Le pavillon scolaire Chantal Biya (PSCB) accueille les enfants autistes de la maternelle au primaire dans un cadre inclusif, tandis qu’un cabinet d’orthophonie prend en charge les troubles du langage.
Face à la pénurie de spécialistes, l’Institut Privé d’enseignement supérieur (IPES) du Centre Orchidée Home forme depuis plusieurs années des orthophonistes, ergothérapeutes et éducateurs spécialisés.
Créé en 2005 à Douala par Marie Mélanie Bell, mère d’un jeune adulte autiste, le Centre Orchidée Home (COH) est une Œuvre sociale privée (OSP) reconnue d’utilité publique par décret présidentiel en 2017.
Alors que le monde célèbre ce 2 avril 2026 la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, une structure camerounaise se distingue par son combat inlassable. Le Centre Orchidée Home (COH), reconnu d’utilité publique, incarne depuis 2005 un modèle unique de prise en charge : de l’éducation inclusive à l’insertion professionnelle par le travail, en passant par la formation des spécialistes. En écho au thème mondial 2026 – « Autisme et humanité – Chaque vie a de la valeur », retour sur un parcours exemplaire porté par une mère déterminée.
« En cette Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, nous célébrons la dignité et la valeur intrinsèques de toutes les personnes autistes. » Par ces mots, António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, ouvre son message pour l’édition 2026. Une déclaration qui résonne avec force au Cameroun, où l’accès aux soins et à l’éducation pour les personnes autistes reste un défi majeur.
Pourtant, depuis 21 ans, une structure fait figure de pionnière : le Centre Orchidée Home (COH). Créée en 2005 à Douala par Marie Mélanie Bell, mère d’un jeune adulte autiste, cette Œuvre sociale privée (OSP) a été élevée au rang d’établissement d’utilité publique par décret présidentiel en 2017. Un parcours né d’une urgence personnelle. « En tant que maman, j’ai cherché pendant des années des écoles ou structures de prise en charge de l’autisme dans notre pays. Je n’ai pas trouvé », confie la présidente fondatrice. Après une expérience en France, elle décide de créer sa propre structure, soutenue par le Lions club.
Un parcours continu pour l’inclusion
Aujourd’hui, le COH propose une prise en charge globale. Le pavillon scolaire Chantal Biya (PSCB) accueille les enfants autistes dans une école maternelle et primaire inclusive. Un cabinet d’orthophonie traite les troubles du langage. Et pour répondre au manque criant de professionnels, l’Institut Privé d’enseignement supérieur (IPES) du centre forme depuis plusieurs années des orthophonistes, ergothérapeutes et éducateurs spécialisés.
Mais l’innovation majeure reste l’ESAT GT (Établissement et Service d’Aide par le Travail), premier du genre au Cameroun. Destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, il propose une initiation professionnelle à travers des « Ateliers de l’Espoir » : cuisine, poterie, peinture, couture, perlage. « Les jeunes à l’ESAT ne sont pas des salariés, ils sont des apprentis. L’entrée est gratuite. Pour les motiver, ils reçoivent une indemnité mensuelle d’apprentissage », explique Marie Mélanie Bell. Chaque candidat doit être titulaire d’une carte d’invalidité délivrée par le MINAS et justifier d’aptitudes validées par un médecin.
« L’inclusion par le travail, c’est la valorisation des talents »
L’ESAT GT garantit une égalité des chances aux apprenants, avec un contrat de soutien et d’aide par le travail, un suivi médical, éducatif, social et psychologique. « Tout enfant avec autisme qui a la chance d’avoir des parents impliqués arrive à ce niveau », affirme la fondatrice. Un message d’espoir qui résonne avec le thème de cette année : « Autisme et humanité – Chaque vie a de la valeur ». Le Centre Orchidée Home ne se contente pas d’accompagner. Il forme les professionnels de demain, contribue à changer le regard sur la neurodiversité et appelle de ses vœux une mobilisation nationale. « Nous souhaitons un “Plan Autisme Cameroun”, qui recense tous les problèmes, la formation des professionnels et des parents, l’ouverture des centres de diagnostic dans les dix régions, et l’octroi d’aides aux parents », martèle Marie Mélanie Bell.
