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Cameroun : Jusqu’à 30 % de la population sans eau potable

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Dans le pays, environ 70 % de la population a accès à une source d’eau potable, mais près de 3 personnes sur 10 en sont encore privées, surtout en zones rurales (52 % de couverture). Derrière ces chiffres, une réalité : l’eau insalubre reste un facteur majeur de maladies et de vulnérabilité, dans un contexte aggravé par le changement climatique et les déplacements de populations.

Un accès encore fragile et inégal

L’accès à l’eau potable progresse, mais reste profondément marqué par des disparités territoriales. En milieu urbain, la couverture atteint environ 82 %, contre à peine 52 % en zone rurale.

Dans de nombreuses localités, les populations dépendent encore de sources non sécurisées, souvent exposées à la pollution ou à l’assèchement en saison sèche. Cette situation traduit les limites des infrastructures et les défis de gouvernance du secteur.

Santé publique : l’eau au cœur des risques

L’absence d’eau potable et d’assainissement favorise la propagation de maladies hydriques comme le choléra, la diarrhée ou la typhoïde, qui touchent particulièrement les enfants.

Comme le rappelle l’UNICEF, « l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est fondamental pour le bien-être des enfants et des communautés », souligne sa représentante au Cameroun, Nadine Perrault.

Dans les formations sanitaires, l’impact est direct. « Grâce à l’eau accessible en tout temps, nous travaillons avec plus de sérénité », témoigne une sage-femme dans l’Extrême-Nord, illustrant le lien étroit entre eau et qualité des soins.

Changement climatique et crises humanitaires aggravent la situation

Sécheresses, inondations et contamination des sources d’eau perturbent l’approvisionnement, notamment dans les régions septentrionales.

Selon l’UNICEF, plus de la moitié des Camerounais pourraient faire face à des pénuries d’eau sous l’effet du réchauffement climatique, accentuant les inégalités d’accès.

Parallèlement, les crises sécuritaires entraînent des déplacements massifs de populations, mettant sous pression les ressources disponibles dans les zones d’accueil.

Des efforts en cours, mais insuffisants

Entre 2022 et 2025, plus de 216 000 personnes ont bénéficié d’un accès amélioré à l’eau potable grâce aux programmes WASH, avec la construction de forages et de systèmes d’adduction.

Pour les autorités, l’enjeu est stratégique. « Nous sommes résolus à mettre en œuvre des solutions durables pour répondre aux besoins de notre population », a déclaré le ministre de l’Eau et de l’Énergie.

Un défi majeur pour la santé et le développement

L’accès à l’eau potable reste un droit fondamental et un pilier de la santé publique. Sans eau sûre, les progrès en matière de lutte contre les maladies, de nutrition et d’éducation restent fragiles.

À l’heure où le monde célèbre la Journée mondiale de l’eau, le Cameroun est face à un impératif : accélérer les investissements et garantir un accès équitable et durable à cette ressource vitale.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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