La région de l’Extrême-Nord a officiellement lancé les activités de la 24ᵉ édition de la campagne Vacances Sans SIDA hier Lundi 03 août 2026. Placée sous le thème « Vacances responsables, jeunesse sans SIDA », cette initiative, parrainée par la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal Biya, mobilise 75 pairs éducateurs chargés de sensibiliser les jeunes sur la prévention du VIH, de la tuberculose et du paludisme.
À l’heure où les vacances scolaires offrent davantage de liberté aux adolescents et aux jeunes, le Comité national de lutte contre le VIH/SIDA (CNLS) entend transformer cette période en un moment privilégié de sensibilisation. C’est dans cette optique que la région de l’Extrême-Nord a procédé au lancement officiel de la 24ᵉ édition de la campagne Vacances Sans SIDA.
Cette initiative annuelle, devenue une tradition au Cameroun, est placée sous le haut parrainage de la Première Dame, Madame Chantal Biya. Pour cette édition, les organisateurs ont retenu le thème « Vacances responsables, jeunesse sans SIDA », un appel à la responsabilité des jeunes face aux comportements à risque.
Selon le Coordonnateur régional du Comité de lutte contre le VIH/SIDA, cette campagne vise principalement les jeunes de 15 à 24 ans, considérés comme l’une des couches les plus exposées à l’infection au VIH. Pendant plusieurs jours, les participants recevront des connaissances et des compétences leur permettant de mieux comprendre les modes de transmission du VIH, les moyens de prévention ainsi que l’importance du dépistage volontaire.
L’une des principales innovations de cette 24ᵉ édition réside dans son approche intégrée. Contrairement aux années précédentes, où les activités étaient exclusivement consacrées au VIH/SIDA, la campagne englobe désormais la prévention de la tuberculose et du paludisme.
« Les jeunes ne parleront plus uniquement du VIH. Ils mèneront également des actions de sensibilisation sur la tuberculose et le paludisme. Nous sommes désormais dans une dynamique d’intégration des programmes de santé », explique le coordonnateur régional.
Pour conduire cette mission, un appel à candidatures avait été lancé auprès des élèves et étudiants de la région. Plus de 200 jeunes ont répondu à l’appel. À l’issue d’un test de sélection, 50 candidats ont été retenus. Grâce à l’appui de l’Association Camerounaise pour le Marketing Social (ACMS), à travers le projet SAZA, 20 autres jeunes ont intégré le groupe. Le Programme national de lutte contre le paludisme a également contribué en mobilisant cinq pairs éducateurs, portant ainsi l’effectif total à 75 jeunes ambassadeurs.
Durant cette campagne, ces pairs éducateurs iront à la rencontre des jeunes dans les quartiers et autres espaces de rassemblement de Maroua et de ses environs. Leur mission sera de sensibiliser leurs camarades sur les comportements responsables, de promouvoir le dépistage volontaire et d’encourager l’adoption de bonnes pratiques de prévention. Une unité mobile de dépistage accompagnera les équipes afin d’offrir gratuitement le test du VIH aux personnes qui souhaiteront connaître leur statut sérologique.
Pour Angaye Manga Anne Marie, l’une des pairs éducatrices sélectionnées, cette responsabilité constitue un engagement citoyen.
« C’est un immense honneur d’avoir été retenue parmi les pairs éducateurs. Les jeunes écoutent plus facilement d’autres jeunes qui vivent les mêmes réalités qu’eux. Je compte m’investir pleinement pour transmettre les bons messages, sensibiliser sans juger et encourager mes camarades à adopter des comportements responsables ainsi qu’à se faire dépister. Si chacun de nous convainc quelques jeunes, nous contribuerons à réduire les nouvelles infections dans notre communauté », affirme-t-elle.
Pendant plusieurs semaines, ces 75 pairs éducateurs sillonneront les quartiers de Maroua et ses environs pour échanger avec les jeunes dans un langage simple et proche de leurs réalités. À travers cette approche de proximité, les organisateurs espèrent voir davantage de jeunes adopter des comportements responsables et recourir au dépistage volontaire, afin de passer des vacances en toute sécurité.
Réaction
Dr. Ganava Maurice, Coordonnateur Du Groupe Technique Régional de lutte contre le VIH/ SIDA pour l’Extrême-nord.
Actuellement, la prévalence du VIH/Sida dans la région de l’Extrême-Nord est de 1,5 % chez les personnes âgées de 15 ans et plus, selon les résultats des récentes enquêtes CAMFIA 2024-2025. Cette prévalence demeure relativement faible, mais elle ne doit pas conduire à un relâchement des efforts de lutte contre la maladie.
À ce jour, la file active des personnes vivant avec le VIH suivies dans la région est de 31 337 patients. Ce chiffre montre que le VIH reste une réalité et souligne l’importance de poursuivre les actions de prévention. La région s’inscrit d’ailleurs dans la dynamique d’élimination de cette pandémie à l’horizon 2030, conformément aux objectifs fixés.
La prise en charge et l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH se déroulent globalement dans de bonnes conditions. Toutefois, des difficultés persistent, notamment en ce qui concerne le suivi des patients. Les personnes sous traitement doivent réaliser régulièrement des examens de contrôle, en particulier la charge virale, qui est recommandée une fois par an. Or, il est souvent difficile de les retrouver afin qu’elles effectuent ce bilan.
Un autre défi majeur concerne la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant. De nombreuses femmes enceintes ne fréquentent pas les consultations prénatales ou s’y présentent tardivement, ce qui compromet le dépistage précoce et la prise en charge adéquate des femmes séropositives ainsi que des enfants exposés. Actuellement, le taux de fréquentation des consultations prénatales dans la région est de 67 %, ce qui signifie qu’une proportion importante de femmes enceintes échappe encore au dépistage. Si certaines d’entre elles sont porteuses du VIH sans le savoir, le risque de transmission à l’enfant demeure élevé.
Grâce à la disponibilité des traitements antirétroviraux et à l’amélioration de la qualité du suivi médical, les personnes vivant avec le VIH développent de moins en moins de complications et enregistrent une meilleure espérance de vie. Lorsqu’une personne suit correctement son traitement, elle peut mener une vie normale, tant sur le plan social que familial.
Le principal défi reste donc le dépistage précoce et la mise sous traitement. C’est dans cette optique que les campagnes de dépistage de masse sont organisées afin d’encourager la population à connaître son statut sérologique. En cas de résultat positif, un traitement gratuit est immédiatement disponible. Une bonne observance thérapeutique permet d’atteindre le principe « I = I » (Indétectable = Intransmissible). Autrement dit, une personne vivant avec le VIH qui suit correctement son traitement peut non seulement vivre normalement, mais également avoir une vie sexuelle épanouie et mettre au monde des enfants non infectés par le VIH.












































































































































































































































