En cette journée mondiale, l’ONU rappelle que « les personnes autistes apportent des talents, des perspectives et des contributions qui rendent le monde meilleur ». Et que « grâce à une éducation égale, à un emploi équitable et à des systèmes de santé accessibles, nous pouvons garantir aux personnes autistes les opportunités qu’elles méritent. »
Au Cameroun, le centre Orchidée Home prouve depuis 2005 que c’est possible. Mais pour que l’exemple devienne la règle, les pouvoirs publics sont attendus. « Un nouveau jour se lèvera dans notre pays quand nous, parents, verrons ce Plan Autisme Cameroun sortir des cendres », conclut Marie Mélanie Bell. En attendant, les « Ateliers de l’espoir » continuent de tourner, offrant à chaque jeune autiste la chance de montrer que sa vie, sa compétence, compte. Alors que le monde célèbre ce 2 avril 2026, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, une structure camerounaise se distingue par son combat inlassable.
Le Centre Orchidée Home (COH), reconnu d’utilité publique, incarne depuis 2005 un modèle unique de prise en charge : de l’éducation inclusive à l’insertion professionnelle par le travail, en passant par la formation des spécialistes. En écho au thème mondial 2026 – « Autisme et humanité – Chaque vie a de la valeur » – retour sur un parcours exemplaire porté par une mère déterminée. « En cette Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, nous célébrons la dignité et la valeur intrinsèques de toutes les personnes autistes ». Par ces mots, António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, ouvre son message pour l’édition 2026. Une déclaration qui résonne avec force au Cameroun, où l’accès aux soins et à l’éducation pour les personnes autistes reste un défi majeur.
Pourtant, depuis vingt‑et‑un an, une structure fait figure de pionnière : le Centre Orchidée Home (COH). Créée en 2005 à Douala par Marie Mélanie Bell, mère d’un jeune adulte autiste, cette Œuvre sociale privée (OSP) a été élevée au rang d’établissement d’utilité publique par décret présidentiel en 2017. Un parcours né d’une urgence personnelle. « En tant que maman, j’ai cherché pendant des années des écoles ou structures de prise en charge de l’autisme dans notre pays. Je n’ai pas trouvé », confie la présidente fondatrice. Après une expérience en France, elle décide de créer sa propre structure, soutenue par le Lions club.
Un parcours continu pour l’inclusion
Aujourd’hui, le COH propose une prise en charge globale. Le Pavillon Scolaire Chantal Biya (PSCB) accueille les enfants autistes dans une école maternelle et primaire inclusive. Un cabinet d’orthophonie traite les troubles du langage. Et pour répondre au manque criant de professionnels, l’Institut Privé d’Enseignement Supérieur (IPES) du centre forme depuis plusieurs années des orthophonistes, ergothérapeutes et éducateurs spécialisés.
Mais l’innovation majeure reste l’ESAT GT (Établissement et Service d’Aide par le Travail), premier du genre au Cameroun. Destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, il propose une initiation professionnelle à travers des « Ateliers de l’Espoir » : cuisine, poterie, peinture, couture, perlage. « Les jeunes à l’ESAT ne sont pas des salariés, ils sont des apprentis. L’entrée est gratuite. Pour les motiver, ils reçoivent une indemnité mensuelle d’apprentissage », explique Marie Mélanie Bell. Chaque candidat doit être titulaire d’une carte d’invalidité délivrée par le MINAS et justifier d’aptitudes validées par un médecin.
« L’inclusion par le travail, c’est la valorisation des talents »
L’ESAT GT garantit une égalité des chances aux apprenants, avec un contrat de soutien et d’aide par le travail, un suivi médical, éducatif, social et psychologique. « Tout enfant avec autisme qui a la chance d’avoir des parents impliqués arrive à ce niveau », affirme la fondatrice. Un message d’espoir qui résonne avec le thème de cette année : « Autisme et humanité – Chaque vie a de la valeur ». Le Centre Orchidée Home ne se contente pas d’accompagner. Il forme les professionnels de demain, contribue à changer le regard sur la neurodiversité et appelle de ses vœux une mobilisation nationale. « Nous souhaitons un “Plan Autisme Cameroun”, qui recense tous les problèmes, la formation des professionnels et des parents, l’ouverture des centres de diagnostic dans les dix régions, et l’octroi d’aides aux parents », martèle Marie Mélanie Bell.
