Indissociables du mois de Ramadan, les dattes occupent une place centrale au moment de l’iftar. Entre valeur religieuse, apport énergétique et forte demande commerciale, ce fruit devient l’un des produits les plus recherchés dans les marchés, notamment à Maroua où vendeurs et clients témoignent de son importance.
Durant le mois de jeûne, certains aliments s’imposent naturellement dans les habitudes des fidèles, et les dattes figurent en tête de liste. Riches en sucres naturels, fibres, vitamines et antioxydants, elles sont particulièrement appréciées pour leur capacité à redonner rapidement de l’énergie après une journée d’abstinence. Leur consommation au moment de la rupture permet de relancer progressivement l’organisme tout en préparant l’estomac à recevoir d’autres aliments. Faciles à digérer et nourrissantes, elles constituent ainsi un choix privilégié pour commencer le repas du soir.
Mais leur importance dépasse le simple aspect nutritionnel. Dans la tradition musulmane, rompre le jeûne avec des dattes est un acte recommandé, inspiré d’une pratique ancestrale perpétuée de génération en génération. Ce geste symbolique renforce la dimension spirituelle du Ramadan et explique en grande partie l’engouement observé chaque année pour ce fruit.
Au Grand marché de Maroua, l’ambiance commerciale illustre parfaitement cette réalité. Sur les étals, les dattes sont proposées sous différentes formes et à des prix accessibles à toutes les bourses. Les vendeurs utilisent souvent des tasses comme unités de mesure, avec des portions vendues à 500, 1000, 1500 ou 2000 francs CFA. Pour les clients disposant de moyens plus modestes, il est aussi possible d’en acheter pour 100 ou 200 francs seulement, preuve que chacun tient à respecter cette tradition, quel que soit son budget.
Ousmanou, vendeur ambulant rencontré au cœur du marché, confirme l’intensité de l’activité pendant cette période. « Le Ramadan est la meilleure saison pour nous. Les dattes partent très vite parce que tout le monde veut en acheter pour la rupture. Même ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent prennent au moins pour 100 ou 200 francs », explique-t-il en réajustant son plateau chargé. Selon lui, la demande quotidienne oblige les commerçants à renouveler régulièrement leurs stocks afin de ne pas être en rupture avant la fin de la journée.
Parmi les acheteurs, Dr Sali affirme ne jamais manquer ce rendez-vous alimentaire. « J’achète toujours des dattes pendant le Ramadan. C’est devenu un réflexe familial et une habitude que nous respectons chaque année. Elles sont pratiques, nourrissantes et tout le monde à la maison les apprécie », confie-t-il. Pour lui, leur présence sur la table de rupture est presque indispensable, au même titre que l’eau ou la bouillie.
La forte consommation observée durant cette période représente aussi une opportunité économique importante pour les commerçants. Les marchés connaissent une affluence accrue, les stocks circulent rapidement et les petits vendeurs ambulants trouvent là une source de revenus essentielle. Cette dynamique saisonnière contribue à stimuler l’activité commerciale locale, tout en répondant à une demande profondément ancrée dans les pratiques sociales et religieuses.













































































































































































































































































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