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Marche sportive : l’ONG Mori’sChild Foundation mobilise près de 300 personnes

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Portée par une puissante synergie communautaire et institutionnelle, cette mobilisation majeure du « Septembre en Or » tenue le samedi 26 septembre 2026 à Yaoundé visait à briser les tabous, faciliter l’accès aux soins et insuffler un nouvel espoir de guérison à chaque enfant atteint de cancer à travers le pays.

Le samedi 26 septembre 2026, le Monument de la Réunification de Yaoundé a servi de point de départ à une marche sportive et citoyenne d’envergure, menée par l’ONG Mori’sChild Foundation dans le cadre du « Septembre en Or », mois de sensibilisation aux cancers pédiatriques. Près de 300 participants civils, partenaires, professionnels de la santé et une forte mobilisation des forces de maintien de l’ordre se sont élancés à travers les artères de la capitale pour un parcours menant de la Poste centrale au carrefour Elig Essono et au quartier Fouda, jusqu’à l’esplanade du stade omnisports, rythmés par l’animation de moniteurs dévoués. Loin d’être présentés comme malades, les enfants mobilisés ont marché en véritables porte-voix pour leurs frères et sœurs hospitalisés ou en traitement, entonnant en chœur ce message fort et fédérateur repris par toute l’assistance : « Le Cameroun se lève. Parce que chez nous en Afrique, l’enfant est l’enfant de la communauté. Ensemble, nous pouvons vaincre le cancer de l’enfant ».

Briser les tabous et vaincre l’ignorance

Créée en 2021, l’ONG Mori’sChild Foundation combat l’ignorance, l’errance thérapeutique et l’indigence financière afin d’améliorer la qualité de vie des enfants malades et d’augmenter leurs chances de guérison, s’appuyant sur cinq années d’actions et plus de 400 enfants enregistrés et aidés. Interrogée sur le terrain, la Pr. Angèle Pondy, chef de service d’hémato-oncologie pédiatrique au Centre mère et enfant de la Fondation Chantal Biya, a tenu à clarifier la nature de la maladie : « Le cancer pédiatrique ne se prévient pas. Il se soigne précocement. C’est pas comme des maladies. On va dire que je vais prévenir la pneumonie, une pneumonie parce que je vais peut-être faire le vaccin contre le pneumo 23, je vais prévenir le cancer. L’enfant pour qui nous marchons aujourd’hui parce que c’est courant, on peut l’avoir, mais on doit le diagnostiquer précocement et on va le traiter. C’est pour ça que nous marchons aujourd’hui ».
Insistant sur la vigilance face aux symptômes persistants, elle a ajouté : « Les signes d’alerte sont comme la plupart de toutes les maladies de l’enfant. La fièvre, les maux de tête, l’anémie, la douleur, donc tout ce qui persiste par le traitement de tous les jours. Je vais soigner le palud, mais il continue à chauffer. Je dois être inquiet. Chaque type de cancer d’enfant a un symptôme fréquent qui ressemble à des maladies courantes. C’est pour ça que nous disons qu’il faut diagnostiquer précocement et on va avoir la guérison et ils vont rentrer à l’école ». Un constat partagé par le Dr Glenn Mbah, coordinateur à World Child Cancer, qui a affirmé avec conviction : « Nous voulons dire à nos camarades camerounais que le cancer des enfants est une réalité. Les enfants ont du cancer, même dans notre pays. Mais il y a aussi une solution pour les enfants qui ont du cancer dans notre pays. Le traitement est disponible. C’est disponible ici, à Yaoundé, à l’hôpital de la Fondation Chantal Biya. Et le traitement est efficace. C’est principalement efficace quand le cancer est diagnostiqué tôt ». Il a également lancé un appel direct au personnel soignant de première ligne : « Nous voulons vraiment que nos gens voient que lorsqu’un enfant est malade, il doit aller à un hôpital pour être vérifié. Et nous remercions nos collègues à l’hôpital qu’ils doivent aussi penser au cancer quand ils voient des enfants qui ont des symptômes de maladie. Parce que parfois, ça peut être les choses habituelles, mais parfois, ça peut être le cancer ».

Des actions concrètes pour redonner espoir

Pour remplir sa mission, l’ONG structure son action autour de six axes majeurs : la sensibilisation des populations pour un diagnostic précoce, l’accès direct à la chimiothérapie et au matériel de soins, l’encouragement aux dons de sang, plaquettes et moelle osseuse, la poursuite du cursus scolaire des patients de la maternelle à la terminale grâce à la Happy Class (l’école à l’hôpital) qui compte 53 élèves et 4 diplômes officiels obtenus depuis 2024, le soutien psychologique des enfants et de leurs parents à toutes les étapes, ainsi que le renforcement du suivi post-cancer pour éviter les récidives et minimiser les séquelles.

L’initiative « 100 FCFA pour un sourire-Guérison»

Parce que tout le monde ne peut pas assumer seul le coût d’un traitement lourd, l’initiative « 100 FCFA pour un Sourire-Guérison » rappelle que chacun peut participer à son échelle en versant 100 FCFA par mois pour contribuer à l’espoir de guérison d’un enfant. Une solidarité poignamment illustrée par les mots de Max, âgé de 18 ans : « J’ai été victime du cancer et je l’ai vaincu grâce au suivi des médecins et au soutien de ma famille. Aujourd’hui, je soutiens l’initiative de l’ONG Mori’s child. Nous devons déposer 100 francs FCFA pour soutenir les enfants pour une guérison ».Un témoignage vibrant qui appelle tout un chacun à s’unir derrière l’ONG Mori’s Child pour soutenir les jeunes patients.