En cette Journée mondiale, l’ONU rappelle que « les personnes autistes apportent des talents, des perspectives et des contributions qui rendent le monde meilleur ». Et que « grâce à une éducation égale, à un emploi équitable et à des systèmes de santé accessibles, nous pouvons garantir aux personnes autistes les opportunités qu’elles méritent. »
Au Cameroun, le Centre Orchidée Home prouve depuis 2005 que c’est possible. Mais pour que l’exemple devienne la règle, les pouvoirs publics sont attendus. « Un nouveau jour se lèvera dans notre pays quand nous, parents, verrons ce Plan Autisme Cameroun sortir des cendres », conclut Marie Mélanie Bell. En attendant, les « Ateliers de l’Espoir » continuent de tourner, offrant à chaque jeune autiste la chance de montrer que sa vie, sa compétence, compte.
Elvis Serge NSAA
« L’accompagnement de l’autisme doit devenir une préoccupation gouvernementale »

Fondatrice du Centre Orchidée Home (COH) et mère d’un jeune adulte autiste, Marie Mélanie Bell a bâti en vingt et un ans un véritable écosystème dédié à l’autisme à Douala : école inclusive, cabinet d’orthophonie, institut de formation supérieure et premier ESAT du pays. Dans cet entretien, elle dresse un bilan sans concession des avancées et des blocages structurels, et lance un appel aux pouvoirs publics pour l’adoption d’un Plan Autisme national qui sorte enfin l’accompagnement du seul engagement associatif.
Qui est madame Marie Mélanie BELL ?
Je suis la maman de Luc Olivier, un jeune avec autisme de 37 ans, et Présidente fondatrice du Centre Orchidée Home, une Œuvre sociale privée (OSP) créée par arrêté du MINAS en 2005.
Madame Bell, vous êtes à la tête du Centre Orchidée Home et de l’ESAT GT du COH depuis plusieurs années. Pouvez-vous nous rappeler le parcours qui vous a conduite à vous engager personnellement aux côtés des personnes autistes et de leurs familles ?
En tant que maman, j’ai cherché pendant des années des écoles ou structures de prise en charge de l’autisme dans notre pays, dès la petite enfance de mon fils, mais malheureusement je n’ai pas trouvé. J’ai fini par l’inscrire dans un IME (institut médico-éducatif) en France, mais n’étant pas française, il n’y a passé qu’un an, l’accompagnement coûtait 3000 euros par mois. Ayant donc pu voir comment l’accompagnement de ces enfants se passait en France, une fois rentrée j’ai acheté un terrain, créé une association et, soutenue par le Lions club, nous avons construit le COH et obtenu l’arrêté ministériel pour démarrer.
Parce que les enfants avec autisme bien accompagnés par les professionnels de l’autisme évoluent bien, nous avons construit par la suite une école maternelle et primaire inclusive, baptisée « Pavillon Scolaire Chantal BIYA, le PSCB », pour remercier la Première dame de son implication dans le combat pour l’éducation spécialisée et inclusive des enfants autistes depuis 2009.
Après le PSCB, nous avons ouvert un cabinet d’orthophonie pour la prise en charge des troubles du langage des enfants avec autisme, le déficit de communication étant le déficit le plus lourd chez ces enfants. Pour cela, nous avons dû offrir une bourse de trois ans à une jeune licenciée en psychologie pour une spécialisation en orthophonie.
Au vu du manque criard de professionnels chez nous, nous avons ouvert, avec l’autorisation du MINESUP, un IPES (Institut Privé d’Enseignement Supérieur) qui forme à trois licences professionnelles les intervenants dont on a besoin pour l’accompagnement des enfants avec autisme. Et pour conclure, nous avons ouvert il y a trois ans le tout premier ESAT, un établissement qui assure l’initiation professionnelle des jeunes adultes avec autisme à différents métiers (poterie, cuisine, peinture, couture, métier à tisser) sur arrêté du MINAS.
Le thème mondial de cette année insiste sur l’idée que « chaque vie a de la valeur ». En quoi cette affirmation résonne-t-elle particulièrement avec la réalité des personnes autistes au Cameroun, souvent confrontées à l’incompréhension et à la marginalisation ?
