Les populations de la région de l’Adamaoua broient du noir face aux coupures qui perdurent. Les personnels de santé tirent la sonnette d’alarme.
L’organisation de la 33ème Coupe d’Afrique des Nations de football sur le sol camerounais avait mis un tout petit peu frein au rationnement de l’énergie électrique dans les villes et villages. Dans l’Adamaoua, du fait des matchs qui se jouaient dans la région voisine du Nord, les délestages avaient été réduits. Mais depuis la fin de la compétition, les vieilles habitudes ont repris droit de citer. Chaque jour, les heures des coupures varient 8h et 12h de temps. Une situation qui, non seulement crée des manques à gagner pour les entreprises, mais aussi sources des maladies.
Dans la ville de Ngaoundéré, les plaintes se multiplient. Des quantités importantes des denrées alimentaires se gâtent du fait des coupures intempestives. Plus d’une personne remettent en cause le calendrier des coupures de l’énergie mis à la disposition des consommateurs en début de semaine. « Le calendrier que l’entreprise en charge de la distribution de l’énergie met à notre disposition n’est pas respecté. Il est inadmissible que dans une ville comme Ngaoundéré, la lumière soit encore un luxe. On a même peur de mettre les choses au frigo, puisque ça va se gâter à cause des coupures. Les enfants se plaignent des problèmes de ventre » s’offusque Lydienne, habitante du quartier Burkina dans l’arrondissement de Ngaoundéré 1er. Comme elle, ils sont nombreux qui sont pratiquement au bout dans cette situation qui agace. « Nous sommes dépassés par les délestages. Si la Can ne se jouait pas au Cameroun, on ne devait pas profiter pendant quelques jours de stabilité de l’énergie. J’ai considérablement réduit les commandes de poisson, car avec les coupures qui sont revenues avec une durée plus étendue, je tourne à pertes » laisse entendre ce gérant de poissonnerie dans la ville de Ngaoundéré. Et d’ajouter « Quand il n y a pas d’énergie, les boissons ne peuvent pas être frais, quand c’est noir là on ne peut pas vendre puis que c’est source de maladies pour nos clients ».
Une situation qui est loin d’être sans conséquences pour la santé des populations. Les sources alternatives qu’elles sont tentées d’utiliser sont à l’origine des problèmes sanitaires. « Les groupes électrogènes utilisent des carburants qui sont des combustibles et qui polluent d’abord la nature. Imaginez qu’on utilise un groupe électrogène dans une concession et que les même habitants respirent cette aire, dont ça veut dire que sur le plan sanitaire le risque n’est pas dehors parce que la pollution des gaz carboniques surtout on a les problèmes respiratoires » explique Dr. Homessé Pascal, médecin généraliste. Au-delà des maladies respiratoires, les bruits produits par ces générateurs sont aussi sources de maladie, « L’autre problème c’est la sonorisation, le bruit est un gros facteur, quand on utilise le groupe électrogène, on est perturbé, le cerveau n’est pas tranquille ça veut dire que ça peut créer des insomnies chez certains personnes, surtout pour les élèves en ce moment où ils préparent les évaluations de la 4ème séquence (Ndlr) conclut il. Pourtant, le démantèlement de la centrale thermique d’Ahala à Yaoundé, réinstallée à Ngaoundéré était censé injecter une bonne quantité, soit 25 mégawatts dans le Rin (Réseau Interconnecté Nord). Depuis décembre 2020, les populations continuent d’attendre les 25 mégawatts du ministre de l’eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba.
Par Jean BESANE MANGAM












































































































































































































































































Comments are closed