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PANORAMA

Paludisme : 36% de motifs de consultation en 2025 dans l’Adamaoua.

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Ces chiffres sont du docteur Nadine Fando, coordonnateur régional du programme national de lutte contre le paludisme. Une incidence qui fait de cette maladie, l’une des plus inquiétante chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes.

Dans cette partie du pays, le paludisme, malgré les efforts des pouvoirs publics et de ses partenaires, continue d’être l’une des premières causes de consultations dans les formations sanitaires de l’Adamaoua. Dans presque toutes les formations sanitaires, cette maladie est pointée du doigt comme principale cause de consultations et d’hospitalisation. C’est le cas de l’Hôpital régional de Ngaoundéré où au premier semestre de 2025, le paludisme occupait le haut du tableau de consultation, soit 13% des cas de consultation, loin devant les accidents de la voie publique et les pathologies liées à la santé de la femme qui enregistrent chacun 7%. Ce qui fait du palu, une menace sérieuse pour la santé.

Une lutte multifacette

Pour lutter contre cette maladie, plusieurs moyens sont déployés. En première ligne de la lutte, la distribution des Moustiquaires Imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (Milda). « La Milda est un moyen préventif et comme autre moyen préventif chez la femme enceinte et le nourrisson, nous avons le traitement préventif intermittent dans les services de consultation prénatale pour la femme enceinte. Le traitement préventif intermittent ou, j’ai envie de dire, la chimio-prévention pérenne chez le nourrisson dans les services de vaccination », précise Nadine Fando, sans rappeler que les services de vaccination de routine mettent à la disposition des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans, des Milda même hors campagne de distribution.

Pour les populations en général, la lutte est plutôt orientée contre les gites des larves des moustiques. « Nous avons l’utilisation de la pulvérisation intra domiciliaire, les grillages aux portes et aux fenêtres de leur maison pour empêcher les moustiques d’entrer dans leur domicile. Il est aussi important de veiller à l’assainissement de son environnement pour éliminer les gîtes lavées et même de couvrir tous les récipients d’eau », insiste-t-elle. Malheureusement, en dépit de ces efforts déployés, les moustiquaires imprégnées se trouvent facilement un autre usage en communauté. Certaines sont vites transformées en filet de pêche ou même des barrières sur les cultures dans les concessions. « Même si l’insecticide de la Milda n’est plus présent, la moustiquaire constitue une méthode barrière et peut empêcher les moustiques d’entrer », fait savoir Daouda, agent de santé communautaire. D’autres acteurs impliqués dans la lutte vont plus loin en préconisant des sanctions. « Les habitudes ont la peau dure et je pense qu’il faut appliquer les méthodes fortes, la sanction de toute personne prise en flagrant délit d’utilisation de la Milda comme outil de pêche » propose Joseph Mouafo, père de famille. Mohamadou Sani, maire de Ngaoundal pour sa part, appelle à la responsabilité des tous par l’hygiène environnementale. « Il n’y a pas de santé sans assainissement du cadre de vie ». Sa proposition trouve tout son sens dans la mesure où Ngaoundal fait partie des districts de santé retenu depuis 2024 pour l’introduction de la vaccination contre cette maladie.

Encadré

Quelques chiffres sur le paludisme dans l’Adamaoua en 2025.

Le paludisme a constitué 36% des motifs de consultation dans les formations sanitaires de la région de l’Adamaoua. En termes d’incidence, on a pu rapporter 107 cas de paludisme pour 1 000 habitants et 9 décès pour 100 000 habitants en ce qui concerne la mortalité. On peut même dire qu’il a légèrement diminué par rapport à l’année 2024, où nous étions à 112 cas de paludisme pour 1 000 habitants. Mais nous avons connu une réduction de l’ordre de 45% des cas de décès. Jusqu’à l’année dernière, nous étions à 18 cas de décès, 17 cas de décès et 7 cas de paludisme.

Au moment où les pouvoirs publics déploient de mécanismes de lutte contre cette maladie, l’implication des acteurs locaux et des collectivités territoriales décentralisées est de plus en plus attendue, en termes d’appui aux comités des quartiers et des villages pour la lutte contre les gîtes des moustiques.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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