Oui, la marginalisation et l’exclusion de ces enfants sont une grosse erreur. Le SG des Nations unies, dans ce message, nous invite « à célébrer la dignité et la valeur de toutes les personnes avec autisme ; quelles que soient nos différences, nous sommes membres de la famille humaine et avons droit à l’ensemble des droits humains ». Moi, je rajoute : les enfants avec autisme ont droit à l’éducation au premier chef. Un enfant avec autisme pris en charge précocement devient un élève modèle, qui apprend un métier et vit de son métier. C’est pour cela que je rappelle ici le thème de cette année : « Autisme et humanité, chaque vie compte, chaque vie a de la valeur ».
Votre structure propose un modèle d’accompagnement encore peu connu : l’ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail). Pouvez-vous expliquer en quoi ce statut médico-social, qui n’est pas un contrat de travail classique, permet une meilleure inclusion des jeunes autistes ?
Ce modèle est peu connu peut-être, mais il est bien connu du Ministère des Affaires sociales qui délivre les autorisations ou arrêtés. C’est le peu d’implication des parents et des administrations concernées dans l’accompagnement des enfants avec autisme qui les surhandicape. Un enfant qui a suivi un parcours psycho-éducatif de qualité avec une équipe pluridisciplinaire de professionnels arrive à de tels résultats.
Les jeunes à l’ESAT ne sont pas des salariés, ils sont des apprentis qui viennent après un ou deux métiers, voire plus ; l’entrée est gratuite. Mais pour les motiver, ils reçoivent une indemnité mensuelle d’apprentissage. Tout enfant avec autisme qui a la chance d’avoir des parents impliqués arrive à ce niveau.
Quelles sont, concrètement, les principales difficultés que rencontrent les familles d’enfants autistes à Douala et au Cameroun en matière de diagnostic précoce, d’accès aux soins et de scolarisation ?
La première difficulté est la rareté des centres de diagnostic médical dans les hôpitaux publics, car le diagnostic médical est la première étape. Ce diagnostic est assuré par des médecins (pédiatre, neuropédiatre, pédopsychiatre, etc.). Quelques rares hôpitaux disposent de ces professionnels. Et quand le diagnostic est posé, ces hôpitaux ne disposent pas du tout de structures d’accompagnement. Quelques rares professionnels ayant des compétences pointues sur l’autisme et les méthodes d’accompagnement n’existent que dans le privé, avec des tarifs plus ou moins abordables ; les compagnies d’assurance ne remboursent pas toujours la prise en charge de ce handicap, même quand les parents sont assurés.
La scolarisation de ces enfants est, dans la majeure partie des cas, inexistante. Les enseignants ne sont pas formés à l’intégration de ces enfants dans les salles de classe ordinaires. Le peu d’exemples qui existent sont privés.
Vos ateliers, que vous avez nommés « Les Ateliers de l’Espoir », visent à valoriser les compétences uniques des apprenants. Quels types de métiers ou de savoir-faire y développez-vous, et comment évaluez-vous les progrès des jeunes accueillis ?
Nous appelons les différents ateliers d’apprentissage « Ateliers de l’Espoir » parce que, comme le disent les Nations Unies, « chaque vie a de la valeur, chaque compétence compte ». Nous avons sept ateliers (pisciculture, métier à tisser, perlage, couture, poterie, cuisine, peinture) mais, pour l’instant, faute de moyens pour payer les artisans, seuls quatre sont ouverts : les ateliers cuisine, poterie, peinture, couture et perlage. Nos apprenants sont sélectionnés sur la base de leur niveau de socialisation et de leur compétence psychoéducative ; ils évoluent bien parce qu’ils aiment ce qu’ils apprennent, surtout à l’atelier cuisine.
L’un des piliers de votre approche est l’accompagnement vers l’autonomie socio-professionnelle. Quels sont, selon votre expérience, les facteurs clés qui permettent à un jeune autiste de gagner en indépendance ?
Tout part de son parcours psychoéducatif : un enfant qui a eu un bon accompagnement à la base et qui possède de bonnes compétences dans les domaines de la propreté, de la motricité fine et globale, de la socialisation et de la communication apprend avec beaucoup d’aisance. Il écoute, suit les consignes, exécute les demandes et apprécie la compagnie de ses pairs et des adultes.
