Face à la vulnérabilité persistante dans plusieurs localités de la région, la Croix-Rouge Camerounaise met en place des mécanismes participatifs pour accompagner 3 000 ménages affectés par l’insécurité alimentaire.
Dans les départements du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone-et-Chari, les localités de Mokolo, Mora, Makary et Mada vivent au rythme des crises. Entre aléas climatiques, inondations, sécheresses récurrentes et insécurité, les populations paient unlourd tribut, avec des moyens de subsistance fragilisés et un accès limité aux ressources de base. C’est dans ce contexte que la Croix-Rouge Camerounaise, avec l’appui de ses partenaires, déploie le projet d’appel d’urgence pour répondre à l’insécurité alimentaire. L’initiative vise à assister 3 000 ménages vulnérables, identifiés comme étant les plus affectés par ces chocs successifs. Mais au-delà de l’aide matérielle, l’organisation humanitaire entend placer les communautés au cœur du dispositif d’intervention. Pour y parvenir, la mise en place de comités communautaires de gestion des plaintes et retours d’information, ainsi que des comités de ciblage, a été engagée.
Sur le terrain, les bénévoles locaux, appuyés par des équipes venues du siège de la Croix-Rouge Camerounaise, ont sillonné les villages pour rencontrer les populations. Ces échanges ont permis non seulement de présenter le projet, mais surtout d’impliquer directement les bénéficiaires dans son processus de mise en œuvre. Une approche qui rompt avec les pratiques descendantes souvent critiquées dans les interventions humanitaires. Les comités de gestion des plaintes et retours d’information constituent un canal privilégié pour recueillir les préoccupations des communautés. Ils offrent aux bénéficiaires un espace d’expression, où chacun peut signaler d’éventuelles irrégularités, formuler des suggestions ou encore partager ses attentes. Ce mécanisme vise à prévenir les frustrations et à renforcer la confiance entre les populations et les acteurs humanitaires.
Parallèlement, les comités de ciblage jouent un rôle clé dans l’identification des ménages bénéficiaires. Composés de membres issus des communautés elles-mêmes, ils garantissent une meilleure connaissance du terrain et des réalités locales. Cette proximité permet d’éviter les erreurs d’exclusion ou d’inclusion, souvent sources de tensions dans les zones d’intervention. Pour la Croix-Rouge Camerounaise, cette démarche s’inscrit dans une logique de redevabilité. Il ne s’agit plus seulement d’apporter une aide, mais de le faire de manière transparente, en rendant compte aux populations concernées. En intégrant ces dernières dans les processus décisionnels, l’organisation renforce la légitimité et l’efficacité de ses actions. Sur le plan social, cette approche participative contribue également à renforcer la cohésion au sein des communautés. En travaillant ensemble à l’identification des besoinset au suivi des activités, les populations développent un sentiment d’appropriation du projet. Un facteur déterminant pour assurer la durabilité des actions engagées. Dans un contexte où les crises tendent à se multiplier dans la région de l’Extrême-Nord, ce type d’initiative apparaît comme une réponse adaptée. En misant sur l’écoute, la transparence et l’implication communautaire, la Croix-Rouge Camerounaise ne se contente pas de répondre à l’urgence : elle pose les bases d’une intervention plus inclusive et résiliente.












































































































































































































































































