJDDEC).
Les outils du changement
Pour faire bouger les lignes, plusieurs leviers sont activés à savoir un plaidoyer Administratif matérialisé par l’envoi de lettres officielles aux ministères des Transports, du Tourisme et de l’Administration Territoriale. Une Communication visuelle à travers la production et affichage de posters de sensibilisation dans les agences de voyages et lieux de loisirs. Une campagne intensive sur les réseaux sociaux pour éduquer les masses. Une alliance avec les professionnels des médias pour porter la voix des sans-voix.
Les attentes : Respirer la santé
Les organisateurs de la campagne espèrent des résultats concrets à court et moyen terme notamment : l’adoption d’une loi nationale spécifique sur le contrôle du tabac. La création d’espaces dédiés pour inciter les établissements (snacks, restaurants) à aménager des zones fumeurs physiquement séparées pour garantir un air sain aux non-fumeurs. Que les autorités agissent pour que le droit de respirer prime enfin sur le droit de fumer.
Les autres défis soulevés
Au-delà de la fumée de cigarette classique, d’autres problématiques ont été greffées au cours de cette conférence de presse à savoir : l’essor de la Chicha et des stupéfiants dont la consommation prend de l’ampleur, particulièrement en milieu jeune. La pollution atmosphérique reconnue comme un facteur aggravant des maladies non transmissibles (MNT) au même titre que le tabagisme. La nécessité de ratifier le protocole pour l’élimination du commerce illicite des produits du tabac. La vigilance face aux tactiques des « cigarettiers » pour freiner les réglementations.
En conclusion, la Coalition l’a rappelé avec force : il ne s’agit pas d’une “croisade” contre les fumeurs, mais d’un combat pour la santé publique. Comme le souligne le slogan de la campagne : « Espaces publics sans fumée, respirons la santé ». Car faut-il, le rappeler le tabagisme passif, provoque des maladies cardiovasculaires, des cancers, des infections respiratoires graves et met particulièrement en péril les enfants, les femmes enceintes et les personnes vulnérables. Il est donc important que les pouvoirs publics se penchent dessus pour assurer la santé des personnes exposées involontairement.













































































































































































































































































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