Dans votre document de présentation, vous précisez que l’ESAT GT garantit « une égalité des chances aux apprenants ». Comment cette promesse se traduit-elle dans le quotidien des jeunes accueillis, notamment en termes d’indemnisation, de suivi médical et de soutien psychologique ?
À l’ESAT, tout apprenant arrive avec un certificat médical qui atteste de sa bonne santé sur tous les plans et autorise une telle insertion. Il dispose de sa carte d’invalidité. Quand un souci d’ordre médical est repéré, nous avons des médecins bénévoles qui interviennent en premier si les parents n’y trouvent pas d’inconvénients. Les heures de travail sont fixes, les absences doivent être justifiées par les parents, puisque les artisans sont là tous les jours, et les apprenants travaillent par rotation dans chaque atelier.
Le message du Secrétaire général des Nations unies pour 2026 met en garde contre la résurgence de « préjugés néfastes » qui compromettent les progrès accomplis. Avez-vous personnellement constaté un recul ou des résistances dans l’acceptation de la neurodiversité ces dernières années au Cameroun ?
Notre pays n’est pas le bon exemple, puisque la prise en charge de l’enfant avec autisme n’est pas encore organisée chez nous. Les administrations concernées (MINSANTE, MINEDUB, MINAS, MINPROFF, MINESUP) doivent travailler ensemble pour mettre en place un premier Plan Autisme Cameroun, car l’accompagnement de la personne avec autisme doit devenir une préoccupation gouvernementale. Tant que l’autisme restera le problème de quelques associations et OSP, nos enfants sont condamnés à l’oubli ; seuls les parents ayant un peu de moyens pourront sauver leur enfant.
Vous célébrez cette année vingt et un (21) ans d’existence pour votre structure (2005-2026). Quel bilan tirez-vous de ce parcours, et quels sont les projets ou les besoins prioritaires pour l’avenir ?
Nous avons un bilan élogieux sans conteste. Le COH a été reconnu d’utilité publique par un décret présidentiel en 2017, une reconnaissance suprême, et cela grâce aux administrations qui nous ont accordé les arrêtés ministériels pour fonctionner. Mais le cas du COH et de ses établissements est un cas isolé. À la base, je suis chef d’entreprise ; le COH dépose son bilan aux impôts chaque année, on ne peut pas demander ma force de travail à chaque parent.
Commencé en 2005 par la prise en charge des enfants avec autisme, aujourd’hui les établissements du COH forment entre autres en Licence Pro les orthophonistes, les ergothérapeutes et les éducateurs spécialisés, contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité de la prise en charge des enfants. Nous sommes devenus un véritable partenaire de l’État en matière de prise en charge de l’autisme. Mais c’est réellement l’implication totale des administrations elles-mêmes qui fera bouger les lignes, et c’est cela notre vrai espoir en tant que parent.
Enfin, si vous aviez un message à adresser aux pouvoirs publics, aux entreprises privées et à l’ensemble de la société camerounaise pour que l’inclusion des personnes autistes devienne une réalité tangible, quel serait-il ?
Mon message de fin est : nous souhaitons un « Plan Autisme Cameroun » qui recense tous les problèmes, la formation des professionnels et des parents, l’ouverture des centres de diagnostic et de prise en charge dans les grands hôpitaux des dix régions, une réforme du cursus de formation des ENIEG pour que les enseignants soient formés au repérage précoce des troubles autistiques, et enfin l’octroi d’aides aux parents d’enfants avec autisme.
Un nouveau jour se lèvera dans notre pays quand nous, parents, verrons ce Plan Autisme Cameroun sortir des cendres.













































































































































































































































































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