Le symposium multisectoriel sur les maladies non transmissibles (MNT) s’est achevé à Yaoundé sur une note d’espoir et de fermeté. Entre propositions de taxation des produits nocifs et plaidoyer pour un étiquetage nutritionnel obligatoire, les acteurs de la santé et le gouvernement tracent la voie d’une riposte nationale coordonnée.
Pendant deux jours, les salles de l’Hôtel Hilton de Yaoundé ont vibré au rythme d’échanges intenses. Organisé par l’ONG RADA sous le patronage du premier ministre du Cameroun, ce symposium a réuni experts de l’OMS, représentants des ministères (Santé, Finances, Commerce) et membres de la société civile. L’objectif est clair : stopper l’hémorragie des maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension, qui gagnent du terrain au Cameroun.
Fiscalité et Étiquetage : Les deux piliers de la prévention
Face à plus de 70% de participants, le consensus est quasi, le Cameroun doit passer à l’action législative. Deux leviers principaux ont été au cœur des résolutions : premièrement l’étiquetage nutritionnel obligatoire (Front-of-Package), face à la méconnaissance des consommateurs sur la composition des produits transformés, les experts préconisent un design simple sur le devant des emballages. Il ne s’agit plus seulement d’informer, mais d’alerter le citoyen sur les teneurs excessives en sucre, sel et graisses. Deuxièmement, la Taxe Santé sur les produits ultra-transformés ; L’idée d’une taxation accrue sur les boissons sucrées a dominé les débats.
Au-delà de l’effet dissuasif sur la consommation, l’enjeu est financier. Comme l’a souligné un expert du ministère de la Santé, les ménages camerounais supportent actuellement 70% des frais de santé. La taxe permettrait de générer des ressources domestiques pour financer la prévention, réduisant ainsi la dépendance aux financements internationaux en baisse. « Il vaut mieux vivre pauvre mais en bonne santé, que riche en souffrant de maladies évitables », a martelé l’un des panélistes, rappelant que l’investissement dans le capital humain est le moteur de l’émergence.
Un instant phare : La reconnaissance des pionniers
Le moment le plus émouvant de la rencontre fut sans conteste la cérémonie de remise des prix, baptisée “L’instant phare”. RADA a tenu à honorer ceux qui ont bâti les fondations de cette lutte au Cameroun : Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, représenté lors de la session, il a reçu un prix spécial pour son patronat, marquant l’engagement de l’État à suivre de près la mise en œuvre des résolutions. Le Professeur Jean-Claude Mbagna, Pionnier de la lutte contre le diabète, son héritage a été salué par un prix d’honneur reçu en son nom par le Dr Camille MBa ; L’Honorable Peter Njume, Député à l’Assemblée Nationale, il a été récompensé pour son leadership actif et son plaidoyer sans relâche auprès du gouvernement pour une population plus saine. Le représentant du premier Ministre a également reçu un prix pour sa disponibilité. Nicole Ide (Resolve to Save Lives), témoignant de l’appui crucial du Sud Global, ce partenaire international a été honoré pour son soutien technique et financier aux initiatives locales.
L’urgence de l’action : « Ne plus attendre »
Pour RADA et ses partenaires, chaque jour d’attente se traduit par une augmentation des décès évitables. Les recommandations finales sont claires : sensibilisation à la base, éducation nutritionnelle dans les écoles et accélération du processus législatif. La lutte contre les MNT n’est plus seulement une question de santé, c’est un impératif de souveraineté économique pour le Cameroun.
L’événement s’est achevé par la distribution symbolique d’ouvrages et de remerciements, scellant une alliance durable entre la société civile et les pouvoirs publics.













































































































































































































































































Comments are closed