Une synergie d’acteurs engagés

Cette édition des Golden Street Walkers met en lumière la force d’un réseau partenarial institutionnel et médical engagé aux côtés de l’ONG Mori’s Child Foundation, incluant le Ministère de la Santé publique, le Comité national de lutte contre le cancer, le GCOP, World Child Cancer, le St. Jude Children’s Research Hospital, ainsi que Canal+, Source du Pays, et les structures de prise en charge spécialisées telles que la Fondation Chantal Biya, le Mbingo Baptist Hospital de Bamenda, l’Hôpital protestant de Ngoubela à Tibati et Alternative Santé, rappelant ainsi que la lutte contre le cancer de l’enfant est une responsabilité collective.  

Réactions

« Plus de 1500 enfants atteints de cancer, pris en charge au Cameroun »

Dr Florence Kakanou Zeh, Secrétaire Permanente du Comité national de lutte contre le cancer.

« Il faut dire que pour la prise en charge, si nous voulons parler des structures hospitalières avec la collaboration de toutes les parties prenantes, nous avons mis en place un réseau pour la prise en charge des cancers pédiatriques afin que ceux dont on réfère soient pris en charge rapidement. Au niveau du Cameroun, nous avons deux formations sanitaires, la Fondation Chantal Biya qui s’occupe des enfants et l’hôpital Bingo Baptiste, qui sont les formations d’excellence pour le moment parce qu’il y a une évaluation qui a été faite à cet effet. Maintenant, les formations sanitaires satellites. Nous avons des formations sanitaires à l’Extrême-Nord, Meskine. Nous avons à l’Adamaoua, Gaoubela. Nous avons aussi au niveau du littoral et aussi au niveau de Yaoundé et donc toutes les autres régions qui sont des formations sanitaires de catégorie 1 à 2 qui sont un peu des formations sanitaires satellites. Dès qu’ils trouvent un cas, ils réfèrent immédiatement au niveau de ces deux formations dont j’ai parlé. Parce que pour la prise en charge des cancers, il faut centraliser les expertises afin que le suivi soit très bien et de qualité. Parce que si on éparpille les expertises, à la fin, il n’y aura pas un bon suivi et les patients seront référés au fur et à mesure d’une expertise à une autre. Pour le moment, nous avons quand même déjà plus de 1500 enfants qui sont pris en charge. Cette marche nous donne l’espoir. Mais nous aimerions surtout que ceux qui vont nous écouter, ceux qui vont nous voir, nous apportent plus d’étoiles d’espoir afin que nous puissions le transmettre aux enfants et aux familles qui sont touchées par les cancers pédiatriques ».

« Le cancer de l’enfant existe et se soigne effectivement au Cameroun »

Ruth Grâce Ngo Nyobe, Présidente Fondatrice de l’ONG Mori’sChild Foundation.
 

« Le mois de septembre est le mois international dédié à la sensibilisation sur le cancer pédiatrique. Cette marche s’inscrit dans le cadre de ces activités. Nous avons pensé qu’il était impératif pour nous de sortir des salles d’hospitalisation pour aller à la rencontre de la communauté. Nous avons pensé aller, par exemple, au monument de la Réunification. Parce que chez nous, en Afrique, l’enfant est l’enfant de la communauté. Et en allant au Monument de la Réunification, qui porte toute sa symbolique, c’est le Cameroun qui se lève pour ses enfants, pour ces enfants atteints de cancer. Ton enfant, c’est mon enfant, c’est l’enfant du voisin. Alors, il est nécessaire que chacun de nous sache que le cancer de l’enfant le concerne. Le combat mérite qu’on continue parce qu’on a à côté de nous une équipe professionnelle. Mori’sChild n’a pas de médecin. Mori’sChild agit au sein des centres hospitaliers de référence qui prennent en charge les enfants atteints de cancer. Mori’sChild, aujourd’hui, nous avons enregistré plus de 400 enfants. Nous avons, par exemple, avec la Happy Class, qui permet la continuité de la scolarité des enfants, scolarisé 53 enfants depuis 2024, donc 4 diplômes obtenus. Et en 5 ans d’action, nous pensons que les résultats sont positifs parce que nous avons autour de nous des enfants qui sont guéris. Le cancer de l’enfant existe et se soigne effectivement au Cameroun.
S’agissant du tambour des signes et le flambeau de l’espoir mis en avant lors du rassemblement au Monument de la réunification, il faut dire que chez nous en Afrique, le tambour a longtemps servi à annoncer les nouvelles importantes et à rassembler la communauté. Nous avons voulu lui donner une nouvelle mission :

” Annoncer les signes du cancer de l’enfant, à travers la voix des enfants en bonne santé venus soutenir leurs frères malades afin que la communauté les reconnaisse et puisse agir plus tôt.

Parce qu’un signe reconnu à temps peut conduire à une consultation et, potentiellement, changer le parcours d’un enfant. »

-Le flambeau porté par l’enfant guéri ce n’est pas une personne extérieure qui vient parler de l’espoir. C’est un enfant qui a traversé la maladie et qui porte symboliquement la lumière pour ceux qui sont encore sur ce chemin ».

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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