Né en 1947, cet originaire du village Dizangué, localité située dans le département de la Sanaga Maritime atteint de la lèpre depuis le bas âge, est interné à la léproserie de Dibamba depuis 1977.
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Je suis né avec ça. On dit que la lèpre n’est pas contagieuse, mais plutôt une maladie. La lèpre est une maladie. J’ai vu beaucoup d’enfants qui ont eu la lèpre à la troisième génération. J’ai eu la lèpre étant petit. J’avais entre 5 et 6 ans. À l’époque, j’avais des taches sur moi et mon père achetait le remède. Quand il me donne, je bois, des taches qui disparaissent. Je n’avais aucun accident sur moi, rien que les taches-là.
À un certain temps, quand j’ai commencé l’école, là où j’étais, il y avait une mission, on envoyait les sœurs pour nous regarder, nous donner le remède et on m’a dépisté. J’avais 15 ans. 15 ans, Ils m’ont appelé. Je suis parti à Makak. Toujours malade, je ne pouvais plus faire l’école. Je suis resté à la maison dans la précarité. Je suis venu ici en 1977. J’ai été soigné mais j’ai une plaie qui ne finit pas. Je suis guéri, du moins je ne peux plus contaminer les gens. En 1977. J’ai trouvé plus de 300 malades. Beaucoup sont décédés Je ne suis pas content, mais je suis à l’hôpital.
Les fleurs du mal
Mon père n’a pas écouté les conseils des gens. Parce que s’il écoutait les conseils la situation allait être différente. Parce que quand on découvre que tu as la maladie et que tu viens tôt, tu commences à prendre des remèdes, ça finit. J’avais mon oncle qui venait toujours au village.
Il disait à mon père, donne-moi l’enfant je vais l’amener prendre les soins. Il avait refusé de ma mère. J’étais encore petit. Donne-moi l’enfance de ma mère.
La dure réalité
Quand tu es malade, d’ailleurs même la famille ne t’accompagne plus. Tu ne restes plus avec eux. C’est comme ça toute autre vie. Tout le monde parle de toi. Tu ne peux pas rester avec tes frères et tes sœurs. Tu es seul. Quelle femme, quelle fille pouvait-elle m’accepter ainsi? Parce qu’on ne peut plus vivre avec lépreux. J’étais complètement isolé aujourd’hui j’ai 80 ans. Je n’ai pas pu fonder une famille. Je ne peux non plus rentrer dans mon village. Je ne sais même pas si na famille existe. Je suis ici, je vous l’ai depuis 1977. Cela fait 49 ans.
Un conseil
En cas de maladie. Si quelqu’un est malade, je lui dirais de venir. Parce que quand tu viens tôt, on te soigne. Om oigne la lèpre aujourd’hui. C’est une maladie qui guérit totalement. Et on peut refaire sa vie et fonder sa famille.
Recueillis par Alphonse Jéné
Comprendre la lèpre avec…Cédric Mandeng
« On guérit de la lèpre. Ce n’est pas une maladie chronique »
Il est infirmier principal en service à la Léproserie de Dibamba, un centre d’accueil spécialisé. Depuis plusieurs années, il assure la prise en charge des personnes atteintes de la lèpre.

La maladie
La lèpre c’est une maladie qui est transmise par un bacille qu’on appelle le bacille de Hansen,. Et ça existe depuis beaucoup d’années, puisqu’aujourd’hui on en trouve toujours des cas.
On n’en parle pas beaucoup
On n’en parle plus beaucoup, déjà parce qu’il y a quelques années, le ministère de la Santé et l’Oms avaient déclaré que c’était des maladies qui avaient disparu, parce qu’on n’en trouvait plus beaucoup de cas, et c’était traitable.
Et on avait plusieurs cas qu’on hospitalisait, maintenant ils sont en mesure de prendre des médicaments chez eux. Et vous allez les voir, vous ne saurez même pas, donc ce ne sont plus des maladies qu’on doit voir, puisque les gens pensaient toujours qu’on doit voir les mains coupées, les pieds coupés. Mais là maintenant, puisque c’est traitable, on traite en 8 mois, en 1 an. On ne voit plus les gens avec les doigts coupés, les pieds coupés, et donc on pense que la lèpre elle finit, mais elle existe, il y a des signes qu’on voit, des symptômes sur la peau par exemple, des petits nodules, et on n’arrive plus au cas on va voir, les mains coupées, ce qu’on appelle des séquelles de lèpre.
La transmission
C’est vrai que le mode de transmission est très mal connu. Parfois, quand on les entoure, il y a peut-être deux personnes qui nous ont dit qu’il y a eu un arrière-arrière-grand-parent qui avait la maladie. D’autres, même dans l’entourage, mais d’autres n’avaient jamais entendu parler. Ils ont constaté que je n’avais personne. Du coup, le mode de transmission est encore beaucoup mal connu. Il y a peut-être deux personnes qui ont dit qu’il y avait un arrière-arrière-grand-père. D’autres n’ont jamais été en contact avec la maladie et n’ont jamais entendu parler. Oui, c’est ce que j’ai dit.
Maladie contagieuse
C’est une maladie contagieuse, mais sur long terme. Donc pour que quelqu’un vous contamine la lèpre, il faudrait que vous vivez peut-être sur long terme ensemble, et ça se contamine avec beaucoup plus avec le contact de la peau. Ça peut prendre en moyenne même deux mois, trois mois et plus pour qu’il puisse vous contaminer
Il y a des gens qui prennent le traitement en temps, ils ne peuvent pas arriver aux séquelles, parce qu’ils prennent le traitement, ils guérissent.
Les complications
Pour les complications, on a les érythèmes, les prunes. Ce sont des sortes de boules, de modules qui sont en dessous de la peau. C’est très chaud, très douloureux, très inflammatoire et ça attaque beaucoup plus le trajet nerveux. Et alors quand les douleurs ne sont pas rapidement prises en charge, c’est la paralysie du membre. Ça peut faire tomber les doigts. On voit même parfois la cécité. Les mains qui se coupent sont souvent dues à des lésions, des blessures autres, donc ça peut aller même sur plusieurs mois, presque un an. C’est aussi une complication de la lèpre.
On n’hospitalise plus les gens
En fait, le nom Léproserie est resté, parce que c’était un centre auparavant pour des personnes atteintes de la lèpre. Mais maintenant, on dépiste des cas, on leur donne des traitements qu’ils prennent en ambulatoire. Ils prennent 9-8 mois. Mais s’il a des séquelles, peut-être comme des brûlures, des blessures, on peut l’hospitaliser pour le suivre.
Mais quand il vient avec des nouveaux symptômes, des signes au départ, on fait le diagnostic, on fait le laboratoire, on voit si c’est vraiment ça, et puis on le met sur le traitement, il vient en ambulatoire. Le traitement dure généralement 9 mois, 1 an et plus. Donc on dit qu’on n’a pas d’hospitalisation pour la lèpre ici.
On guérit de la lèpre
On guérit de la lèpre. Quand on subit son traitement. On guérit de la lèpre. Ce n’est pas une maladie chronique.
Propos recueillis par Alphonse Jènè












































































































































































































































































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